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lesquels on a jeté dela terre. Quandlapluie l'a délayée, il reste de véritables escaliers auxquels les animaux sont habitués. Lentement, nos chevaux gravissent les pentes. Je peux causer avec mes compagnons de roule.
Notre Basque, marchand de bestiaux, est en Argentine depuis quinze ans. Son métier est très simple : il a loué des terres sur les vallées andines, côté argentin: il achète des bœufs maigres, les met à l’engraissement et les exporte au Chili avec un gros bénéfice. Quoique ayant l’air lui-même d’un valet d’écurie, il parle de ses vingt domestiques avec un grand naturel. [1 me raconte que les pumas ne sont pas rares dans le pays. Un seul étrangla en une nuit cent vingt moutons et des agneaux dans un parc. Un jour, le Basque assista, du haut d’une colline, au jeu du mouton et du puma. Le fauve jouait exactement comme un chat avec une souris, lâchait l’innocent, le laissait s’éloigner, courait après lui, l’abattait d’un coup de patte, le croquait un peu et l’excitait à repartir encore,
— Les voyageurs, me dit-il, ont toujours sur eux une petite boîte de strychnine. Et quand, en route, ils rencontrent un cadavre de mouton que le puma a mis soigneusement de côté en le recouvrant d'herbe, ils en déposent un grain sur la langue ou dans le gigot de l’animal, pour empoisonner le fauve quand 1l viendra le manger à l'heure de sa faim.
« Le bétail est très bon marché en ce moment, m’explique-t-il. Pour quatre-vingts francs, j'ai une belle vache. Et voici pourquoi. Le Chili veut faire entrer ses vins en Argentine, sans droiis, et les Mendocinos ne veulent pas. Alors les Ghiliens mettent un droit de 20 francs par vache, de 27 francs par bouvillon et de 3 fr. 50 par brebis arrivant d'Argentine.
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