‹ De la Plata à la Cordillère des AndesChapitre 86 sur 273 · EE L F · texte numérisé non relu

EE L F

Verre hits

7/14 , 4 F : NET i A p , LA d D PEU LA ER" PRET 27 PRES SN Ÿ Fr, ACER

L'École d'agriculture‘ de la province fut fondée en 4889 par un Français, M. Blaque-Belaire, élève de l'École de Beauvais, qui dota aussi la ville du très joli parc de Las Heras. Je rencontrai des hommes intelligents comme M. Garlot, ancien représentant de la maison Regnier frères de Grenoble, gros négociant en cuirs dont je viens de parler, et des commerçants de détail comme M. de Maussion, bijoutier- Joaillier.

De mes conversations avec mes compatriotes, Je retins qu’on ne vend presque plus, à Cordoba, de marchandises françaises. Les Allemands ont chassé les Français et chasseront bientôt les Anglais du commerce de la province. Ce n’est pas la première fois, hélas! que j'ai à constater la décadence de notre industrie et de notre commerce à l'étranger. Nous en chercherons plus loin les raisons.

Par contre, j’eus souvent l’occasion d'admirer ici l'énergie de gens de notre race transplantés sur ce terrain vierge, débarrassés en partie des préjugés ankylosants de la tradition, mais riches des qualités du terroir originel. Justement, j'avais rencontré à Buenos-Aires un jeune compatriote, M. Jean Guichard, qu'on m'avait présenté comme un estanciero à ses débuts, installé près de Chucul (province de Cordoba). Ii m'avait fortement intéressé par le récit de ses débuts, de ses luttes au milieu de la pampa déserte, et je m'étais bien promis de profiter de son aimable

4. C’est une belle institution : deux cents hectares de terre en partie irrigués pour les luzernières créées à l'usage de cinquante vaches durham et hollandaises:; le reste cultivé en céréales et en plantes subtropicales. On y applique le programme de notre École de Grignon.

ne” s ox Co à * £ Last D Stokrimic - Siret Es L os + SAS + RS Sd Lt Vox ra PSS De DA ie ” AS - ie L A au Mer, tes. ; FU ? à RUE - gosse vu ESS CE 1GE) 2 + . à : EE Lfimrie- ST np dar D à De mr Sorel ee mm 2,

a 06 Roae PE tire NT LR NUS, ca - EU POTTER. UT ROSE PP TA ER EE J Fe e # :

Fe MES AC OMEER 4 +

invitation et d’aller le voir vivre de la vraie vie du pionnier agricole argentin.

Le matin du 29 décembre, dès l’aube, nous partimes donc de Cordoba pour Chucul, station la plus proche des Algarrobos”, propriété de M. Jean Guichard. Nous eûmes la bonne fortune de faire une partie du voyage avec M. Blaque-Belaire qui nous avait aimablement pilotés dans sa ville.

Nous traversions des champs de verveine bleue et rouge qu'afiectionnent les moutons; la voie du chemin de fer était bordée de pourpiers hyacinthe et de zinias sauvages qu’on appelle ici œillets du diable. Puis ce furent des prairies couvertes de cette herbe argentée qui nous avait ravis à l’arrivée par l'aspect de mer neigeuse et lustrée qu’elle donne à la pampa. Notre compagnon nous apprit que c’est surtout dans ces champs que vit la tique fameuse, la € carapata », qui imocule la « tristesa » au bétail et le fait mourir d’une sorte de consomption.

— Fait digne de remarque, ajoute M. Blaque- Belaire, cette « tristesse » demeure à l’état endémique dans les champs incultes, et disparaît dès qu’on y sème de la luzerne.

Il nous raconte les terribles incendies qui dévastent le campo en hiver. Comme il pleut alors rarement, une étincelle suffit à incendier des lieues de champs desséchés. Tout brûle, les clôtures, les arbres, les ranchos. Malheur aux hommes et aux bêtes surpris par un incendie! Un cheval au galop ne va pas plus vite que la flamme, lorsqu'un peu de vent lexcite. On essaie, en vain, de circonscrire le feu par des incen-

Page 1