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mari a toutes les libertés, sauf celle d’étaler publiquement ses infidélités. La conspiration des hommes l'aide à les tenir cachées, et, d’ailleurs, sielles s’affchaient, le monde n’aurait pour elles aucune indulgence ni complaisance. Un homme, même célibataire, faisant parade d’une maitresse, est mal vu.
Parmi les interlocuteurs argentins avec lesquels je discutais de ces choses, peu d’entre eux pensaient à donner toute sa valeur à la vertu réelle, instinctive de leurs femmes. Il me semble qu'ils avaient tort. Soit à cause de l’hérédité jalouse de l’homme ou du sentiment de fidélité transmis par les aïeules, soit par simple dignité personnelle, orgueil élémentaire de laire son devoir, je crois la femme argentine portée par sa nature à la fidélité.
Sans doute, cette honnêteté a pour sauvegarde son manque de liberté, la surveillance étroite dont elle est l'objet et l’ostracisme redoutable qui punit toute incartade. Chez certaines, la force du sentiment religieux est aussi un frein puissant; chez d’autres, l’éveil constant du sentiment maternel, toujours tenu en alerte par des maternités fréquentes, sert également de dérivatif aux « passions dangereuses ».
Mais la plus sûre garantie de leur honnêteté est l’ardeur de leur affection pour l’homme qu’elles ont choisi. Tout le caractère outrancier du tempérament espagnol se retrouve en elles, moins romantique peut-être, moins exalté et théâtral, mais plus profond et plus affiné. Une telle passion exclut chez la femme toute disposition à la Coquetterie et au men-
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songe. Elle s’est donnée entièrement, sans pensée de séparation, consciente de l'impossibilité de réparer une erreur, de refaire sa vie. Ce don total de soi s'exprime par l’habitude qu'ont les Argentines de signer leur nom avec la formule de la possession maritale, habitude choquanie pour des êtres déjà Hbérés, jolie pourtant si l’on songe qu’elle implique le don généreux de soi‘.
De là vient aussi que les veuves se remarient rarement.
— Nous ne sommes pas contentes d’elle, me disait Mme X..., me parlant d’une veuve de son cercle intime qui allait se remarier.
— (juel âge a-t-elle donc? lui demandai-je.
— (Quarante ans, riche et jolie, il est vrai...
— Alors, c’est bien légitime.
— Oui, mais elle a un fils, ét nous considérons qu'à son âve sa vie est faite, et qu'avec ses relations, sa parenté, elle eût pu mener une existence très supportable.
Une telle force de résignation et de sacrifice scandalise et révolte les Américaines du Nord, établies Ou de passage en Argentine, et je revois l'air méprisant avec lequel l'une d'elles me disait :
— Savez-vous ce que font ici les épouses trompées ? Etles restent chez elles et pleurent |
Cé que ne percevait pas sa froide logique de femme du Nord, c’est qu’en dépit de lFinfidélité du mari ou
1. Lés femmes signént de leur nom de jeünes fillés auquel elles ajoutent le mot « de » et le nom de leur mari. Aïnsi use Dolorès mariée à un Monsieur Rodriguez signera : Dolorès de Rodriguez, àfin de bien affirmer qu’ellé est [a Dolorès de celui-ci et non d’un autre,
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