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qui, seule, rend d’une manière à la roissimplcellogiquc les rapports complexes de A avec B et avec A'. C’est ce que l’auteur de la Philosophie zoologique a verbalement exprimé, quand il a dit : « Je ne veux pas dire que les animaux qui existent forment une série trèssimple et partout également nuancée, mais je dis qu’ils forment une série rameuse, irrégulièrement graduée et qui u’a point de discontinuité dans ses parties, ou qui, du moins, n’en a pas toujours eu, s’il est vrai que, par suite de quelques espèces perdues, il s’en trouve quelque part. Il en résulte que les espèces qui terminent chaque rameau de la série générale, tiennent, au moins d’un côté, à d’autres espèces voisines qui se nuancent avec elles (1). »
Nous verrons plus loin qu’une juste idée de la forme sériaire des êtres est l’indispensable préliminaire de toute vue d’ensemble sur leurs rapports; car les développements progressifs ne s’effectuent pas nécessairement ni directement d’une classe à l’autre, mais dans la même classe et dans les mômes genres.
Faisons toutefois remarquer, avec M. Broca (2), que l’idée de la série animale dans les êtres contemporains i n’est ahsolumdnt liée ni à celle de leur apparition successive sous des formes de plus en plus compli-
(1) l.aiiiari'k, Philosophie xoolog. l’aris, 1800, t. I, p. 59.
(2) Itroca, bulletins de la Société d'anthropologie, 1865. p. 16.
qtiées, ni surlout à celle de leur Iransforiniilioii <>radiielle et progressive ; toutefois, la seconde implique l’existence réelle de la première, et la troisième, des deux autres. Si, en effet, les espèces se transforment et progressent, il faut d’abord avoir pu constater qu’il existe une échelle de progression, puis un progrès dans la succession. En sorte que les trois notions offrent l’un des caractères les plus sûrs des vérités scientiliques, à savoir ; la subordination de la trçisième aux deux preniièi es, de la seconde à la première, et rindépendanco de chacune d’elles par rapport à celle qui lui est consécutive.
Reprenons maintenant l’exposé de la théorie de la progression vitale dans le temps, ou plutôt montrons par quelques citations à combien de points de vue particuliers et par quelles hautes autorités scientifiques elle a été soutenue. Il y a d’abord une nécessité capitale, l’alimentation : « Iæs plantes seules, dit M. d’Archiac, ont la propriété de produire de la matière organisée, les animaux ne peuvent se nourrir que de cette substance; les premières ont donc pu vivre et s'organiser clans de l’eau contenant de l’acide carboni(|ue, tandis (|ue les animaux n’ont jni exister sans le secours des végétaux ipti ont dû les précéder... Les êtres destinés à servir de nourriture à d’autres ont dû nécessairement devancer ceux-ci. Quelle que soit la cause qui a dû présider à leur apparition, il est |)eu probable qu’ils aient été créés à l’étal adulte;
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el, d’iiii aulrc coté, ceux qui devaieiil s’eu iiourrir seiaienl inoiis de faim, s’ils avaient, à leur tour, été crées plus loi (1). »
« Dans les couches les plus profondes, dit ailleurs le même professeur, apparaissent des animaux et des végétaux propres aux classes inférieures de chaque règne. Plus lard, le type le moins élevé des animaux verléhrcs (les poissons) se montre dans le même moment sur différents points des mers d’Europe, un peu plus lard en Amériipie... Bientôt naissent les reptiles avec des caractères mixtes rappelant ceux des [Mjissons el des batraciens les plus inférieurs , et de nouveaux crustacés remplacent une famille tout entière, celle des Irilobiles (jui avait dominé pendant un laps de temps énorme (2). » A celle première période succède une époque de végétation prodigieuse; puis une é})oque d’atonie ; puis encore, sous l’influence d’une nouvelle impulsion, des formes nouvelles se montrent, étrangères à celles qui jusque-là avaient paru ; viennent ensuite des mammifères didelphes, quelques rongeurs et enlin des mammifères placentaires de divers ordres. « Les (juadrnmanes, le type le jdiis élevé des animaux, ne tardent pas à suivre les carnassiers el les pachydermes, el sur les divers points de la terre, à sa sui face comme dans
(1) D'Arehiac, de paléontologie, l"aiuii'c, II" partie, page 40 : Cf., page» 5 et ü.
(2) D'Arcliiac, Géologie et Paléontologie, p. 7 j8.
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les eaux douces cl salées, lous ces nouveaux types lendentà se localiser. »
Sir Cil. Lyell, dans son savant ouvrage sur VAnciennelé de t’homnie, a cité des fragments de Sedgwick, de Hugli Miller, d’Agassiz, d’Owen, de Bronn et de Ad. Brongniart, qui appuient avec toyte l’autorité de leurs noms la même doctrine, et il fait remarquer que « ce sont précisément les écrivains qui sont les jilus fermes soutiens de la transmutation des espèces (Ch. Darwin et J. Hooker), qui sont au nombre des jdus prudents, on pourrait dire des plus timides, quand il s’agit d’adopter la doctrine de la progression, tandis que, d’autre part, les plus zélés champions de la progression font le plus souvent une ojiposition très-violente à la transmutation. » L’illustre géologue donne au surplus lui-même une preuve de sa réserve, quand il dit « que nul ne peut croire à la transmutation, qui n’est profondément convaincu que tout ce que nous savons en paléontologie n’est rien en comparaison de ce que nous avons à apprendre (1). »
Ceslignes marquenlàla fois et la faiblesse etl’espoir delà théorie de la transformation, en tant qu’elle ne s’appuie pas exclusivement sur l’embryogénie. Mais chaque jour vient augmenter le nombre des espèces intermédiaires entre celles que séparent de trop profondes différences analomi(]ues, en sorte que l’explication
(I) I.vi'll. Ancii'tmeté di‘ riiniiitin'. l’.iris, p. 4 ' 29 -A" 0 .
donnée par Danvin de l’absence de i'ornies inlerinédiaires est quelquefois superflue : « Si l’on ne rencontre pas partout et toujours, dit-il, d’innombrables formes de transition, cela dépend principalement du procédé de sélection naturelle, en vertu diujuel les variétés nouvelles tendent constamment à supplanter et à exterminer leurs souches mères. » En elfel, Falconer a trouvé, parmi les espèces éteintes, vingt-six espèces de proboscidiens, dont les nuances établissent une série graduelle entre deux genres : le mastodonte et rélé|)hant; et depuis la publication du travail de Falconer deux nouvelles espèces ont été découvertes en Amérique (1); le docteur Vogt, si longtemps hostile à toute idée de transmutation dans la vie organique, a établi, dans ses Leçons sur l'homme (2), que la transition entre les poissons et les amphibies dans le monde actuel est réalisée par les genres lepidosirhie el prosoptère, dont on a trouvé çà et là quelques individus vivants, el qui bienlùt disparaîtront. Mais, entre les amphibies el les reptiles, il faut avoir recours à un genre fossile, celui des labyrynlhodonles, qui tend la main aux uns et aux autres; entre les reptiles et les oiseaux, il y a le plésiosaure; entre les poissons elles reptiles, il y a richthyosaure ; entre les pachydermes el les ruminants, il va le dinothérium, etc. Le plérodac-
(1) Voyez Lyell, lococil., p. 465.
(3) Vogt, trad. Moulinié, page 064.