‹ De la pigmentation des muqueuses dans la mélanodermie phtiriasique et du diagnostic différentiel de cette affection avec la maladie d'AddisonChapitre 15 sur 29 · PRET ER APRE · texte numérisé non relu

PRET ER APRE

racine des membres supérieurs, au niveau enfin de la ceinture abdominale ; bref, en tous les points où le contact avec les vêtements semble le plus intime.

Par contre, la pigmentation n’est pas plus accusée au niveau des mamelons, de la verge et du scrotum. Les mains comme les avantbras paraissent relativement indemmes. Il n’y a pas de pigmentation des ongles. Les cheveux ne présentent rien d’anormal. Il n'existe pas de tache pigmentaire de la muqueuse génitale ni de la conjonctive. La muqueuse buccale présente sur la face interne des deux joues des taches nombreuses ardoisées ayant de 4 à 5 mil: mètres de diamètre, disposées d'une façon irrégulière. Il n'existe dans la bouche qu’une seule dent en avant. Le malade n'est pas fumeur, il ne chique pas, il n'a jamais eu aucun symptôme de saturnisme. La peau présente dans les points où la pigmentation est la plus marquée des traces évidentes de grattage avec excoriations linéaires. Le malade a des démangeaisons très vives, surtout intenses la nuit.

H se plaint également d’une lassitude profonde et passe ses jour-nées entièrement au ht, plongé dans une sorte d’abattement rappelant au plus haut point l'asthéme de l’addisonien. Le moindre mouvement lui parait une fatigue et il s’en abstient on peut dire totalement. Si l’on ajoute que le malade souffre de douleurs

lombaires et épigastriques vagues accompagnées de quelques légers phénomènes gastro-intestinaux, vomissements où diarrhée de temps à autre, on comprendra combien le diagnostic de maladie bronzée pouvait s'imposer.

Enfin, l'examen des organes était encore pour confimer cette idée. En effet, le malade toussait et avait de l’oppression depuis longtemps : il existait de l’emphysème généralisé avec quelques rares sibilances et même, semblait-il, quelques frottements du côté gauche. La respiration était un peu obscure aux deux sommets et la sonorité un peu diminuée à ce niveau £

Rien au cœur. Ni sucre, ni albumine dans les urines.

Observation X

DupzanTiER, thèse de Paris, 1905-1906.

Femme S..., 88 ans. Entrée à l'hôpital Lariboisière en février

Ses parents sont morts de vieillesse.

Elle a eu quatorze enfants, en bonne santé.

Fluxion de poitrine il y a douze ans.

Actuellement : la lèvre inférieure présente des pigmentations

noträtres de dimensions variables, en général voisines de celles d'une lentille, à bords assez circonscrits, tranchant neltement sur le reste de la muqueuse saine.

Il cn est de même à la lèvie supérieure. L'ensemble présente l'aspect d'une mosaique à fond rosé, formé par la coloration normale de la muqueuse, et sur lequel se détachent les îlots brunâtres. |

Au voile du palais, les lésions sont plus disséminées, plus pelites. : :

La face interne des joues présente des pigmentations analogues. A droite suriout elles sont plus larges, confluentes par endroits, isolées en d’autres. À gauche, les taches ont envahi le bord gingtval et le rebord alvéolaire.

La peau, au niveau du cou, est desquamée, parcheminée, d’une coloration brunâtre très intense. Au milieu des squames qui s'exfolient, les séparant nettement, ont voit les sillons épidermiques creusés en blanc. La coloration brun foncé n’est pas uniforme : à la regarder de près, elle apparaît formée de pigmentations très noires entourées d'autres un peu moins intenses.

Les angles inférieurs et internes des omoplates sont également pigmentés en brun foncé.

Cette pigmentation se retrouve un peu moins accentuée tout le long de la colonne vertébrale et davantage au niveau de la ceinture.

Au niveau du sacrum, à gauche, on note la présence d'une

RE er

plaque blanchâtre à bords irréguliers, d'environ 3 centimètres, qui contraste avec la pigmentation foncée du reste de la peau.

Au niveau des apophyses épineuses, on retrouve de petites plaques analogues à la précédente, mais de dimensions plus petites, en général lenticulaires.

La face antérieure du tronc pigmentée, surtout au niveau des pectoraux, de la région sus-claviculaire et intermammaire supérieure, est cependant moins brune que le cou.

Notons aussi, entre les seins, des taches blanchâtres analogues à celles observées à la partie postérieure du tronc. Sur le sein gauche, au-dessous des deux seins, sur la ligne inter-mammaire et sur la région abdominale, sont disséminés de petits ilots de coloration brunâtre.

Aux membres inférieurs, la peau est blanchâtre, rosée, furfuracée. Elle présente de longues stries, remontant des pieds jusqu’à la racine de la cuisse, et qui sont manifestement dues à des lésions de grattage. Au-dessous de cette coloration passagère, toute artificielle, le fond de la peau est coloré en brun.

Les urines sont albumineuses.

Bronchite chronique.

Du côté du système musculaire : onto de la force musculaire très accusée aux membres supérieurs.

Mort par congestion pulmonaire.

Autopsie. — A louverture du thorax, plèvre adhérente par endroits ; poumon gauche légèrement induré au sommet : pas de tubercules crus ou calcifiés.

Cœur un peu hypertrophié : orifices et valvules normaux; vaisseaux normaux.

Rien de particulier pour l'intestin et l'estomac. Le foie déborde légèrement des fausses côtes. La rate est normale ainsi que les deux reins.

Les capsules surrénales, les ganglions semi-lunaires et le plexus solaire examinés histologiquement par le docteur Lœper, n’ont rien présenté de particulier.

Observation XI DupLanrTier, Thèse de Paris, 1905-1906.

Femme P..., 34 ans, domestique, entrée à l’hôpital Lariboisière en décembre 1901.

Les parents bien portants.

N'a jamais été malade. Ni fausse couche, ni grossesse.

Sans domicile depuis le mois d'août, existence vagabonde, couchant sous les ponts. À

Au mois de novembre, exténuée de privations, elle entre à Saint- Louis dans le service de M. Hallopeau. Elle eut, dit-elle, beaucoup de fièvre, et était très enflée.

Après une amélioration notable, elle est envoyée à Lariboisière, où elle entré le 21 décembre.

Nous constatons que la malade, à son arrivée, est encore couverte de parasites sur tous les points du corps. Elle présente un œdème généralisé, mais plus marqué au membre inférieur gauche, atteint de paralysie presque complète, qui a regressé depuis par le traitement ioduré.

Toute la partie antérieure et postérieure du tronc est le siège d’une coloration brun foncé. A droite, au-dessus de la clavicule, on voit des îlots blanchâtres nettement circonserits, dont les uns sont circulaires, déprimés, assez analogues aux dépressions creusées par les pustules vaccinales, mais plus larges, moins profondes ; les autres à bords rectilignes, mais de dimensions variables, plus longs que large, semblant dus à des ulcérations guéries de grattage.

Le cou présente une coloration brunâtre plus accentuée, un peu moindre cependant au niveau de l'angle interne et supérieur des omoplates, contrastant ainsi avec une pigmentation plus foncée au niveau de la colonne vertébrale.

Au milieu de ces lésions, il en existe d’autres, à bords moins nets, de date plus récente, et dont la coloration va en s’atténuant, passant ainsi à la peau saine sans transition brusque.

er: Ve

La peau est écailleuse dans son ‘ensemble, mais n’est plus actuellement le siège de démangeaisons aussi intenses que jadis.

Au niveau des aisselles et de la ceinture, la coloration est plus intense.

En avant, dans la fosse iliaque gauche, on trouve une plaque de dimensions beaucoup plus volumineuses que les autres, à bords irréguliers, s'étendant surtout dans le sens transversal et se prolongeant du côté de l’ombilic.

Dans la fosse illiaque droite, une plaque blanche de dimensions moindres est dirigée en sens inverse.

La face interne des cuisses est aussi pigmentée. 3

La coloration est moins accentuée au niveau de la face interne des genoux, à la partie supérieure des mollets et à la face antérieure de la jambe gauche.

A la partie supéro-interne de la cuisse gauche, parallèlement au pli inguinal, se voit une tache blanchâtre allongée.

Sur les fesses, on remarque des plaques rouges déprimées dans leur centre, le sillon inter-fessier, à sa partie supérieure, est le siège d’une cicatrice rosée, déprimée. ;

La muqueuse buccale présente au niveau des joues de petites traînées grisätres, formées de taches minuscules, entourées «de muqueuse saine, situées au point de contact avec les molaires qui sont très abîmées.

Faiblesse générale par suite de mauvaise hygiène.

Avec le repos et les soins hygiéniques, les forces reviennent rapidement et la malade augmente de plusieurs kilos.

Observation XII

DüupcanrTier, Thèse de Paris, 1905-1906.

Joséphine Z. .., 59 ans, taille 1" 56, entre à l'hôpital Lariboisière le 20 avril 1901, pour fatigue et misère.

Antécédents personnels. — Née en 1842, à Lille. N'a présenté

qu'une rougeole:à 10 ans. Mariée et veuve depuis quelques années. WORTH, 4

Page 1