‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 119 sur 273 · ERA RES NUE PME ES MES NRE PE · texte numérisé non relu

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Heureusement, elle possède de nombreux torrents. Nés sur les pentes du Tupungato et de la prodigieuse Aconcagua, haute de plus de 7,000 mètres, ils dévalent des Andes, grossis formidablement lors de la fonte des neiges, chargés du limon fertilisateur qui leur donne leur aspect jaunâtre, et vont se perdre dans la plaine saline, à l’est, parmi les lagunes et les marécages.

L'industrie des habitants sut tirer parti de cette richesse, et l'État a déjà dépensé six millions de francs en travaux de barrage et de distribution d’eau destinés à arroser 470,000 hectares. Les plus importants furent exécutés sur le Rio Mendoza et Île Rio Tunuyan. Une partie de ces eaux est répartie sur 200,000 hectares entre 10,000 portionnaires. C’est encore peu, si l’on songe aux 16 millions d'hectares qui restent stériles dans la province, mais c'est beaucoup si l’on calcule la valeur prise par ces terres dès l’heure où l’eau y fut amenée.

Les vignobles constituent, jusqu’à présent, la vraie richesse. Le reste du sol cultivé produit de la luzerne, du blé, du maïs, de l’avoine, mais en quantités insuffisantes pour les habitants de la province.

Importée du Chili par les Espagnols qui l’y avaient amenée avec eux, la vigne fut cultivée dés longtemps de ce côté des Andes. Dans le passé, ce fut toujours Mendoza qui fournit de vin le reste de la République. Un coup lui fut porté, quand la France d’abord, l'Espagne et l’ltalie ensuite, se mirent à importer leurs vins à Buenos-Aires. Mendoza, qui devait amener dans la capitale, c’est-à-dire à 1,000 kilomètres, son vin, traîné dans des charrettes à mules, ne pouvait

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plus lutter ni pour le prix ni pour la quahté. Un arrêt se produisit donc, jusqu'au jour où le chemin de fer du Pacifique, reliant Mendoza au littoral atlantique, lui permit de nouveau d'affronter la concurrence. En 1887, Mendoza ne possédait que 4,800 hectares de vignes. Aujourd’hui, elle en a 40,000.

Ce fut vers les années 1890-91 que la culture rationnelle de la vigne commença sur de grandes étendues irriguées. Alors, aussi, on substitua aux vignes créoles des plants français, on fit venir de

. France et d'Italie des ouvriers vignerons et,en moins de dix ans, grâce à l'essor de Mendoza, l’Argentme devint la première nation viticole des deux Amériques.

Sur les 3 millions 200,000 hectolitres de vins fabriqués dans la République en 1908, Mendoza en fournit 2 millions 300,000*.

C’est l'appui des banques, tant officielles que pri-

1. L'industrie viticole en Argentine est surtout développée dans les provinces de Mendoza et San-Juan. Mais on cultive la vigne un peu partout, Voici, d'après les statistiques de 1908, le rendement de chaque province :

Mend028 6... 20 2,300,000 hectolitres.

San-Juan..... re 600,000 — MO EE 65,000 — Ro se 60,000 — Entre-Rios....…. RE RS 40,000 — SI IUT SSSR 35,000 — Buenos-Aires ..,,..... 39,000 —- Catamarca......... .…. 30,000 — LT Re 3,000 —

Gette même année, la production de la France, y compris l’AI- -gérie, fut de 62 millions d’hectolitres. L'Italie vient après avec 53 millions, et l'Espagne avec 21 millions d’hectolitres,

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