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sommet alpestre, l'immense tapis verdoyant, semé de taches rouges qui sont les toits des villages, le vert humide des prairies peuplées de vaches, le vert foncé des sapins, le ruban blanc des routes qui ondule ou se tend, et les lacs de turquoise foncée, enchâssés dans des collines riantes au-dessus desquelles flottent des voiles de vapeurs grises ou mauves; et les cascades, les chutes, les torrents, les odeurs rustiques de fenaison et d’étable, de thym et de lavande, toute la vie active et industrieuse de nos Alpes, baignée par la lumière très douce du ciel.
Je voudrais apercevoir, ne füt-ce qu’un instant, le condor des Andes, unique habitant de ces hautes cimes. Où le verrai-je, si ce n'est ic1? Je regarde au ciel, Je le cherche sur les bords du torrent où peutêtre 1l viendra boire. En vain. Le torrent coule avec fougue sur les blocs qui l’encombrent, ou bien son lit caillouteux s'étale et ses eaux jaunâtres s’égarent en une série de bras. De distance en distance, les seules traces de vie humaine sont des sortes de huttesrefuges appelées casuchas, dressées sur une butte de quelques mètres de hauteur et bâties en forme de coupole, afin que la neige ne puisse les recouvrir. Avant la construction du chemin de fer, elles servaient d’abri aux voyageurs et aux courriers durant les {emporales, ouragans terribles qui battent l'hiver la Cordillère.
Aux stations, aucune animation, aucun bruit. A peine voit-on apparaître un chef de gare, un homme d'équipe silencieux, au pas lent, ou quelque enfant grelottant et pieds nus.
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