SÉRIE ANIMALE
tyle, le céliausaure, le paléothérium, ritippariou, voilà autant d’anneaux entre des formes déjà fort élevées du règne animal.
Chaque jour apporte de nouveaux documents à cette thèse, qui prêlenl leur autorité à la célèbre loi de .M. Darwin, que plus une forme est ancienne, plus elle tend à relier les uns aux autres, par quelquesuns de ses caractères , des groupes aujourd’hui très-tranchés. Récemment, M. Albert Oaudry a dressé des tables généalogiques qui comblent, à l’aide des espèces fossiles, les lacunes qu’offraient plusieurs genres de mammifères maintenant reliés aux espèces anciennes par la découverte, dans les grottes de Pikenni , d’une innombrable quantité d’ossements. Les genres hyène, rhinocéros, cheval et sanglier ont été ainsi restaurés et rattachés à leurs ancêtres véritables.
Ainsi, la série animale s’établit chaque jour mieux graduée par l’étude comparative des tissus, des organes, des embryons, pai- la succession géologique des êtres et par l’extinction de certaines espèces dont les ossements viennent rétablir la continuité dans le développement des formes organiques.
Quelle est maintenant la signification de la série animale dans le temps et dans l’espace? Les êtres se sont-ils présentés subitement au monde vivant, adultes, avec tous les signes distinctifs de leur espèce, ou bien y a-t-il une base quelconque à la théorie de
INTIiHIiUCTHiV.
loiir lîlialion par voie (l’évolulioii progressive (1)? I^e plus graïul efforl des sciences naturelles dans notre siècle est d’avoir tenté de répondre à ce problème et. presque dn premier coup, d’avoir obtenu nne solution qui porte le caractère d’une vérité rationnelle nécessaire, et qui s’ap[>uie, à bien des égards, sur la vérification expérimentale. « 11 reste bien des lacunes entre les esiièces d’époque con.séciitive, dit .M. Albert Gaudry, en terminant ses Considérations tjénéi'des sur les aninumr. fossiles de l'Attiqne (2), il en résulte (ju’on ne peut encore démontrer d’une manièie positive que les espèces sont descendues les unes des autres ; mais les vides n’existent-ils pas dans nos connaissances plutôt que ilans la série des êtres fossiles? Quelques coups de pioebe donnés aux pieds des Pyrénées, des monts Himalaya et du Pentélique,
(1) ,M. l’ouclipl, ilaiis une noie inêsentée rt-ccnnnenl à l'Académiff de? 'ciences (.ît décembre ISfiB). disail avec Iteaiicniip dr- juslosc : «... Il esl un fait que nul ^éolo"iie ne conlesle aiijourd'liui, c'csl que chaque période ilu glolae a eu ws races d'aniiuaux el des planlea ; or dans l'élal actuel de la science on ne peut adineUre que deux livpolhèscs ; V hétérogenic on la mulahililt'. • l’roque tous les naturalistes, sauf l'étroit et orthodove Cuvier, génie singulicrement surfait, ont eu à un moment de leur vie la foi scientillque, la foi b la filiation. Nous aurions ilonc pu accumnlcr les citations. Mais on trouvera avec r;iison que cette Introduction est déjà fort longue, cl nou.'. nous coutenterou.s de citer quelques lignes d'is. Geoffroy, qui, dans le jirogramnic de scs leçons sur l'£,ypécc (18ô5), appiijait dans les termes suivants la thé.se delà lilialion : « Kn paléontologie, à la thèse de la variabilité limitée corresiwnd une hypothèse simple et rationnelle, celle de la filiation ; a la doctrine de la fixité deux hypothèses egalement comptiijuées et invrais.'rablablcs, celle des créatiom wcces-nvfü et celle dite de translatirm. »
(2) l’aris, 186(i, p. titi.
^ISA.NSKUlîM \TIO\ riKS HMiMKS Itlli; A M l,i|; KS. .‘.7 dans les sablières (rK|)j)elslieim()ii aux mauvaises terres du Nebraska, oui siifli déjà pour révéler enlre des l'orniesqui semblaient très-distinctes, des liens étroits. Combien ces liens seront plus serrés, alors que notre science sera sortie de son berceau ! Paléontologistes d’un jour, nous balbutions à [leiiie quelques mots de riiisloiredu monde, et pourtant ce ipie nous savons indK|ue de toutes parts des traits d’union. Peu à peu les découvertes conduisent à ado|>ter la théorie de la liliation des espèces; nous tendons vers elle comme vers la source où nous démêlerons le pourrpioi de tant de ressemblance que nous apercevons enlre les ligures des vieux habitants de la terre. »