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pins de Californie, Toute cette partie de forêt est comprise dans un don de 60,000 hectares, me dit-on, fait par le gouvernement argentin à M. le docteur Francisco P. Moreno, qui prit une part prépondérante à la délimitation de sa frontière chienne.
Elle fut offerte ensuite par le D' Moreno à l'Etat pour y créer un parc national, sur le modèle de ceux des Etats-Unis. Malheureusement, des sections entières de ces belles forêts sont massacrées. En effet, pour éviter le passage du col et des transbordements inutiles à ses marchandises, cuirs, laines, crins, cire, miel, etc., la Société chileno-argentine a voulu établir un chemin transbordeur aérien de onze kïlomètres au-dessus de la Cordillère, de Puerto-Blest à Casa-Pangué, frontière chilienne. Elle a même déjà dépensé à cet ouvrage plus d'un million de francs. Et depuis Gasa-Pangué, nous voyons, de place en place, dans la forêt, des échafaudages immenses, aux armatures de fer peintes au minium, qui dressent leurs carcasses orgueilleuses. Que d'arbres centenaires, bi et tri-centenaires abalius et pourrissant pour ce travail qui ne sera jamais fini, dit-on!
Enfin, après une heure de voyage à travers ce parc naturel, nous arrivons à Puerto-Blest, port extrême du Nahuel-Huapi. Une unique maison s’y trouve, celle de l'agent de la Compagnie, adossée à un grand hangar rempli de balles de laine et de sacs de yerbamaté en peau de vache.
Nous touchons au but de notre voyage. Encore cing heures de bateau sur le Nahuel-Huapi et nous serons à San-Carlos de Bariloche. Nous montons sur un petit vapeur. Le soir tombe. Nous ne verrons pas le lae aujourd hui.
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