‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 183 sur 273 · EL ET SE TS LILI EEE LE · texte numérisé non relu

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NÔTES ET CROQUIS 399

En 1890, on avait une vache pour 22 francs. Il faut dire que les vaches créoles ne pesaient pas plus de 300 kilos. Une brebis se vendait cent sous.

Aujourd’hui, le bœuf ordinaire, pour le pot-aufeu, se détaille entre 80 et 90 centimes le kilogramme, le rosbif à 1 fr. 60, le filet à 2 fr. 20.

On a un lièvre énorme pour 1 franc, et une très orosse perdrix pour 60 centimes.

Malheureusement, ces prix ne feront qu'augmenter, lentement, mais sûrement, non pas que le troupeau national diminue et que la marchandise se raréfe, mais par la volonté des accapareurs. Une vingtaine de gros marchands approvisionnent les marchés de la capitale. Le tarif de détail ne dépend que d'eux. Comme ils sont intelligents, ils se gardent bien de se nuire entre eux. Et ainsi, les tarifs s'élèvent msens siblement, mais avec la fatalité du flux. Il n’existe qu’un remède à cette hausse. La municipalité a créé très sagement des marchés de quartier pour éviter aux habitants un déplacement trop lointain, mais du même coup, elle livrait les cours à l'arbitraire des marchands en gros, en abolissant la compétition. En effet, en ouvrant les petits marchés, on a supprimé Île marché central où, par la criée, ou, tout au moins, par la concurrence, les acheteurs de demi-gros pouvaient profiter des cours les plus bas. Il paraït donc indispensable de rétablir le marché central.

Mais quelle que soit la solution qui intervienne, la ville de Buenos-Aires a tout intérêt à empêcher laccaparement des viandes de marchés et, si elle le pouvait, celui des autres produits de consommation. Car il faudra, de toute nécessité, que Le prix de la vie diminue. Ce qui fait que la moitié des émigrants s'en

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retournent, la moisson faite, ce n’est pas l’amour du sol natal. Ils s’en vont parce qu’ils s’aperçoivent vite qu’une piastre ne vaut pas ou guère plus qu'un france, une lire ou un mark.

Les principaux légumes (pommes de terre, haricots blancs, choux, carottes, oignons) et le beurre sont à peu près du même prix qu’à Paris, sauf dans les années de sécheresse où, naturellement, tout augmente dans de notables proportions; alors le lait pur arrive à coûter 90 centimes le litre. En temps ordinaire, il vaut 30 centimes. Les pelits pois, les épinards, les haricots verts sont beaucoup plus chers que chez nous.

Tout le monde se plaint de la difficulté de se procurer des domestiques et de les retenir. Et non seulement des domestiques, mais encore des employés de toutes sortes. Un administrateur des chemins de fer de l’État me racontait qu’à chaque voyage dans le Nord, il fallait changer une partie du personnel du train.

Un chef de maison me disait :

— Je m'engage à payer à un bon employé trois fois ce qu’il gagne en France.

L’insolence des domestiques est en proportion de leurs exigences.

Une nounou qu’on paye 290 francs par mois, veut

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