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dans le coma. Que faire ? À tout hasard, je lui donnai une injection de morphine, avec la seringue qui me servait à inoculer les animaux, malgré les hurlements de sa femme, une frlandaise, qui ne voulait point que l’on traitât son mari comme les bêtes. Et puis, je lui appliquai sur le ventre un de ces «rigolos » qui réveilleraient un mort. Et, en effet, cinq minutes après il ouvrait les yeux. [l était sauvé!
« On devient médecin, vétérinaire, spécialiste en tout dans ces pays, continua M. Guichard. Alors se précise, avec le sentiment de votre responsabilité, celui de l'isolement et de l’abandon. La nuit, quand iln’y a pas de lune, pour rien au monde vous ne feriez bouger les péones. [ls craignent l'obscurité, les trous où tombent les chevaux et les chutes dans les arroyos ou les marais. [l faut donc attendre Île lever du soleil et partir vers quatre heures du matin chercher du secours. Les télégrammes qui vous arrivent restent en soufirance à la gare pendant quarante-huit heures et plus, car nous ne pouvons aller aux nouvelles que deux ou trois fois la semaine, »
L’estancia était en vue. Perchée sur une falaise qui domine la plaine légèrement vallonnée, une petite maison blanche se profilait parmi quelques bouquets d'arbres. Une cinquantaine de caroubiers épars devant elle semblent les premiers jalons d’un parc futur. Au pied de cette « barranqua », un ruisseau minuscule coule et s’épand plus loin, dans des basfonds marécageux couverts de dépôts salins d’où les canards sauvages et les « téro-téro »* s’envolent au
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moindre bruit. Passage difticile, qui protège les Algarrobos comme une forteresse.
La villa est à peine achevée, des planches, des madriers et des gravats encombrent encore ce qui servira de terrasse, mais déjà, dans un vaste hall éclaant de blancheur, des fauteuils et des canapés de Maple encadrent des guéridons couverts de journaux et de revues, un piano à queue et une bibliothèque tournante: des rayons bourrés de livres longent.les murs :caetlà, des tapis sont jetés sur le plancher brut; de larges baies vitrées laissent voir les douces ondulations de la plaine et, très loin, la ligne de la Sierra de Cordoba : intérieur confortable et gai, que l'on est étonné et ravi de trouver en ce désert.
Nous restâmes deux jours dans cette hospitalière demeure, en compagnie du charmant ménage el de leur jeune et aimable cousin, M. Millet, majordome en titre, passionné, lui aussi, pour la vie libre des champs. Dès l’aube, les deux jeunes hommes partent pour le campo, vêtus comme des capatazes, coiffés de vieux chapeaux, le foulard rouge autour du cou, les jambes | protégées par des pantalons de cuir à la mexicaine.
Leurs journées se passent, suivant la saison, à sur- fe veiller les labours, marquer les bestiaux, semer le É blé ou le maïs, couper la luzerne, présider à la récolte, organiser la défense contre la sauterelle où > réparer quelque instrument aratoire. Le lendemain
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de notre arrivée, je surpris mon hôte, très occupé à k forger une pièce pour remettre en état le palonnier + brisé. [1 y mettait un tel entrain, on devinait sur sa | 1 figure épanouie tant de joyeuse ardeur, que c'était
plaisir de le voir. | Par une coquetterie qui d’abord parait puérile, +
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