‹ De la place de l'homme dans la natureChapitre 25 sur 49 · I.ES ANTnnorOfDKS ET LES HOMMES · texte numérisé non relu

I.ES ANTnnorOfDKS ET LES HOMMES

élevés et lies Iiomiues; sur toule auli'cqueslioiiil laisse iiu lecleur le soin de se faire une opinion. Qu’à ce litre, on nous pennelle d’ajouter encore une page à celle inlroduclion, et nous aurons parcouru toutes les ])l)ases de la théorie des descendances modifiées.

Pour quiconque a bien compris les lois de la concurrence vitale et de la sélection naturelle, il est clair ((uc si les types organiques vivants dérivent de types à bien des égards distincts, ceux-ci doivent avoir disparu; car une variété ne peut disputer le sol aux autres variétés, dans des conditions extérieures également favorables, qu’à la condition de les exterminer : cl pour arrivera un tel résultat elle doit être nécessairement la mieux douée ; mais il arrive en général que c’cslen vertu d’une adaptation plus facile aux milieux extérieurs que les variétés se perpétuent; dans les deux cas, les modifications organiques se produiront ])arallclementà leurs causes, c est -à-d ire avec uncincidculablc lenteur. Il en résulte que les caractères anatomo-physiologiques ne se distinguent dans la suite chronologique des êtres que par des nuances imperceptibles d’une génération à l’autre. On peut donc être assuré qu’en général, dans une même classe, plus les différences sont profondes entre deux genres, plus sont distantes les périodes de leur apparition dans le temps, (i’esl là, sans doute, pourquoi la science n’a j)U jusqu’à ce jour répondie à la question ; n’oii ment l’homme? que pose M. Huxley au coni-

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78 l.M lioiu r,Th)\.

mcuceiuciil ilii second dos essais contenus ilans cel

écrit.

A coup sùr, riioinmc occidenUd contcin|)orain, autant qu’il est p<Tinis de l’inl'ci er de sa constitution anatomo-physiologique, ne provient d’aucun des singes (jiie nous connaissons; vraisemblahlcincnt, riumianité, dans son ensemble, ne provient même pas de rune quelconque des races d’hommes réparties à la surlacc du globe. Les prohabilités nous conduiront plus loin encore dans la voie des hypothèses et nous permctleut d’admettre (pie les hommes et les singes diTivent sans doute d’uu assez grand nombre de formes organiques distinctes (jui ont abouti respectivement à des e.xpressions analogues, mais d’une portée différente par rapport à rensemble du règne animal.

Quoique dans l’ouvrage de M. Huxley il ne soit directement question ni de cette hy|tothèse ni de celle de la dérivation immédiate, on trouvera peut-être que le simple examen des faits embryologiques, examen (pii forme la base du plus remanpiahle de ces essais, vient plutôt contirmer la |ircmièrc (pie la seconde. Que nous montre en elfet le célèbre professeur : Que les différences constatées entre les hommes inférieurs et les singes supérieurs ne sont pas plus considérables que celles qui existent entre les singes des degrés extrêmes. Kn d’autres termes, et tout en penchant visiblement vers la mutabilité progressive, M. Huxley se borne à démontrer dans les êtres supérieurs actuels

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LKS ANTIlliOI-UlUKS DT LES lluMHKS. 70

l’existence réelle de la série organi(|ue. Sans doute c'esl là une condition indispensable du progrès, mais elle est loin d’ètre suflisautc, et nous n’hésitons [tas à dire (juc si nous n’avions qu’un chimpanzé à [tlacer entre Michel-Ange et le premier des mainmil'ères, il faudrait renoncer à toute généalogie naturelle de riiomme;car 011 ne conçoit pas en vertu de quelle secrète action, les anthropomorphes qui n’offrcnl aujourd’hui aucune tendance progressive auraient pu être poussés jadis vers le perfectionnement, ha meme remarque peut s’appliquer aux races humaines inférieures qui, loin de profiter de l’impulsion civilisatrice qui leur est donnée, s’éteignent et disparaissent chaque jour au contact des peuples européens. A ce point de vue, les singes anthropomorphes et les hommes de race inférieure me semblent représenter bien plutôt des formes incom- [)lètes, impropres à toute évolution ultérieure, que des étapes de développement. Ce sont, si l’on veut, les branches collatérales et décidues d’un arbre dont le tronc vigoureux s’élance vers le ciel. Bien loin donc que les transformations organiques nous ramènent vers l’unité de type dans les différents ordres, il semble que le progrès consiste précisément dans l’extinction (les êtres qui ne peuvent supporter les épreuves d’un degré de vitalité supérieur.

Ainsi l’homme a vraisemblablement [»our progéuiteurs, dans un passé dont la date est incalculable, des êtres à formes anthro|K)ïdes, qui se rapprochaient delui

Si)

INTnODCCTlOV.

iieaucoup j)lus (jii’aucune des lormcs simiennes acluellemcnt connues et qui, cependant, n’étaient point des hommes. Mais pour autant que nous pouvons l’inférer du peu que nous savons sur les lois de la transformation des types, il nous est difficile d’admettre que les différentes espèces d’homme aujourd’hui connues puissent provenir les unes des autres. L’hypothèse qui leur donne une origine locale et qui suppose à toute une faune, une même tendance formatrice est bien mieux en accord avec l’esprit des faits. Klle a d’ailleurs pour elle l’autorité des hommes qui se sont le jilus occupés de celte (jucstion, et notaniinenl de C. Vogt, qui, dans ses Leçons sur Vhomme, s’exprime ainsi : « Différentes séries parallèles de singes ont à leur sommet des formes d’un développement plus élevé, des types supérieurs gravitant vers le type humain. Prolongeons par la pensée le développement dos trois types anthropomorphes jusqu’au type humain, qu’ils n’alleignent pas et n’alleindront jamais, nous aurons ainsi, provenant de ces trois séries parallèles de singes, trois races humaines primitives... » (P. 6^25. ) Pour Gratiolel, les orangs et les gibbons sont les formes anthropoïdes du groupe des semnopithèques, les chimpanzés sont les anthropoïdes du groupe des macaques cl des magots, et les gorilles les anthropoïdes du groupe des cynocéphales (1). On voit que

(I) Grallolel, Atialoinii des Iroglodiiles Aiibrifi, |).

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