RAPPORTS ANATOMIQUES DE L*HOMME ET DES ANIMAUX
Multis Tideri poterit, majorem esse difTerentinm simisc et hominis, quam diei et noctis; veruintamen hi, cornparatione instituta inter sumroos Europac heroes cl Hottenlotos ad capot Bonœ Spei degentes; diflicillime tibi persuadebunt has eosdem habere natales; vel si virginein nobilem aulicam, maxime comitamet humanissiniam^conferre vellent cum homine syWeslri et sibi relicto, vix augurari possent, hune et illam ejasdem esse spccici (1). (Linnœi, Amenitateê Acad.f Anthropomorpha )
I^ question suprême pour l'humanité, le problème qui est à la base de tous les autres, et qui nous intéresse plus profondément qu'aucun autre — est la déterminai ion de la place que l'homme occupe dans la nature et de ses rela* lions avec l'ensemble des choses. — D'où sommes-nous sortis ? Quelles sont les bornes de notre pouvoir sur la na-
(1 ) • Il semblera à beaucoup que du singe à Thomme la différence est plus grande que du jour à la nuit; mais ces mêmes hommes, s'ils comparent cuire eox les plus grands héros "de l'Europe et les Hottentots du cap de Bonne- Ëspérance, croiront difficilement qu'ils puissent avoir la même origine ; et s^'ils veulent rapprocher la noble vierge de la cour, parée et édùquée au plus haut degré, avec un homme sauvage et abandonne à lai-méme, c'est à gramPpeine qu'ils pourront les croire de la même espèce, lui et elle. »
ture et celles de la nature sur nous? Quel est notre but et notre destinée?... Voilà les questions qui se présentent incessamment, d'elles-mêmes, à tout homme qui naît à la vie mentale, et qui lui offrent un intérêt que rien ne saurait diminuer. La plupart, effrayés des difficultés et des dangers qui menacent celui qui cherche à déchiffi*er ces énigmes, se résignent à l'ignorance et étouffent leurs tendances investigatrices sous le couvert d'une tradition respectée et respectable. Mais, dans tous les temps, il s'est trouvé des esprits laborieux, doués de ce génie créateur qui ne sait bâtir que sur de solides fondations, ou atteints de l'esprit de doute, qui se sont refusés à suivre l'ornière usée et commode tracée par leurs prédécesseurs et par leurs contemporains, et, sans se soucier des épines et des pierres d'achoppement, ils ont cherché leur voie par des sentiers qu'ils traçaient eux-mêmes. Les sceptiques ont abouti à une sorte de désespoir irrationnel, en affirmant que le problème est insoluble; ou à l'athéisme qui nie l'existence du progrès et d'une ordonnance régulière dans les choses du monde (1); les hommes de génie ont proposé des solutions qui se transforment en sys-
(i) Rien de plus singulier, dans les controverses modernes, que la signification du terme athéisme; pour M. Huxley, Talhéisme nie Texistence • du progrès et d'une ordonnance régulière des choses. • Beaucoup d'athées cependant font reposer leurs négations sur rexistence de ce progrès et de celte ordonnance, qui, à leurs yeux, est une propriété immanente et non point le fait d'un artisan distinct de son œuvre ; beaucoup de déistes et de chrétiens, d*un autre côté, invoquent k Tappui de Texistence d'un Dieu extrinsèque la rupture du progrès régulier et de Fordonnance des choses, c'està-dire le miracle. Moïse, chez les Égyptiens, n'a pas employé d'autre argument. Le véritable sceptique n'aboutit jamais à l'athéisme ; il réserve toutes les questions/ et, sans rien contester a priori, il demande sur chaque point une confirmation expérimentale, ou, si Ion veut, une démonstration; ses réserves ne sauraient avoir un caractère négatif anti scientifique. {Trad.)
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lèmes théologiques ou philosophiques, ou qui, voilées dans une langue harmonieuse, suggèrent les idées plus qu'elles ne les savent affirmer et donnent à une époque sa forme poétique.
Chacune des solutions offertes à cette grande question — invariablement déclarée complète et définitive, sinon par celui-là même qui, le premier, l'a proposée, au moins par ses successeurs — reste tenue en haute estime pendant un siècle ou, selon les circonstances,, pendant vingt siècles, mais, invariablement aussi, le temps vient prouver que ces solutions n'étaient que des approximations de la vérité, qui ne pouvaient être tolérées qu'en raison de l'ignorance de ceux qui les avaient acceptées et devenaient tout à fait inadmissibles, quand on les soumettait à répreuve des connaissances nouvelles et plus profondes acquises par ceux qui leur succédaient.
C'est se servir d'une métaphore usée, que de comparer la vie d'un homme à la métamorphose de la chenille en papillon ; mais la comparaison serait à la fois plus juste cl plus neuve si, pour premier terme, nous prenions, au lieu de la vie d'un homme, le développement mental de la race humaine. L'histoire montre que Tesprit humain, nourri par un constant apport de connaissances nouvelles, grandit périodiquement au point de ne pouvoir tenir dans une enveloppe qu'il déchire pour apparaître sous une forme nouvelle, de même que la chenille qui se nourrit et grossit, brise ' sa peau trop étroite et en prend une nouvelle, elle-même temporaire. A la vérité, l'état parfait de l'homme semble être bien lointain, mais chacune des mues de l'esprit nous en rapproche d'un pas, et de ces pas nous comptons un grand nombre. Depuis la Renaissance, qui a permis aux races occidentales de l'Europe de poursuivre la route qui conduit à la vraie science, route ouvçrte parles philosophes,
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de la Grèce et presque complètement fermée dans les longs périodes subséquents de stagnation, ou tout au moins de gyralion intellectuelle, la larve humaine s'est activement alimentée et elle a mué non moins activement. Un tégument de bonne dimension fut rejeté au seizième siècle, un autre vers la lin du dix-huitième, et depuis cinquante ans. le développement extraordinaire de toutes les parties des sciences naturelles a répandu parmi nous un aliment mental si nutritif et si stimulant, qu' une jijQUvelle métamorphose semble imminente.
Mais souvent ces transformations s'accompagnent de convulsions, (le malaise et de débilité , quelquefois même, de désordres plus graves; en sorte que tout bon citoyen doit se sentir tenu de faciliter l'évolution, et, s'il n'a dans ses mains qu'un scalpel, de s'en servir pour faciliter de son mieux le débridement de cette enveloppe qui va se rompre.
C'est sur ce devoir qu'est fondée mon excuse pour la publication de ces essais. Car on reconnaîtra que quelques notions sur la position de l'homme dans le monde animé sont un indispensable préliminaire pour Tintelligence véritable de ses relations avec l'univers ; et ce dernier problème se résoudra à son tour, mais à la longue, en une enquête sur la nature et l'étroitesse des liens qui rattachent rhomme à ces êtres singuliers dont l'histoire a été esquissée aux pages qui précèdent (!)•
Au premier coup d'œil, l'importance d'une telle enquête est manifeste; mis en face de cette image effacée de luimême, l'hoînme, celui-là même qui pense le moins, a conscience d'une sorte de répulsion qui n'est pas tant due, peut-être, au dégoût que lui inspire l'aspect de ce qui
(1) On comprend que, dans cet Essai, je n'ai choisi pour les citer, parmi la grande quantité de travaux qui ont été publiés sur les singes anthropomorphes, que ceux qui m^ont paru d^un intérêt actuel.
semble èlre une insolente caricature, qu'au réveil d'une soudaine et profonde défiance à l'égard de théories autrefois honorées et de préjugés profondément enracinés en ce •qui concerne sa place dans la nature et ses relations avec la vie du monde inférieur; et tandis que, pour celui qui ne réfléchit pas, une telle pensée reste à l'état d'obscur soupçon, elle devient un argument considérable, fécond en déductions profondes, pour tous ceux qui sont au courant des récents progrès des sciences anatomo-physiologiques.
Je me propose maintenant de développer brièvement cette thèse, et d'exposer sous une forme intelligible à ceuxlà mêmes qui ne possèdent aucune notion particulière de l'analomie, les faits principaux sur lesquels doivent être fondées toutes les conclusions, en ce qui louche la nature de l'homme et l'étendue des liens qui l'unissent au règne animal. J'indiquerai ensuite la seule conclusion directe, qui, dans mon opinion, soit justifiée par les faits, et finalement je discuterai la portée de cette conclusion, eu égard aux hypothèses qui jusqu'ici ont eu cours sur les origines de l'homme.
Quoique ignorés de beaucoup de ceux qui se prétendent les directeurs de l'esprit public, les faits sur lesquels je voudrais d'abord appeler l'attention du lecteur sont d'une démonstration facile et sont universellement reconnus par les savants ; leur signification est d'ailleurs si considérable, que celui qui en aura fait l'objet de ses méditations sera peu surpris, je crois, aux révélations ultérieures de la biologie. Je veux parler des faits qui ont été découverts et établis par l'étude du développement des êtres organisés.
C'est une vérité d'une application bien générale, sinon universelle, que toute créature vivante commence son existence sous une forme différente de celle à laquelle elle est
éventuellement destinée à parvenir, différente et^ à la fois plus simple.
Le chêne est un individu plus complexe que la petite plante rudimentaire contenue' dans le gland ; la chenille est plus complexe que son œuf, le papillon plus complexe que la chenille ; et chacun de ces êtres, en passant de son état rudimentaire à sa condition parfaite, subit une série de modifications dont la somme est appelée son Développement. Dans les animaux les plus élevés, ces changements sont extrêmement compliqués, mais, dans ces cinquante dernières années, les travaux d'hommes, tels que van Baer(l), Rathke(2), Reichert, Bischoff(3) et Remak ont presque complètement débrouillé ce chaos, de sorte que les périodes successives de développement que nous montre, par exemple, un chien, sont aussi bien connus des embryologistes que les étapes des métamorphoses du ver à soie le sont de Técolier. Qu'il nous soit permis d'examiner maintenant avec attention k nature et Tordre des degrés successifs du développement du genre CaniSj comme un exemple des procédés naturels dans l'évolution chez les animaux supérieurs, en général.
Le chien, comme touslesanimaux, sauf les plus inférieurs (et des recherches plus étendues pourront peut-être dé- Iruire cette exception apparente), commence son existence à l'état d'œuf, c'est-à-dire un corps organisé, qui est tout aussi bien un œuf que celui de la poule, mais qui est dépourvu de cette accumulation de substance nutritive
(i) Baer^ Histoire du dévebppemenl des animaux, traduit par G. Brescliet. Paris, 1826, in-4.
(2) Rathke, AbhatuHungen zur Bildungs und Enlwickelungs Geschichte des Menschen und der Thiere. Leipzig, 1852-33, 2 toi. iii-i.
(5j Bischoff, Traité du déwloppement de Vhomme et des mammifères, trad. de rallemand par Jourdan. Paris^ 1843.
qui donne à l'œuf des oiseaux son volume exceptionnel et son utilité domestique ; de plus, Tœuf du chien est dépourvu d'une coquille, qui serait non-seulement inutile à un animal dont Tincubation s'opère à l'intérieur du du corps de sa mère, mais qui, en outre, préviendrait l'accès de la source alimentaire dont toute jeune créature a besoin, et que le petit œuf des mammifères ne contient pas en lui-même.
L'œuf de chien n'est en effet qu'un petit sac sphéroïdal (fig. 14), formé d une membrane délicate et transparente,
FiG. 14. — A, Œal" de chien avec la membrane vilellinc déchirée, de façon à donner issue au jaune, à la vésicule germinative a et à la tache qu'elle conlient b, — B, G, D, E, F, Changements successifs du jaune indiqués dans le lexte. [D'u^rii Bisàioîff Traité du développement. Paris, 1843, pi. I et UI.)
appelée membrane vitelline d'environ un ou deux dixièmes de millimètres de diamètre [zone transparente). Ce sac contient une certaine quantité de substance nutritive visqueuse, le ce jaune » {vitellm), au sein duquel est contenu un second sac sphéroïdal beaucoup plus délicat, appelé la vésicule yerminative (a); dans celle-ci, enlin, se trouve un corps arrondi plus solide, appelé la tache get^minalive (b).
L'œuf, Vovum^ est originairement fonné à rintéricur d'une glande, de laquelle il se détache au moment opportun, et d'où il passe dans la chambre vivante adaptée à sa protection et à son maintien pendant la durée prolongée de la gestation. Là, quand elle est soumise aux conditions voulues, celte petite portion de matière vivante, apparemment insignifiante, s'açime d'une nouvelle et mystérieuse activité, La vésicule et la tache germinative cessent de pouvoir se distinguer (leur destinée précise est encore un des problèmes non résolus de l'embryologie), mais le jaune se trouve échancré sur sa circonférence, comme si un invisible couteau avait été promené tout autour, et il parait ainsi divisé en deux hémisphères (fig. 14, C).
Pai'la répétition de ce procédé sur différents points de la surface, ces hémisphères se subdivisent en quatre segments (D), et ceux-ci, de la même façon, se divisent et se subdivisent de nouveau jusqu'à ce que tout le jaune soit converti en une masse de sphérules ou globes organiques, chacun desquels est formé d'une petite sphère de substance jaune contenant une partie centrale, à laquelle on donne le nom de noyau {¥).
IjSl nature, par ce procédé, est arrivée à peu près au résultat qu'obtient l'artisan dans une briqueterie ; elle prend la matière plastique brute du jaune, et la divise en masses du même volume et de la même forme, prête à construire chacune des parties de l'édifice vivant.
Bientôt la. masse des brigites organiques ou cellules , ainsi qu'on les appelle techniquement, prend un groupement régulier, et elles se transforment en sphéroïdes creux à doubles parois ; alors sur un des côtés de ce sphéroïde apparaît une sorte d'épaississemcnt et, peu à peu, au centre de l'aire de cet épaississement, se montre un sillon droit et peu profond (Cg. 15, A); cette rainure, ce sillon marque
la ligne ccnlrale de l'édifice qui va être élevé, ou, en d'autres termes, indique la situation de la ligne qui divisera les deux moitiés semblables, le corps du chien futur. De la substance qui dos deux côtés borde le sillon, s'élève bientôt un repli, rudiment de la paroi latérale de cette longue cavité, qui est éventuellement destinée à contenir la moelle
FiG- 15. — A, Premiers rudiments du cliieii. — B, Kudimenls plus avances montrant les traces de la léte, de la queue et de la colonne vertébrale. — G, Jeune chien avec les ligaments de la vésicule ombilicale et rallantoïde, enveloppé dans l'amnios.
épinière et le cerveau (B); et sur la base de cette cavité apparaît une corde cellulaire solide, que Ton désigne sous le nom de notochorde ou corde dorsale; Tune des extrémités de la cavité ainsi formée se dilate et forme la tête; l'autre extrémité reste étroite et peut devenir la queue. Les parois latérales sont façonnées avec les parties inférieures des parois du sillon ; et peu à peu des bourgeons poussent à la surface, qui par degrés prennent la forme des membres. Celui qui observe les procédés de développement période par période se rappelle nécessaire-
ment le laoddeur en terre glaise. Chaque partie, chaque organe, est tout d'abord rudement saisi et esquissé grossièrement ; elle est ensuite modelée plus correctement, et c'est seulement en dernier lieu qu'elle reçoit la touche qui lui imprime son caractère définitif.
Ainsi, ù la fin, le jeune petit chien prend la forme que nous montre la figure 15, C. Dans cette condition, il offre une tête d'un volume disproportionné, aussi peu ressemblante à celle d'un chien que le sont à ses pattes ses membres embryonnaires (fig. 15, C).
La porlion restante du jaune qui n'a pas encore été appliquée à la nutrition et au développement du jeune animal, est contenue dans un sac attaché à l'intestin rudimentairr et appelé sac du jaune {yelk sac) ou vésicule ombilicale. Deux sacs membraneux, deslinésà servir resi^ectivemenl h la protection et à la nutrition du petit être, se sont formés aux dépens de la peau et des faces inférieures et postérieures du corps. Le premier de ces sacs membraneux, que l'on désigne sous le nom d'amnio«, est rempli d'un fluide qui enveloppe tout le corps de l'embryon, et joue pour lui le rôle d'une sorte de lit d'eau; le second, appelé Vallantoïde^ naît, rempli de vaisseaux sanguins, de la région du ventre, et s'appliquant, à un moment donné, aux parois de la cavité qui contient l'organisme en voie de développement, il permet à ces vaisseaux de devenir ainsi le canal par lequel les parents du jeune être transmettent à leur produit le courant nutritif nécessaire à ses premiers besoins.
L'organe qui est constitué par l'entrelacement des vaisseaux de l'embryon, avec ceux de ses parents, et par le moyen duquel le nouvel être peut recevoir des aliments et se débarasser des matériaux superflus, est appelé pla^ cerUa*
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II serait fatigant, et il n'est point nécessaire pour le but que je me propose, de décrire plus minutieusement les procédés du développement; qu'il me suffise de dire que, par une longue et graduelle série de modifications, l'être rudimentaire que nous venons de représenter ot de décrire, devient un jeune chien, qu'il naît à la lumière, et qu'alors, par des degrés encore plus lents et moins visibles, il passe à l'état de chien adulte.
Il n'y a pas en apparence beaucoup d'analogie entre l'oiseau de basse-cour et son protecteuj*, le chien de foj me. L'étude du développement conduit cependant à reconnaître, non-seulement que le poulet commence son existence à l'état d'œuf, primitivement identique, en tout ce qui est essentiel avec celui du chien, mais encore que le jaune de cet œuf subit les mêmes subdivisons; que le sillon primitif se montre, que les parties contiguës du germe sont façonnées, par les mêmes procédés, en un jeune poulet, qui, à un moment donné de son existence, ressemble tellement au jeune chien, qu'au premier coup d'œil, il est difficile de distinguer l'un de l'autre.
L'histoire du développement de tout autre animal vertébré, lézard, serpent^ grenouille ou poisson, nous représenterait les mêmes images. C'est toujours, au début, un œuf ayant la même structure essentielle que celui du chien ; le jaune de cet œuf subit toujours une division que Ton appelle segmentatian ; les produits finaux de cette segmentation constituent les matériaux pour la construction du jeune animal, construction qui s^élève autour d'un sillon primitif, dans la profondeur duquel une notochorde (1)
(1) « Nolocordei cordon formé de cellules polyédriques Irès-cohérenlcs et enveloppées d'une gdine homogène. Il se produit au fond du sillon primitif de la tache embryonnaire dans l'épaisseur du tissu de celle-ci. Le corps cartilagineux de chaque Tevtèbrc et celui de rapophysc basilairc naissent autour
est développée. On peut ajouter qu'il y a une période à laquelle les petits de tous les animaux se ressemblent, nonseulement dans la forme générale, mais encore dans tous les détails essentiels de la structure, et si intimement que les différences qu'ils présentent alors sont insigniflantes, tandis que dans leur développement ultérieur les divergences s'accusent, de plus en plus marquées. C'est d'ailleurs une loi générale, que plus est grande la ressemblance entre les animaux parvenus à l'âge adulte, plus est durable et intime Tanalogie de leurs embryons; de sorte que les embryons du serpent et du lézard restent ressemblants plus longtemps que ceux du serpent et de l'oiseau; et que les embryons du chien et du chat persistent dans cette disposition pendant une période de temps plus grande que ceux d'un chien et d'un oiseau, ou que ceux d'un chien et d'une sarigue, ou même que ceux d'un chien et d'un singe.
Ainsi l'étude du développement en général fournit une preuve manifeste desafQnités étroites de la structure intime, ell'espritse demande avec impatience quels résultats pourraient être obtenus par l'élude du développement spécial de l'homme . Trouverons-nous ici un règne nouveau ? L'homme naît-il selon des procédés totalement différents de ce que Ton observe chez le chien, l'oiseau, la grenouille et le poisson, donnant ainsi raison à ceux qui affirment qu'il n'y a pas de place pour lui dans la nature, et qu'il n'a aucune connection avec le monde inférieur de la vie animale? Ou, tout au contraire, provient-il d'un germe semblable, traversc-t-il les mêmes modifications lentes et progressives,
de la corde dorsale comme centre, de telle sorte que jusqu'à r époque de rossificalion des corps vertébraux toutes les vertèbres sont traversés de part cil ynvi par le nolocorde. » Liltrc et Robin, Dictionnaire de médecine. 12" édiliou. Paris, 1865, p. 1015.
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dépend-il des mêmes nécessités, pour sa protection et son alimentation, entre-t-il dans le monde enfin, soumis aux règles d'un même mécanisme? La réponse n'est pas nn moment douteuse, et n'a jamais été mise en question depuis ces trente dernières années. Sans nul doute, le procédé d'origine et les premières périodes du développement de riiommo sont identiques avec ceux des animaux qui le précèdent immédiatement dans réchelledes êtres ; sans nul doute, h ce point de vue, Tliomme est beaucoup plus près des singes, que les singes ne le sont du chien.
L'œuf humain a environ deux dixièmes de millimètres de diamètre, et l'on peut le décrire dans les mêmes termes que celui du chien, en sorte que je n'ai' besoin que de renvoyer le lecteur au dessin qui représente sa structure (fig. 16 A). Il quitte Torgane dans lequel il est formé de la même façon, et pénètre dans la chambre organique préparée pour sa réception, d'après les mômes procédés, les conditions de son développement étant à tous égards les mêmes. Il n'a pas encore été possible (et c'est seulement par quelque heureux hasard que la chose pourrait arriver) d'étudier l'œuf humain à une période de développement aussi précoce que celle de la division du vitellus. Mais il y a toutes raisons de croire que les modifications qu'il subit sont absolument identiques à celles que nous révèlent l'étude des œufs des animaux veriébrés; car les matières constituantes, dont est formé le corps humain rudimentaire aux états les plus primitifs que l'on ait observes, son! les mêmes que dans toute Téchelle animale. Quelques-unes des périodes les plus primitives sont représentées cidessous, et, ainsi qu'on pourra le voir, elles peuvent être strictement comparées aux premiers états du développement du chien; la ressemblance merveilleuse entre les deux êtres persiste même pendant un certain temps, l\ me-
sure que le développement se dessine et devient maaifeste par la simple comparaison de la ligure 16 avec la figure 15, C.
Kir,. 10.— A, Œuf humain ; a, Vésicule germinative; b, Tache germinative (d'après KœUiker). — B, Étal irès-précoce i\o i'œuf humain, avec la membrane vitelline, l'allantoïde et l'amnios (originale). — C, Étal plus avancé de développement. (D'après KœUiker.]
Il s'écoule réellement un laps de temps assez long avant que le corps du jeune être humain puisse être distingué du petit chien ; néanmoins, à une période qui est encore précoce, les deux êtres deviennent distincts par les différentes formes de leurs appendices, la membrane vitelline et l'allantoïde. La première, chez le chien, s'allonge et devient fusiforme, tandis que, chez l'homme, elle reste sphéroïdale; la seconde, chez le chien, atteint un volume considérable; les formations vascnlaires qui on naissent et donnent évenïuellement orifiine au placenta (lequel jette ses racines dans Forganismc de la mère de façon qu'il en tire son alimentation, de même que les racines d'un arbre la tirent du sol), sont distribuées en une zone circulaire, tandis que, dansPhomme, l'allantoïde reste comparativement petite, et que ses radicules vasculaires sont finalemeut limitées h un espace
discoïde. Il suit de là que, tandis que le placenta du chien est comparable à une ceinture, celui de l'homme a la forme d'un gâteau, ce que rappelle d'ailleurs le nom mùnu» de l'organe.
Or il se trouve que ces rapports sous lesquels l'hoinint' qui est en voie de développement diffère du chien, sonl précisément ceux par lesquels il ressemble au sinm' ; celui-ci, de même que l'homme, possède une mômbi nru» vitelline sphéroïdale et un placenta discoïde, parfois |>artiellement divisé en lobes. En sorte que c'est seulement aii\ périodes les plus avancées de son développement que Ir jeune être humain présente des différences marquées avec le jeune singe; et ce jeune singe, d'ailleurs, s'éloigne du chien dans son évolution, tout autant que le fait rhomiiif lui-même.
Si étonnante que puisse paraître cette dernière assertion, on en peut démontrer la parfaite exactitude; el <v fait seul me semble suffisant pour mettre au-dessus de (oui doute la conformité delà structure de l'homme avec le resu* du règne animal, et plus particulièrement, plus étroitonitnl encore avec les singes.
Ainsi, si l'on compare à l'homme les animaux qui sonl placés immédiatement au-dessous de lui : identité dans les procédés physiques à l'aide desquels l'être se produit, identité dans les premières périodes* de son développement, identité dans les moyens à l'aide desquels la nutrition s'effectue avant et après la naissance ; on peut donc s'attendre à une merveilleuse ressemblance d'organisation si, poursuivant le parallèle, on les compare de nouveau dans Icnr constitution adulte et parfaite. L'homme ressemble aux animaux dans- les mêmes proportions que ceux-ci se ressemblent l'un l'autre; il diffère d'eux comme ils diffèreni l'un de l'autre, et quoique ces différences et cas ressein-
blances ne puissent être ni pesées ni mesurées exactement, leur valeur peut être appréciée sans aucune difficulté; cetle apprcciaiion trouvera son contrôle dans le système de classilication qui a maintenant cours paYmi les naturalistes.
L'étude attentive des analogies et des différences qu'offrent les animaux, a conduit les naturalistes à constituer en groupes ou réunions d'individus telles, que les membres de chaque groupe présentent certain ensemble de ressemblance bien définie, les points de similitude devenant moins nombreux à mesure que le groupe s'élargit et vice versa. En sorte que tous les êtres qui n'ont de commun que les quelques traits dislinctifs de l'animalité, forment le règne animal; ceux très-nombreux, qui n'ont de communquc les caractères spéciaux des vertébrés, constituent un soiis-Bègne de ce Règne : le wits-Règne des vertébrés est subdivisé en cinq classes : les Poissons, les Amphibies, les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères; ceux-ci se subdivisent à leur touren groupes plus petits, appelés ordres^ et ceux-ci se répartissent en familles et en genres; les genres sont finalement fragmentés en collections très-restreintes, qui reposent sur la possession de caractères constants et non tirés des fonctions de la génération. Ces groupes ultimes sont les Espèces.
Chaque année tend à apporter une plus grande uniformité d'opinions parmi les zoologistes, en ce qui louche les limites et les caractères de ces groupes, grands ou petits. Dansle temps présent, par exemple, personne n'a eu le plus léger doute en ce qui concerne les caractères des classes mammifères, oiseaux et reptiles, et aucun doute ne peut s'élever sur la place d'un animal quelconque , bien connu, dans telle classe ou dans telle autre. De plus, il y a une sorte de consentement général, quant aux caractères et aux limites des divers ordres de mammifères, et aussi
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quant aux animaux qui, en vertu de leur structure anatonnique, doivent être mis dans tel ou tel ordre
Personne ne conteste, par exemple, que le paresseux et. le fourmillier, le kanguroo et l'opossum, le tigre et le blaireau, le tapir et le rhinocéros ne soient respectivement menibres des mêmes ordres. Ces couples successifs d'animaux peuvent différer immensément l'un de Taulre, et tel est le cas pour plusieurs d'entre eux, soit en ce qui touche les proportions et la structure des membres, soit en ce qui est du nombre des vertèbres doi'sales et lombaires, soit encore en ce qui concerne l'adaptation de leur charpente osseuse aux mouvements du grimper, du saut ou de la course, ou bien quant au nombre et à la forme des dénis, soit enfin quant à la forme de leur crâne et du cerveau qu'il renferme. Mais, malgré toutes ces différences, ils sont si étroitement unis, quant aux caractères plus importants et fondamentaux de leur organisation et, par ces mêmes caractères, si profondément séparés de tous les autres animaux, que les zoologistes ont trouvé nécessaire de les réunir en groupe comme membres du même ordre. Et si quelque animal était découvert qui ne s'éloignât pas du kanguroo ou de l'opossum, par exemple, plus que ces animaux ne s'éloignent l'un de l'autre, le zoologiste serait non-seulement forcé de le classer dans le même ordre que eeux-ci, mais il ne songerait pas à en agir autrement.
Ayant présente à l'esprit cette série de raisonnements zoologiques évidents, efforçons-nous, pour un moment, de détacher notre esprit de l'enveloppe humaine ; imaginons, si vous le voulez bien, que nous sommes de savants habitants de Saturne, parfaitement au courant des animaux qui peuplent la Terre et fort occupés à discuter les relations qu'ils peuvent avoir avec un nouvel et singulier ce bipède droit et sans plumes, » que quelques voyageurs
hardis, surmontant les difficultés de l'espace et de la gravilation, auraient rapporté de cette planète distante, conservé, je suppose, dans un baril de rhum, pour le soumettre à noire examen. Nous nous accorderions tous, du premier coup, à le placer parmi les mammifères vertébrés; sa mâchoiie inférieure, ses molaires et son cerveau ne laisseraient aucune place au doute quant à la situation systématique du genre nouveau parmi les mammifères dont les petits sont nourris pendant la gestation à l'aide d'un placenta, c'est-àdire parmi ceux que l'on appelle les mammifères plû4^enr' laires.
De plus, rétude la plus superficielle nous convaincrait rapidement que, parmi les ordres de mammifères à placenta, !ii les baleines, ni les ongulés, ni les paresseux, ni les fourmilliers, ni les carnassiers, chat, chien, ours, ni, moins encore, les rongeurs, rats et lapins, ni les taupes insectivores, ni les hérissons, ni les chauves-souris, ne pourraient réclamer notre « Homo » comme un des leurs.
Il ne resterait alors pour la comparaison qu'un seul ordre, cebii des singes (en se servant de ce mot dans son sens le plus large), et le problème en question se réduirait de lui-même à celui-ci : l'homme est-il tellement différent de chacun des singes, qu'il faille constituer un ordre pour lui seul? ou bien diffère-t-il moins d'eux que les singes ne diffèrent l'un de l'autre, et, en conséquence, doit-on le classer avec les singes, dans un même ordre?
Étant heureusement dégagé de tout intérêt personnel, réel ou imaginaire dans les résultats d'une telle enquête, nous pèserions les arguments de part et d'autre avec autant de quiétude magistrale, que s'il était question d'un nouvel opossum. Nous nous efforcerions de déterminer, sans nous soucier de les exagérer ou de les amoindrir, tous les caractères par lesquels notre nouveau mammifère différerait des
singes ; et si nous les trouvions d'une valeur anatomique moindre que ceux qui distinguent certains membres de Tordre des singes d'autres individus qui sont universellement reconnus comme en faisant partie, nous placerions sans hésiter, dans le même ordre, le nouveau genre tellurien. Je vais maintenant exposer en détail les faits qui ne me paraissent laisser d'autre alfern«llive que d'adopter ce dernier parti.
Il est tout à fait certain que le singe, qui se rapproche le plus de l'homme dans l'ensemble de son organisation, est ou le chimpanzé ou le gorille ; et comme de choisir l'un ou l'autre n'introduit aucune différence réelle dans le plan de mon argumentation, pour les comparer d'une part à l'homme, d'autre part au reste des primates, je choisirai le gorille (pour autant que son organisation nous est connue), animal qui est maintenant tellemeni célèbre en prose et en vers, que tout le monde doit en avoir entendu parler et s'être fait quelque opinion sui ses formes extérieures; je signalerai parmi les traits distinclifs les. plus importants, entre l'homme et cet être remarquable, tous ceux que les limites de cet ouvrage mt* permettront de discuter et aussi tous ceux que demanderont les exigences de mon argumentation, et j'étudierai la valeur et l'importance de ces différences, comparées avec celles cfui séparent le gorille des autres animaux du même ordre. Mais comme nous ne connaissons pas complètement \e cerveau du gorille, en discutant les caractères tirés du cerveau, je choisirai, pour terme de comparaison, celui du chimpanzé, comme atteignant le degré le plus élevé de développement parmi les singes.
Dans les rapports proportionnels des membres et du tronc du gorille et deThomme, il y a une différence re-
marquable qui tout d'abord frappe les yeux ; le crâne du gorille est plus petit, son thorax plus large, ses membres inférieurs sont plus petits, et ses membres supérieurs sont plus longs que ceux de l'homme.
J'ai trouvé que la colonne vertébrale d'un gorille adulte, dont lo squelette est au musée du Collège royal des chirurgiens, mesure 27 pouces (68*""', 5) de sa face antérieure du bord supérieur de l'atlas (première vertèbre du cou) à l'extrémité inférieure du sacrum ; que le bras sans la main a 51 pouces 1/2 (80''",2) de longueur, et que la jambe sans le pied en compte 26 pouces 1/2 (67*^'",5); pour la main, la longueur est de 9 pouces 5/4 (24^"" .5); pour le pied, Ilpoucesl/4 (28''", 1). En d'autres termes, si l'on représente la longueur de la colonne vertébrale par 100, celle (les bras égale 115, celle de la jambe 96, celle de la ïnain 56 et celle du pied 41 .
Dans le squelette d'un Boschismen mâle, de la même collection, les proportions pour les mêmes mesures, la colonne vertébrale étant représentée par 100, sont: le bras 78, la jambe 110, la main 26 et le pied 52. Chez une femme de la même race, la longueur du bras é[ait égale à 85, et celle de la jambe à 120, la main et le pied conservaient les mêmes chiffres. Dans un squelette européen, j'ai trouvé que la longueur du bras était de 80, celui de la jambe 117, celle de la main 26, et celle du pied 55.
Ainsi, chez le gorille et chez l'homme, la jambe, dans ses relations avec l'épine, ne diffère pas autant qu'il semble à première vue, car elle est très-légèrement plus courte que l'épine chez le premier; tandis que, chez le dernier, elle est plus longue dans les rapports qui varient entre 1 /lO et 1/5. Le pied est plus long et la main beaucoup plus longue chez le gorille que chez l'homme; mais la différence capitale est fi/^, déterminée par le bras, qui, chez le gorille, est beaucoup
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plus long que la colonne virUbinlCj (aiiiKs fjn'il est, chez l'homme, beaucoup j lus cor.ii.
Voyons mainlonaiit (hins «nielUs relalionsho trouvent les autres singes, (juanl \\ ce> nsosuirs, [u\v r.'jppnrl au gorille; en représentant par 100 la loiii^aeiir de la coloiine vertébrale, mesurée eulie le s mriries |)oiiils, chez nn ( liiiupaiizo adulte le bras n'a i[\u\ 9G, la janil)»' 90, la main 45, le pied 59, de telle sorte que la main el la janiln' s'écaitent plus des proportions humaines et que le bras s'en écarte moins, tandis que le pied est à peu près de même que chez le gorille.
Chezrorang, les bras (122) sont beaucoup plus longs que chez le gorille, tandis que les jambes (88) sont plus courtes, le pied est plus long que la main (52 et 48) ; l'un et l'autre, par rapport à l'épine, sont beaucoup plus longs.
Chez les autres singes anthropomorphes, les gibbons.^ ces rapports sont encore plus remarquablement altérés : la longueur du bras est à celle de la colonne vertébrale, comme 19 est à H ; tandis que les jambes sont aussi d'nn tiers plus longues que l'épine, de façon qu'elles sont phis longues même que chez l'homme, au lieu d'être plus petites. La main a la moitié de la longueur de l'épine vertébrale, et le pied, plus petit que la main, a environ les 5/11 de cette mesure.
Ainsi le rapport de la longueur des bras de Vhylobates (gibbon) au gorille est le même que celui des bras du gorille à l'homme, tandis que d'un autre côté, chez ces mêmes hylobates, les jambes sont mesurées plus longues que celles de l'homme, dans la proportion même où celles de l'homme sont plus longues que celles du gorille, de sorte que cet anthropomorphe représente en soi les déviations extrêmes de la longueur moyenne dés membres. Le mandrill nous offre un terme moyen, les bras et les jambes
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élanl a peu près égaux en longueur, et tous deux étant beaucoup plus petits que l'épine, tandis que les rnainsetles pieds ont de Tune à Tautrc, et aussi par rapport à la colonne vertébrale, à peu près les mêmes proportions que chez l'homme.
Chez les singes, dits singes araignées {Atèles), la jambe (Si |j|us longue que l'épine dorsale, et le bras plus long que la jambe; enfin, dans cette remarquable forme lémuricnnc qu'offre l'Indri {Lichanotus)^ la jambe est à peu |)rès aussi longue que la colonne vertébrale, tandis que le liras n'a pas plus des H/18 de sa longueur; la main est un peu moins longue et le pied un peu plus long que le tiers de cette même longueur. Ces exemples pourraient être exlrêniement multipliés, mais ils suffisent à montrer que dans quelques proportions que les membres du gorille diffèrent de ceux de l'homme, les autres singes s'éloignent plus profondément encore du gorille, et que, par conséquent, ces (liffiTcnces proportionnelles ne sauraient justifier la classification, en ordres distincts, de l'homme et des singes (1).
Nous pouvons maintenant examiner les différences que nous présente, respectivement chez l'homme et chez le gorille, le tronc, composé de la colonne vertébrale, des côtes et (lu bassin ou os de la hanche, qui sont en connexion avec ré[»ine dorsale (fig. 17).
(I) Les hommes présentent entre eux, quant à la proportion relative dc*> jiienibics, des difTérences qui, pour être moindres que celles des singes ciih'c eux ou des singes à Phomme, n'en sont pas moins très- notables. M . Broca a compare les proportions relatives du membre supérieur sur quinze squelettes de nègres et neuf d'Européens. Il a trouvé que la longueur de ''liiiiuérus étant représentée par lOOj celle du radius (ou avant-bras) étaitliiez les nègres de 79,40, et chez les Européens de 75,93. il suit do la que le radius du nègre remporte de 5,49 sur celui de l'Européen, par rapport à Hiuiiiénis. Par rapport au radius lui-même, il remporte de 7,60 pour iOO. IVa()rèsdes calculs analogues, M. Bruca a établi que la clavicule était chez le!< nègres jibis longue que chez les Européens. (Bull, de la Soc. cVanlhr,, 1862, p. 102.) (Trad.)