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L'Argentine reçoit annuellement pour 125 millions de produits alimentaires, parmi lesquels figurent en chiffres considérables les conserves de poissons salés et fumés. Or, le poisson abonde à tel point dans les fleuves et les estuaires et sur les côtes, qu'à certains endroits on le tue à la dynamite.
De même, pourquoi les maraïichers et les petits colons argentins laissent-ils introduire d'Europe pour des millions de francs d’aulx et d’oignons, de piments, de fèves et de pois chiches, sans compter les millions d'œufs « frais », produits d’un si bon rapport dans les petites fermes européennes ?
Et que dire de l'infini: trésor caché des minéraux et des eaux que fera un Jour ou l’autre surgir la science des ingénieurs ? Faute d’eau, de combustible et de voies d'accès commodes, parmi les milliers de concessions minières accordées dans les provinces de Jujuy, Catamarca, la Rioja, los Andes, San-Juan, Mendoza, Cordoba, elc., quelques-unes seulement sont exploitées jusqu’à présent. Mais qui peut prévoir l'avenir réservé à ces régions quand des prospecteurs tenaces auront trouvé, dans un voisinage propice, l’eau et la houille ou Le pétrole nécessaires à l’extraction de l'or, de l'argent, du cuivre, du plomb, du borate, du wolfram, du mercure, de l’antimoine, et, en général, de tous les minéraux industriels ?
matelots qui pêchaient n’employaient que des filets trainants. On leur dit : « Prenez des hamecons! » C’est l’origine d’un grand commerce. On trouve aussi des moules colossales et des morues en grande quantité. Mais les pêcheries n'existent pas encore.
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Le pétrole, combustible de l'avenir, peut être pour l'Argentine une source incommensurable de richesse. La récente découverte de gisements pétrolifères au Nord, près de la rivière Vermeille ; au Sud, sur la côte océanique ; au Centre, près de San-Rafaël, ouvre des horizons magnifiques à l’industrie, jusqu'ici impossible à cause du manque de combustible. D’ailleurs, en différents points des Andes, on a signalé
des lignites et même du charbon. Un ingénieur fran-
cais a rapporté de l’anthracite du Rio-Negro.
La plupart des industries pourront donc se créer el vivre en Argentine. La laine surabonde; nous avons vu que le coton peut se développer au Ghaco; on exporte en Europe chaque année 195,000 tonnes de cuir, et le tanin du québracho par milliers de tonnes. Pourquoi ne tisserait-on pas par ici cette laine et ce coton, pourquoi n’ulilise-t-on pas ce cuir pour la cordonnerie et la sellerie?
Dans les forêts du Nord, une plante fibreuse, inépuisable, le caraguataï, peut alimenter des fabriques de cordages de premier ordre; les bois de construction et d’ébénisterie peuplent les territoires du Nord; on pourrait alimenter des papeteries pendant un siècle et plus, avec le bois des forêts subtropicales, sans compter les variétés nombreuses de bambous et dé roseaux qui abondent le long des fleuves et dans les lagunes éparses sur tout le territoire argentin.
Les fleurs de Tucuman, de Corrientes, de Misiones, de Salta, ont tous les parfums; des bois d'orangers s'offrent à la fois aux parfumeurs et aux fabricants de marmelades. Ces derniers trouveraient également le sucre sur place.
Des projets pour la création de fabriques de por-
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celaine, de cristaux, de ciment, etc., aboutiront un Jour prochain.
Et c’est ainsi que l’on verra l'Argentine passer peu à peu de la vie purement pastorale et agricole à la vie industrielle,
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Pour accomplir sa destinée, l’Argentine a besoin de paix. Heureusement l'ère des révolutions paraît À peu prés close. À part que la masse populaire ne gagneralt rien à renverser un gouvernement pour en mettre à la place un autre tout pareil, la bourgeoisie dirigeante a désormais {trop d'intérêt à la fixité du pouvoir pour exciter le peuple à se soulever. D’un autre côté, le gouvernement est parfaitement assuré du loyalisme de l’armée et de la police, même des corps de pompiers, composés d'anciens militaires disciplinés et armés.
Et puis, les nations sont comme les hommes, Ia prospérité les embourgeoise. Tout bon Argentin a conscience aujourd’hui qu'il perdrait un peu de son crédit dans une révolution qui remettrait son pays, aux yeux de l’Europe, sur le même plan que ses petits Voisins, pays révolutionnaires par excellence. Tout ce qu'il aurait fait depuis vingt ans pour distancer ses rivaux, pour conquérir parmi eux une place à part et se créer la réputation de stabilité nécessaire à son crédit, il le perdrait du jour au lendemain, au moindre bouleversement politique.
Le nouveau sOuVernement, celui de M. Saenz Peña, est donc arrivé au pouvoir dans un moment extrêmement propice pour réaliser en paix les réformes de
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