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arbustes poussiéreux sur une terre friable, sablonneuse, que le vent soulève en tourbillons. Puis, un profil de montagnes surgit à l’horizon, âpreset dénudées, dans un ciel d’un bleu dur. Une chaleur torride rayonne sur ce paysage désolé.
Avant d'atteindre Neuquen, capitale du territoire du même nom, la ligne franchit le Rio Neuquen sur un pont de 750 mètres de long, l'un des plus beaux travaux d'art argentins. Et l’on arrive à Neuquen, vaoue désert planté de quelques cubes de pierre blanche qui sont des maisons. Une avenue bordée de minuscules tamarins qui disparaissent derrière leurs étais conduit à un petit chalet, demeure üu gouverneur. Une banque, quelques habitations, c'est tout.
La « ville » vit surtout de la présence du gouvernement et du mouvement des charrois de laines et de peaux qui arrivent tous les deux mois de la Cordilièrc. Que lechemin de fer se prolongeseulement de 10 ktlomètres vers les Andes, et ce village disparaîtra, car il n’y a pas là d'irrigation possible. Actuellement, le réseau exploité des chemins de fer vers le Sud s'arrête ici. 3,000 kilomètres nous séparent de la Quiaca, sur la frontière de la Bolivie, où je vous at déjàconduits ; nous avons donc, après bien des détours, touché les deux points extrêmes des lignes de chemins de fer arsentines.
Nous sommes presque au confluent du Neuquen et du Limay qui s'unissent pour former le Rio Negro, dans la région où doivent s’accomplir les grands travaux hydrauliques décidés par le gouvernement fédéral,
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En 1898, sous l'administration du général Roca, un décret confiait à l’ingénieur italien, César Cipoletui, l'étude des rios Neuquen, Limay et Negro, en vue d'une régularisation de leurs cours et de l'irrigation de leurs vallées, Ces études furent reprises par l’ingénieur Severini, à qui les confia M. Ramos Mexia, l'actif et dévoué ministre des Travaux publics, durant la dernière présidence, et celles-ci sont sur le point d'aboutir. |
— De tels travaux, me disait à Miraflorès M. Ramos Mexia, seraient autrement difficiles dans de vieux pays comme l’Europe, où ils lèseraient beaucoup d'intérêts et secompliqueraientde grosses difficultés matérielles et techniques.
Dans ces terres vierges, les ingénieurs peuvent agir en toute liberté et modifier la nature à leur gré.
Je vais essayer d'expliquer clairement ce que j'ai compris de ces grands projets dont la réalisation va bientôt transformer toute une région.
Le Neuquen et le Limay, descendus des Andes, sont des torrents à crues périodiques, qui subissent l'influence de la fonte des neiges dans les hautes régions andines. À la fin de l'automne, les premières neiges mêlées aux pluies qui tombent dans la montagne les gonflent considérablement, Au printemps, lors du dégel des nevados, une autre crue bien plus violente se produit. Le régime du Rio Negro s’en ressent, naturellement. Aux basses eaux, ilse divise en une infinité de bras entourant des îles et des bancs de sable. Lors des crues, c’est un large fleuve déchainé, indomptable, au courant si rapide qu'il est très difficile de le remonter. Qu'on juge de l'extrême variabilité de son débit : en décembre et
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