‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 85 sur 273 · CRUE · texte numérisé non relu

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comme force motrice, L'avenir est ici aux hydrauliciens, aux électriciens, aux chimistes. Déjà un syndicat anglais, au capital de 87 millions de francs, produit la force et la lumière en utilisant les chutes d’eau du Rio Primero. Les premières installations datent de onze ans. L'entreprise dispose actuellement de 3,000 chevaux et arrivera bientôt à 9,000, malgré le prix toujours croissant de la main-d'œuvre, qui a doublé en six ans. Elle fabrique du carbure de calcium et distribue 1,000 chevaux de force à une quantité d'entreprises de diverse importance : fabriques de chaussures, de papier, de pâtes d'Italie, de carrelages, de tuyaux, de ciment, moulins, ateliers de fonderie, de réparation de machines, de construction, etc.

Toutes ces entreprises nouvelles sont dues aux étrangers, Îtaliens, Anglais, Français, Espagnols. Les fils du pays, estancieros, fonctionnaires, avocats, travaillent assez peu et par à-coups. Mais leur intelligence vive et leur don remarquable d’assimilation les mettraient vite à même de suivre les exemples étrangers.

Ils possèdent les terrains à chaux et pourraient gagner des fortunes en bâtissant les fours et en les exploitant. Mais ils préfèrent s’occuper de politique et se contentent de vendre la pierre à chaux aux [taliens propriétaires des fours, et de grosses fortunes se sont ainsi faites en ces dernières années. On ne produit pas moins de 120,000 tonnes de chaux annuellement à Cordoba. Dans l’ouest de la province on trouve beaucoup de wolfram, minerai riche en manganèse qu'utilhisent les Allemands pour la trempe de l'acier et achetés surtout par la maison Krupp.

Je ne vous donne là qu’une faible indication de

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l'essor industriel qu'il est facile de prédire à cette province. Elle a pour elle la matière première, la force motrice et les chemins de fer. Des minoteries, des filatures, des fabriques de tissus, des tanneries s’y développeront un jour ou l’autre. On pense déjà à augmenter la capacité du réservoir des eaux du Rio Primero; 1l est question d'élever en contre-bas de la digue San Roque une digue nouvelle de 40 mètres de haut, qui multiplierait considérablement la puissance des eaux d'irrigation et la force motrice. On verra alors se multiplier ici les usines que je viens de dire. Et l’on peut affirmer que dans l’évolution économique qui fera passer l’Argentine de la période purement agricole à la période industrielle par l’utilisation de ses matières premières, Cordoba occupera une des premières places.

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M. d’Abbadie d’Arrast, industriel, — M. Blaque-Belaire, directeur de l’École agronomique. — M. Garlot, pelletier. — M. de Maussion, joaillier. — Activité des Allemands. — Rio- Guarto. — Chucul. — Un jeune Français énergique. — M. Jean Guichard, agriculteur. — Visite à son domaine. — Son histoire. — Anecdotes topiques. — Bonne humeur d’une Parisienne. — Comment on exploite une propriété dans la pampa.

Il y avait autrefois plusieurs milliers de Français dans la province de Cordoba. Leur nombre va diminuant. Un millier y demeurent encore. Jadis, tous les hôteliers, boulangers et tailleurs étaient de France. Les Italiens et les Espagnols les ont partout supplantés. Tous ceux qui sont restés n’ont pas fait fortune ; mais quelques personnalités prirent une place notoire dans la capitale. Un de nos distingués compatriotes, M. d’Abbadie d’Arrast, dirige l’importante entreprise de distribution de force et lumière déjà signalée.

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