LES ANTHROPOÏDES ET LES HOMMES
celle opinion se rapproche singiilièrcinenl de celle de Vogl; l’une el l’aulre accusenl les lendances des types organiques.
Dans celle conceplion, les hommes n’onl donc poinl un ancêlre, mais une mullilude d’ancêlres dont les races humaines modernes sont les expressions modifiées. Parmi ces nombreux efforts vers le perfectionnement des formes , il y a eu , çà et là, ainsi que nous l’avons observé chez les animaux, des tentatives avortées, des métamorphoses régressives el aussi des bonds prodigieux qui viennent compliquer les recherches généalogiques et décourager les esprits impatients. Cependant, on a souvent fait remarquer, avec raison, que les formes transitoires sont nécessairement les plus rares, et celle considération unie au fait de la découverte d’une vingtaine d’espèces de singes fossiles dans les trente dernières années, ne contribue pas peu à encourager les recherches. Naguère M. Cartel a décrit les ossements du Dryopithecm fontaïue, espèce de gibbon à longs bras trouvé dans l’Ariége, qui, par tous ses caractères osléologiques, se rapproche de l’homme plus qu’aucune autre espèce, notamment en ce qui est de la taille el de la mâchoire inférieure. Mais entre le dryopilhèque el l’homme le plus inférieur que nous connaissions, il y a encore une lacune considérable tjue l’avenir comblera. Le sa-' vaut naturaliste C. Vogt n’hésilc pas à dire que les
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INTRODUCTION
microcéphales humains, qu’il considère comme des cas d’atavisme simien, « fournissent une série conduisant de l’homme aux singes, aussi complète qu’on peut la désirer. » Il dit encore que '« l’arrêt de développement qui a frappé l’enfant pendant sa vie intrautérine l’a maintenu à un degré intermédiaire entre l’homme et le singe, degré constituant d’ailleurs une des évolutions par lesquelles l’embryon humain doit passer dans le cours normal de son développement; » et il ajoute « que le crâne d’un microcéphale trouvé à l’état fossile, un peu endommagé, et privé de sa mâchoire inférieure ainsi que de la série dentaire de la mâchoire supérieure, devrait être, sans hésitation, déclaré par tout naturaliste comme un crâne de singe, car un pareil crâne n’offrirait pas le moindre trait caractéristique qui pût permettre d’autoriser une conclusion contraire (1). » Ajoutons, pour compléter le tableau, que M. Dupont a trouvé en Belgique, à la Naulette, sur les bords de la Lessc, une mâchoire inférieure qui offre évidemment des caractères simiens.
Toutefois, il faut convenir que, môme eu s’aidant de l’ingénieuse hypothèse de Vogt sur l’atavisme des microcéphales, la distance des formes anthropoïdes à riiomme normal paraît toujours grande; plus nous avancerons dans la civilisation d’ailleurs, et plus
(1) Vügt, Leçons sur l'homme, (>, 25li, 2C1 et 2(i5.
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