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À côté de ces préoccupations d'ordre familial ow social qui emplissent la vie de la femme argentine, il en est une, de qualité bien différente, mais qui se manifesle dans toutes les classes, en province et dans la capitale, si invariablement et de facon si obsédante qu’elle frappe dès l’abord l'étranger : c’est la préoccupation de l’élégance qui n’existe nulle part au monde, je crois, à un pareil degré.
Quel que soit le lieu où on les rencontre, à la promenade, dans les réunions mondaines ou au théâtre, c'est bien, en effet, le souci de la correction extérieure qui caractérise les Argentins, hommes et femmes. Le Parisien lui-même, blasé sur l’étalage du luxe, ne peut s'empêcher, dès son arrivée à Buenos-Aires, d'être surpris et ravi de tant d'élégance jointe à tant de beauté. Ce n’est pas qu’il trouve ici un raffinement différent en son essence de celui de Paris, le grand chic féminin consistant à imiter en tous points les modes parisiennes. Dociles aux lois qu’édicte la capitale de la mode, les femmes obéissent même avec servilité à leurs variations les plus minutieuses, et l’on ne trouve point parmi elles une originalité vraie, une audace personnelle dans la façon de se parer. Ce qui frappe surtout, c’est la perfection presque trop absolue de cette élégance. Autrefois, on manquait ici, paraît-il, sans exception, de sobriété et de mesure, chacune allait tout droit à l’excessif et au
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