‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 236 sur 273 · TS · texte numérisé non relu

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entrée libre de tout le matériel de construction, etc. Ainsi, ils ruinaient d'avance toute concurrence future. C'est cette politique qu'ils suivent depuis cinquante ans.

Bien avant que l’Argentine ait donné la mesure de sa richesse, les Anglais comprirent le rôle primordial que les chemins de fer devaient Jouer dans ce pays presque complètement privé de voies de communications naturelles. En effet, la pierre manquant sur une orande partie du territoire argentin, le problème de la création des routes n’y fut jamais résolu. Aujourd’hui encore, les routes terrestres ne sont que des morceaux de pampa que les estancieros réservent obligatoirement à travers leurs propriétés, sans macadam d’aucune sorte, sans fossés, sans arbres, et qui n’ont de consistance que dans lesrégions montagneuses ou celles dont le sous-sol est fait de marne dure. Quant aux fleuves navigables, seules les provinces de l'Est et du Nord-Est en sont pourvues. Le Parana, avec son immense estuaire, est assurément une des plus belles voies de pénétration fluviale du monde, mais l’'Uruguay n’est navigable que sur une partie de son cours. Les fleuves du nord et du sud de la République ont besoin de grands travaux de rectification et de régularisation pour servir aux transports. Les autres cours d’eau qui descendent de la Cordillère sont des torrents utilisables seulement pour l'irrigation.

Les chemins de fer étaient donc ici, plus qu'en tout autre pays, l’instrument indispensable au développement de l’agriculture et de l'élevage, à la diffusion de l’immigration dans les provinces éloignées et à l’activité de tous les échanges intérieurs et extérieurs. À l'encontre de ce qui se passe dans les vieux pays, les

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