‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 220 sur 273 · NT MP RE · texte numérisé non relu

NT MP RE

tout le commerce de la jeune République. Ce n’est que vers 1845 que nous nous avisämes, un peu tard, de signer avec elle des traités de commerce. Les troubles politiques, les guerres civiles, les excès de la tyrannie dont souffrait alors l'Argentine n'étaient d'ailleurs pas faits pour attirer chez elle lémigration européenne. Particulièrement, les rapports plutôt tendus entre notre gouvernement et le tyran Rosas, les chicanes faites à nos nationaux, le blocus du port de Buenos-Aires par notre flotte, conséquence de ces vexations, la prohibition de toute importation française furent autant d'obstacles aux échanges entre les deux pays.

C'est alors que, dans sa haine pour la France et les Français, Rosas destituait solennellement de son titre de patron de Buenos-Aires notre saint Martin de Tours, et qu’il devint d'usage de faire précéder tous les actes privés et officiels de la formule qui nous apparaît aujourd’hui comique : « Mortaux sauvages unitaires ! Mort aux Français répugnants! Mort au cochon immonde Louis-Philippe! » ‘ On peut la lire encore au Musée historique de Buenos-Aires, inscrite en lettres d'or sur les rubans rouges qui servaient d’insignes aux fédéraux.

Pourtant une petite colonie française existait déjà, formée d’émigrés éloignés de France à la chute de l'Empire et qui, dès 1818, avaient fondé là-bas un journal libéral : L'Indépendant, de durée éphémére. Des Basques français, dès 1895, arrivèrent, qui prirent part aux guerres civiles entre unitaires et

1. Mueran los salvages unitarios! Mueran los Franceses asquerosos ! Muera el chancho inmondo Luis Felipe!

r "à — as ya al

fédéraux, se fixèrent tantôt dans l’Uruguay ou au Rio de La Plata, selon les alternatives des victoires.

En 1859, Rosas tombé est remplacé au pouvoir par le vainqueur de la tyrannie, le général D. Jose Juste de Urquiza, premier président consututionnel de Ja Confédération argentine, qui ne cache pas ses sympathies pour la France. Son arrivée au pouvoir, coincidant avec le coup d'Etat du 2 Décembre et l’établissement de l’Empire chez nous, on vit débarquer à Buenos-Aires des Français de valeur, universitaires, professeurs, ingénieurs, chassés de France pour leurs opinions. L'un d’eux, Amédée Jacques, collaborateur de Jules Simon, est chargé par Urquiza de la direction du Collège national et de l’organisation de l’enseignement secondaire dans le pays; un autre, M. Larroque, de la direction du collège de Parana; l’université de la capitale, les facultés de médecine et de droit sont remaniées sur des modèles français.

Quelques années plus tard, en 1859, Urquiza confiait à un de nos compatriotes, le docteur Martin de Moussy, une mission d’études dans toute la Gonfédération, afin, disait-il, « de la faire connaître à l’Eu- | rope qui, Loujours incomplètement instruite, Fa sou- ; vent mal jugée ». Pendant près de vingtans, de Moussy parcourut le bassin de La Plata, continuant ainsi l'œuvre admirable des savants français en Amérique l du Sud, d’Alcide d’'Orbigny à Corrientes et en Pata- + gonie, du naturaliste Bonpland aux Missions et au | Paraguay, d’Auguste Saint-Hilaire, de Castelnau et Deville au Brésil, de Gay, de Pisis au Chih. Le résultat de ses travaux fut la description minutieuse du pays

et de ses richesses naturelles, faite avec les qualités de méthode et de clarté de notre esprit national,

Sas UT A M US MS EEE ARE |

Page 1