‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 156 sur 273 · SANTE) QUE · texte numérisé non relu

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Comme je m'informais s’il ne se trouvait pas, à côté des colons proprement dits et de leurs petites exploitations de quelques centaines d'hectares, de grandes estancias dignes d’être visitées, on m'apprit qu'un souverain allemand, le prince régnant de Schaumbourg-Lippe, possédait à vingtkilomètres d’ici une estancia de 30,000 hectares. De sorte que si un jour — par ces temps troublés, tout est possible — le souverain se voyait privé de ses États, il aurait en Argentine, sur le versant oriental des Andes, une étendue de terre à peu près égale à sa principauté.

Je fis demander la permission de la visiter, et bientôt je reçus de la part du baron de Bülow, cousin de l’ancien chancelier de l’Empire, une invitation à y passer la journée. Il envoya un break nous chercher, conduit par un Jeune Allemand, et, au matin, nous partimes. En route, nous traversâmes d'immenses terrains incultes et sans animaux. Je m'informai de la raison de cet abandon, car une herbe excellente poussait sur cette terre. |

— Ces milliers d'hectares appartiennent, me répondit-on, à un Espagnol qui n’en fait rien, qui ne vit que de maté.

Dans les champs où jamais la charrue ne passa, que même le sabot d'aucun animal domestique n’a

1. Elle mesure, en effet, 340 kilomètres carrés, soit 34,000 hectares de superficie. C’est, à vrai dire, avec celle de Reuss, branche ainée, la plus petite principauté d'Allemagne. Une plaisanterie courante à Buckeburg, la capitale, consiste à dire que le prince ne peut ordonner d'exercice de tir au canon sans faire la guerre à ses YOIsins,

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