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chemins de fer précédèrent ici la population. Sans eux, l'Argentine serait encore ce qu elle fut si longtemps, un vaste champ inculte où paissaient des troupeaux à demi sauvages.
Si l’on jette un coup d œil sur la carte des chemins de fer argentins depuis 4861, date de la construction de la premié ère ligne importante de Rosario à Uordoba, jusqu’à nos jours, on se rend compte de la rapidité avec laquelle les voies ferrées conquirent le pays a Ja civilisation, En une cinquantaine d'années, 30,000 kilomètres de chemins de fer furent construits, dont les deux tiers appartiennent à diverses Lompagnies anglaises”. Près de 4 milliards de francs étaient engagés par elles dans ces entreprises alors que la France risquait timidement 400 à 500 millions. Grâce aux Anglais, l'Argentine occupe aujourd’hui le quatrième rang dans le monde pour le développement de ses voies ferrées.
Je n'étudierai pas ici l’organisation interne de ces puissantes Compagnies, les conditions de leur exploitation, la valeur de leur matériel, leurs tarifs, les
4. Les plus importantes sont la Compagnie du Sud, qui dessert tout le sud de la province de Buenos-Aires, les vallées du Rio Negro et du Rio Colorado, celle du Central Argentin, du Pacifique, de l'Ouest et celle du Nord- Est. Toutes, sauf cette dernière, ont adopté la voie large de 1 m. 676, voie idéale en ce pays, où, les difficultés techniques n’existant pas, la construction d’une voie ferrée ne coûte pas plus que celle d’une route ordinaire.
Une fusion s’est faite récemment entre la Compagnie du Sud et celle de l'Ouest,
Les Français exploitent la ligne de chemins de fer de la Province de Santa-Fé et celle de Puenos-Aires à Rosario qui sont à voie étroite. Ils possèdent également celle de Rosario à Puerto-Belgrano, toute récente, et dont il vaut mieux, je pense, ne pas parler.
L'État possède la ligne du Central Norte ainsi que celles en CONS
truction dont ilest question plus loin. Ge sont également des lignes à voies étroites.
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qualités et les défauts de leur administration, Îles plaintes que suscitent souvent dans le pays leur monovole presque absolu, leurs procédés de combat contre leurs concurrents, etc., questions intéressantes et complexes qui font pénétrer dans la vie économique du pays, mais qui dépassent le cadre de cette étude. Je ne saurais trop souligner cependant l’audace et l'énergie de leur politique conquérante. Intéressées à la prospérité nationale, elles savent être larges et comprennent qu'un sacrifice provisoire d'argent doit rapporter au décuple. Elles participent donc, si besoin est, aux grandes œuvres publiques entreprises par le gouvernement ou en prennent l'initiative pour leur propre compte*. En bons commerçants, les Anglais ne craignent pas de risquer et d'attendre. Desorte qu'ils viennent en France chercher nos capitaux dans les banques, nous servent un intérêt de 4 p. 100 qui nous satisfait et les placent ici dans les entreprises de chemins de fer qui leur rapportent le double ou le triple. Et c'est ainsi que l’on assiste à ce spectacle à la fois comique et attristant, de capitaux français faisant concurrence aux capitaux français (engagés dans les entreprises de chemins de fer françaises), en enrichissant les Anglais.
Non seulemeut les Anglais eurent l’audace des pionniers, mais ils comprirent de bonne heure que les affaires de chemins de fer, de même que les transaclions financières sont beaucoup plus une question de diplomatie que de compétence technique. Ils ont des ingénieurs et administrateurs anglais dans leur état-major, mais ils savent qu’un « fils du pays », s’il