‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 76 sur 273 · AE A QAR ER · texte numérisé non relu

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porte sur son bras gauche un enfant presque aussi gros qu'elle, et de sa main droite tient une courge et une bombilla qu'elle suce; trois marmots qui samusent avec un mouton noir s'arrêtent pour nous regarder, d'autres accourent pieds nus, à peine vêtus, maculés de boue, les cheveux en broussaille, avec des airs de petits sauvages. Un bambin de six ans, complètement nu, galope sur un cheval sans selle, la croupe couverte seulement d’une étoffe éclatante. Derrière lui arrive une tropilla de mules chargées de luzerne sèche, conduite par un métis monté, lui aussi, sur un cheval non sellé. Des chèvres fuient au galop en grimpant sur les crêtes ; des chiens de toute race assaillent en aboyant notre voiture qui cahote et orince, des chats continuent à dormir au-dessus des ramadas; sur les branches des saules et des poivriers, les poules volent et s’abritent pour la nuit.

Le soleil, sur la Sierra, ne laisse plus voir qu’une demi-sphère jaune qui dore encore de ses derniers rayons la ville, au-dessous de nous. Ce faubourg s'appelle Altos de Alta Cordoba’. Ici vivent les péones, les charretiers, les vigilants, tous les ouvriers et gens du peuple dont les femmes s'occupent a laver le linge des citadins, seul travail manuel dont elles soient capables.

Dans dix ans, avant peut-être, cette misérable cité aura disparu. Le pittoresque y perdra. Déjà, dans le faubourg voisin de Pueblo-Nuevo, des maisons de brique remplacent ces cloaques. Au pas des portes, des Jeunes filles en robes claires, coiffées avec art, les cheveux gonflés de crêpés et traversés de

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