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« Quant à la consommation du pays, elle augmente chaque année, à Buenos-Aires surtout. Une maison s'est fondée dans la capitale, pour la vente des fruits frais, secs ou conservés, qui donne des résultats inespérés. Et ce n’est là qu’un début. Nous inaugurons la culture des pêches tardives d'ftalie qui, en Europe, mürissent en novembre, 101 en mai. De sorte que Îles Argentins auront des pêches toute l’année.
« Pour développer cette nouvelle richesse, ajoutait M. Givit, il suffit d’un peu de méthode. Nous possé» dons le climat le plus propice qui soit pour la culture des fruits : un‘air sec, un ciel ardent et lumineux, point de pluie, une terre légère que l’on peut arroser à volonté, grâce à l'irrigation. Mais jusqu'ici, on se soucia davantage: de la quantité des fruits produits que de leur ‘qualité. Il faut changer cet état d'esprit. »
Et lui-même donne l’exemple. Pendant un récent séjour enikurope, il acheta, pour ses diverses propriétés, des pruniers d'Agen, des oliviers et des pêchers d'Italie, des chasselas de France et des vignes de diverses espèces, dont il avait admiré les produits à nos Expositions horticoles, sans compter 45,000 plants de rosiers et de fleurs diverses. D’autres limitent; l’émulation excite les propriétaires, et chaque jour des progrès se réalisent. Un jardin d’essal, créé par le gouvernement, n’a point d’autre but; on commence à y faire des sélections et à multiplier les espèces.
Après avoir fait venir de France différents spécialistes pour écrire des rapports critiques sur la viticulture argentine, les Mendocins veulent à présent
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les garder près d'eux, les attacher définitivement 4 leur province. C’est ainsi que le gouvernement a obtenu de M. Pacottet, professeur de viticulture et d’œnologie à l’École de Grignon et chef du Laboratoire des recherches à l’Institut agronomique de Paris, qu’il irait, chaque année, passer six mois en Argentine. En même temps, un groupe de propriélaires appelait le savant professeur à Mendoza, et un autre groupe au Rio-Negro, pour y étudier la mise en valeur de terres vierges, irriguées et non irriguées. J'ai rencontré, depuis, M. Pacottet. C’est à la fois un horame d’action et un savant passionné pour les recherches scientifiques pures. Ses livres sur la viticulture, la vinification, les alcools et les vinaigres, les celliers, sont des œuvres classiques. L’Institut agronomique de France l’envoya plusieurs fois dans les pays d'Europe; l'Argentine et le Chili l’appelèrent déjà, à différentes reprises, soit pour créer l’enseignement agricole et fonder des stations d’études, Soit pour classer les terres de la province de Mendoza, selon la variété des arbres qui peuvent y prospérer.
En retenant le savant français, l'Argentine poursuit
sa résolution de s’assimiler le meilleur de la science et de l’expérience européennes.
Actuellement 955 hectares, dans la province de Mendoza, sont plantés d’arbres fruitiers, surface insignifiante, mais qui suffit à des expériences très utiles. Les cinq premières fabriques de conserves furent créées autour de la capitale en ces quatre dernières années.
J'ai visité la fabrique du D' Séru, toute proche de Mendoza. Je revois une grande maison basse, de Style colonial, avec une longue galerie de bois, des
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sens aimables, accueillants, des figures souriantes de jeunes filles. Il pleuvait, ce jour-là, à torrents, vérItable phénomène en cette saison d'été, et chacun semblait s’en excuser. Devant la maison, une allée de saules pleureurs, et, au delà, des perspectives de quinconces, bordées de haies. Nous fimes en voiture le tour du propriétaire. 79 hectares sont plantés de pruniers, de poiriers, de pêchers de diverses variétés, dont les uns donnent des pêches blanches, énormes, d’originefrançaise, appelées pavia; d'autres, de petites pêches andalouses, jaunes et savoureuses. Les pommiers, qui viennent bien dans cetle terre, Re sont pas cependant un fruit du pays, le sol et l'atmosphère étant trop secs pour les amener à un développement parfait.
Sous un simple hangar, des femmes! et des jeunes filles s’occupaient à éplucher des poires au moyen de machines ingénieuses et rapides. D’autres en emplissaient les boîtes de fer-blanc qu’elles disposaient ensuile, avec un sirop de sucre, dans le bain-marie chauffé à 100 degrés.
—— Rien de plus simple, comme vous voyez, m explique M. Séru. J'ai commencé à fabriquer les conserves pour la consommation familiale. Les essais avant réussi, je fis venir ces pelites machines d'Europe. Cette année, sans nous tracasser, nous fabriquerons 30,000 boîtes, 5,000 de poires et 25,000 de pêches. Dans trois ans, notre verger sera en plein rendement, et je caleule que nous en produirons alors un million.
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