I.N lliUlItCTlO.N
donne une explication quelconque du monde vivant.
D’ailleurs les objections sont loin d’être absolues; il suffit, pour s’cn convaincre, de noter les réserves de J. Mucller et de Longet. « Pendant les premiers temps de leur formation, dit le premier, les embryons des vertébrés offrent dans toute leur pureté les traits les plus généraux et les plus simples du type d’un animal vertébré, et c’est là ce qui fait qu’ils se ressemblent à tel point, que l’on a souvent de la peine à les distinguer les uns des autres. Le poisson, le reptile, l’oiseau, le mammifère et l’homme sont d'abord l'expression la plus simple du type commun à tous, mais ils s’en éloignent peu à peu à mesure qu’ils se développent... (1)»
« Assurement, dit M. Longet, les premiers linéaments embi’y’onnaires, les dispositions organiques des systèmes nerveux, vasculaires, digestifs, sont fort analogues, sinon semblables, chez tous les embryons de poissons, de reptiles, d’oiseaux, de mammifères, et de l’homme lui-même... De même que les œufs de tous les animaux se ressemblent à l’origine du développement de tout animal, de même les embryons de tous les vertébrés se ressemblent plus lard par le fait de l’existence commune de la ligne primitive et de certaines dispositions générales des divers systèmes organiques, telles que celles des arcs aortiques pour le système vasculaire... 11 n’y a donc pas de ressem-
(I) Nuellor, Manuel de phydologie, triidiiit lie t'ullüinaud par Jourdan. 2' cditioii. I‘ari!i. 1S.M, t. Il, p. 7*21.
Î^Élilb; AMMALt.
blance eiilre les forme transitoires de l’embryon humain et les formes permanentes des autres embryons. Mais il y a similitude à des périodes successives du développement entre les organisations embryonnaires des divers embranchements, classe, ordre, genre du règne animal, similitude qui va toujours s’affaiblissant, se morcelant pour ainsi dire à mesure que les formes organiques divergent vers la réalisation définitive du type qu’elles doivent reconstituer (1). »
Ces citations, que nous pourrions multiplier, montrent que les faits d’analogie et d’états successifs analogues des embryons ne sont point contestés; ils sont diversement interprétés ; c’est au lecteur à juger si leur classement sériaire, déterminé parles hommes les plus éminents, est suffisamment établi. Pour nous la question n’est pas douteuse. D’ailleurs, quand on envisage dans leur ensemble les phénomènes du développement, on ne peut manquer d’être frappé des analogies dans les procédés de formation, et l’on se rend compte de la nature de la série embryonnaire. M. de Quatrefages a décrit, dans un style plein de mouvement et d’heureuses images, le tableau de l’activité des premiers moments de la vie : « Tous les jours, dit-il, d’heure en heure parfois, l’aspect de la scène change, et cette instabilité porte sur les parties les plus essentielles comme sur les plus accessoires.
(I) Longcl, Traite Je physiologie, 11, HOiiéfalion, |ii 'Jii'4.
iMimmjCTio.N.
On dirait (|uc la nature tâtonne et ne conduit son œuvre à bonne lin qu’après s’être souvent trompée. Ici des cavités se cloisonnent, sc divisent en chambres distinctes ou bien s’étirent en canaux, et ceux-ci à leur tour se remplissent et deviennent des ligaments; là, des masses d’abord pleines se creusent et se changent en cavités, des lames s’enroulent en tubes, des pièces primitivement isolées se soudent en organes continus, on bien tout au contraire une niasse d’abord unique se fractionne et engendre plusieurs organes. En môme temps, les rapports, les proportions changent à chaque instant. iJes parties presque confondues au début s’écartent et deviennent presque entièrement étrangères l’une à l’autre; d’autres d’abord éloignées sc rapprochent et contractent des relations intimes. Des organes à fonctions temporaires naissent, grandissent rapidement, acquièrent un volume énorme, puis s’atrophient et disparaissent. D’autres s’arrêtent à un moment donné, tandis que tout grandit autour d’eux, restent en jilace, et se retrouvent jusque chez l’adulte, où ils n’ont d’autre rôle apparent qne de témoigner d’un état de choses qui n’existe plus. En un mot — des transformations incessantes, le mouvement partout, le repos nulle part — voilà dans son expression la {dus générale l’histoire du développement embryonnaire (i). » Que l’on
(I) Qii;ilref:i"(», yUlamurphoxes de l'homme et des animaux. Paris, I8U3, ]i. 41, 42.
SÉHlt AMMALK.
se représente dans ce mouvement formateur des phases variées, des points d’arrêts multiples, de» accroissements excessifs et des atrophies partielles, et l’on aura une juste idée des résultats, accumulés par l’hérédité pour chaque type vivant, de toutes les influences qui jteiivent modiliei' les êtres üi^anisés.
Nous venons d’indiquer deux des points sur lesquels rejjosc, dans les êtres synchroniques, l’idée de la série animale. Il en est un troisième, celui de la succession dans le temps de formes organiipics de plus en plus compliquées. Mais avant d’exposer les résultats aux- (}uels la science moderne est arrivée sur ce point, il importe (jue nous évitions un malentendu. Quand nous disons séné animale, nous n’entendons pas parler d’une série linéaire et continue telle que le seraient les termes A, B, C, 1),... Souvent, en effet, la série présente non-seulement des lacunes et devient A, C, F..., Z, mais encore des redoublements ou, si l’on veut, des formes répétées et modifiées d’organisation, de façon (pi’elle constitue plutôt la série A, B, B', C, C'. En sorte que Is. Geoffroy Saint-Hilaire, pour exprimer ce qu’il appelait la classilication paralléliquc des êtres, employait la forme suivante :
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