Voir plus haut les chapitres : Mendoza, et Bahia-blanca
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offre des garanties d'activité et possède le sens des affaires, défendra mieux leurs intérêts devenus les siens que tous les fonctionnaires anglais qu'ils pourraient appeler ici. Les avocats des Compagnies anglaises sont tous des « fils du pays » choisis parmi les plus influents. Les premiers gagnent 90,000 francs par an, les autres 25,000 francs. M. Quintana, qui fut Président de la République, était avocat de la Gompagnie du Sud.
Cette hégémonie dure depuis de longues années. À présent que s'affirme la stabilité de la fortune argentine, d’autres pays veulent prendre leur part de ce gâteau. Certes, le capitalisme anglais jouit de la force acquise, de sa mainmise sur tous les chemins de fer et la finance, mais peu à peu le grand commerce lui échappe. Les Anglais pullulent encore, il est vrai, dans les estancias, mais les Belges teur prennent les tramways, les Allemands l'électricité et une partie des transports maritimes.
— ]lne faut pas se dissimuler la force grandissante de nos concurrents, me disait l’un d’eux. L’Angleterre et la France se trouvent, vis-à-vis de V'Allemagne, dans une situation identique. Nos maisons sont aussi bien équipées que les leurs, mais l'employé, le commissionnaire, le commis-voyageur allemands ont sur les nôtres la supériorité que leur donnent la connaissance des langues vivantes, l’art de fournir aux clients ce qu’ils désirent, les facilités du crédit, le bas prix des marchandises, sinon leur qualité, qui séduit la clientèle populaire. Ils ont pour eux, enfin, l’activité de leurs diplomates, qui montrent
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IMMIGRATION E TCOLONISATION. — ANGLAIS 465
pour les affaires un intérêt et un sens pratique que nos diplomates de carrière trouvent indignes d'eux. Et c’est ainsi que nos chiffres d'importation en Argentine subissent une réduction de 40 p. 100. » Même dans le domaine des chemins de fer, leur toute-puissance commence à être discutée. Les Argentins clairvoyants s’aperçoivent que tout l'argent drainé par les grandes Compagnies ne profite pas assez au pays. [ls ne perdent pas une occasion de se plaindre des tarifs abusifs que l’état permit aux Compagnies de fixer elles-mêmes, ou de se lamenter sur l'insuffisance numérique des wagons au moment de la récolte et des pertes de céréales qui en résultent. À plusieurs reprises, ce mécontentement de l'opinion donna lieu à de violentes campagnes de presse dont les Compagnies sortirent toujours victorieuses, d’ailleurs. Mais ces manifestations décidèrent le gouvernement à innover une politique de concurrence, en favorisant la création de voies ferrées nouvelles à voies étroites, dont le prix de revient, théoriquement, inférieur à celui de la voie large, permettrait un abaissement général des tarifs. Ceci se passait en 4905. Jusque-là les quatre grandes Compagnies anglaises du Sud, de l'Ouest, du Pacifique et du Central Argentin étaient maîtresses absolues des transports dans la province de Buenos-Aires. C'est alors que le gouvernement accorda à une Compaonie française la concession d’un chemin de fer de Buenos-Aires à Rosario, qui devait concurrencer le Central Argentin. Une autre concession était donnée bientôt après à d’autres capitalistes français pour J’établissement d’un chemin de fer de Rosario à Puerto-Belgrano. On calculait que le prix de revient
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