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à chaussettes à jour et en souliers vernis, une fleur à la boutonnière. Un cinématographe, le soir, exhibe des scènes indécentes à partir de onze heures, une fois les femmes parties”.
Tout le district de Rio-Cuarto a une réputation de fertilité bien méritée. Le blé y donne cette année, dans des terrains non irrigués, 1,900 kilogrammes à l'hectare, et pèse 84 kilogrammes lhectolitre, ce qui est très beau. Dans beaucoup de terrains, l’eau se trouve de trois à sept mètres de profondeur, et la luzerne fournit trois et quatre coupes”.
Là aboutissent cinq embranchements de chemins de fer. Dans dix ans, Rio-Cuarto sera la ville la plus importante de la région après Rosario de Santa-Fé.
Détail intéressant : ses plus vieux habitants sont des Français; ils s'appellent Jean Gardey, Lacase, Monlézun, j'oublie les autres noms. À Bell-Ville, on me cite des compatriotes, venus récemment s'y établir : M. Pierre de Belloye, qui fait l’engraissement du bétail dans de belles luzernières, associé à M. Grand d’'Esnon, fils d’un général français. D’autres encore. Un nommé Goulu, arrivé 101 à l’âge de sept ans, est à présent colonel au Chaco.
En débarquant à Chucul, j’aperçois la figure éneroique et souriante de M. Jean Guichard. Avec sa haute taille, ses veux bleus, sa face maigre rasée,
[. À Buenos-Aiïres, même licence, d’ailleurs. La police dut intervenir pour interdire le « genre libre », ainsi appelé par opposition aux établissements convenables qui portent l'inscription: « Pour familles. »
2. La terre à blé se vend, le long de la ligne de chemin de fer, de 200 à 300 francs. A quarante ou cinquante kilomètres de la voie ferrée, le prix descend à 110 francs l’hectare.
ombragée par un chapeau de feutre gris à larges bords, ses bottes et tout son accoutrement campaenard, notre hôte me rappelle les « farmers » du Far- West américain. Vingt kilomètres nous séparent des Algarrobos. Nous les parcourerons sur un rustique véhicule bas à quatre roues, à travers les routes poussiéreuses qui coupent l'immense plaine couverte de - blé jusqu’à l'horizon. À peine avons-nous trotté quelques kilomètres que, dans un soubresaut, le palonnier casse, et nous voici en panne. Heureusement, le majordome d’une estancia voisine passe, voit notre détresse et nous fait envoyer un sulky qui nous amène à travers les fondrières, les ruisseaux et les marécages, jusqu'aux Algarrobos.
Chemin faisant, notre hôte me conte l’histoire de son arrivée ICI.
Il me dit comment, décidé à tenter la chance en Argentine, 1l était parvenu à vaincre la résistance paternelle, comment, engagé comme simple capataz dans une estancia de lUruguay, puis au Chaco, et enfin dans la province de Cordoba, 1l s'était imitié pendant deux ans au dur métier de majordome et de futur estancierc. La foi de ses vingt-cinq ans lPencouragealt et aussi l'espoir de se marier bientôt à Paris et de revenir s'installer avec sa jeune femme sur une terre qu’il choisirait.
Ettout cela s'était réalisé. Depuis un an, le jeune ménage vivait dans l’estancia des Algarrobos.
Quand tous deux arrivèrent dans cette terre achetée à bon compte, mais où tout était à faire, il n’y avait d'habitation qu'un rancho de boue, demeure d’une famille italienne, gardienne du campo. Il leur fallut habiter sous la tente vivre de thé et de conserves,
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