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ment, les soigner en cas d’épidémie. Ces bergers sont logés, nourris et reçoivent en plus le cinquième du croît du troupeau et le cinquième du prix de la laine vendue. Le produit des moutons morts est partagé dans les mêmes conditions. Ces bergers doivent toujours présenter au maître au moins Île chiffre de moutons qui leur a été confié. Sinon, la perte est supportée par eux à raison de 2 piastres (4 fr. 40) par tête manquante. Ces bergers-chefs ont eux-mêmes à leur service des bergers payés par eux 88 francs par mois. Ils sont, en plus, logés dans la propriété et nourris, eux et leur famille. On leur donne aussi quelques moutons et une vache laitière.
— En résumé, demandai-je à M. Pérez, quel personnel vous faut-il pour exploiter votre estancia?
— En comptant tout, colons et familles, j'estime le chiffre du personnel de la propriété à trois cents individus. Mais celui qui dépend directement de moi, bergers et péones, ne dépasse pas trente, femmes etenfants étant nourris en même temps qu'eux par l’estancia. Pour la nourriture de ces trente personnes et de leur famille on tue chaque jour 3 brebis. De plus, chaque puesto a droit à 15 moutons par trimestre, ce qui fait 150 moutons tous les trois mois puisque j'ai 10 puestos dans la propriété. Les péones reçoivent aussi la galletta et le malé, des pommes de terre, des choux, et des légumes quand les sauterelles en laissent dans le potager. Les bergers ne reçoivent que la viande.
ÎT était tard. Les filles et les nièces de notre hôte nous entouraient, et je m'étonnais de l'intérêt qu'elles prenaient à cette conversation de spécialistes.
— L'habitude! fit l’une d’elles avecun malinsourire
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De quoi voulez-vous parler à l’estancia, sinon de la pluie, de la sécheresse, des pertes ou de l’accroissement du bétail, du prix des derniers animaux vendus aux frigorifiques? C'est encore ce qui intéresse Le plus nos oncles et nos pères. Demain, je vous préviens, nous entendrons parler toute la journée de laine.
Je m'informai de la vie à l’estancia. La coutume est de se lever tard, de se promener à pied ou à cheval, dans la matinée, quand le soleil n’est pas encore trop ardent. Cependant les sports ne sont guère en faveur. On préfère rester aux heures chaudes sur les chaises longues du jardin pour lire, coudre, broder, causer ou flâner. Les unes font de la musique, d’autres apprennent le catéchisme ‘aux enfants des péones ou leur préparent leurs toilettes de première communion. De temps en temps, on va rendre visite à un estanciero voisin, mais rarement, car €e déplacement est un vrai voyage.
Dans l'isolement de l'estancia, il faut trouver chez soi tout ce qui fait le confort et le charmede la vie. Les fruits abondent dans le verger, les légumes aussi, les bœufs et les moutons pullulent. Sur le menu reviennent souvent le « puchero », « Pasado » et la « carbonate ». Pendant le repas, après le rôti, la servante vient vous demander comment vous désirez que vos œufs soient accommodés, et elle les apporte quelques instants après, en omelette, à la coque ou sur le plat, selon le goût de chacun. Des dulce de toutes sortes et des fruits sont servis au dessert. On mange ici cinq ou six pêches comme nous mangerions quelques prunes. Excès qui semble nécessaire pour contrebalancer l’abus de nourriture carnée. Vie facile, large et abondante, qui favorise
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