RER
Après l'opération, murmure vésiculaire normal en avant et en arrière, dans toute l'étendue. On n’observe aucun des symptômes (toux, etc.) qui succèdent ordinairement à la thoracentèse. Immédiatement, le malade, tourmenté par une soif ardente, peut boire sans tousser. On vide par le cathétérisme la vessie qui s’est laissé distendre.
Malgré la disparition intégrale des phénomènes morbides thoraciques, l’état général n’est pas sensiblemeut améliore.
Prescriptions : potion éthérée ; vin sucré.
14 février. — Température 39°,8. — L'état général est amélioré. Le malade nese’souvient pas de l'opération subie hier soir. Il est calme. Pouls 52; respipation 44. — Matité en arrière jus-
qu’à la pointe de l’omoplate, respiration rude, gros râles souscrépitants dans le reste du poumon. Silence dans la zone de matité. En avant léwère submatité, respiration bronchique. Poumon gauche : respiration puérile en avant, en arrière, Au fond de la gouttière pleurale, un travers de doigt de matité avec disparition du murmure vésiculaire. Nulle part de pectoriloquie aphone. Deux selles cette nuit.
Soir. — À peu près mème état. Température 400,9,
15 février. — Température matin, 400,3; soir, 41°. On observe un léger état parétique du membre inférieur droit avec hyperesthésie cutanée sans changement de volume du membre, ni de
-coloration du tégument. Douleurs spontanées et paralysie du bras droit avec hyperesthésie. Pour les autres symptômes, même état que la veille.
16 février, matin. — Respiration bronchique avec gros râles muqueux en avant et à droite, submatité au même niveau; frottement dans l’aisselle, dans un espace large comme une pièce: de cinq francs. Matité en arrière dans les mêmes limites qu’après la thoracentèse, — Température 40°,7; pouls 160; respiration 60; râles trachéaux.
Membre inférieur droit. Rougeur diffuse du mollet et de la cuisse, — plaque rouge sombre du volume de un franc, un peu
An
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au-dessus et.en dedans de la, pointe. de .la rotule. Hyperesthésie considérable de la peau. Le, membre inférieur est inerte, en
.. abduction et demi-flexion; réflexes abolis, gonflement œdémateux
dur. Pas de symptômes de phlébite. Le membre supérieur est dans le même état que la veille.
- Soir.— Etat plus graye encore. — Température 40°,7. Ventre.
météorisé et dur. On retire de la vessie, par: le cathétérisme, 550 grammes d’urines de couleur foncée, fortement albumineuse. Mort par asphyxie comateuse à 3 h. 45 du matin.
NÉCROPSIE
Pièvre droite. — La cavité pleurale droite contient à peine
300 grammes d’un liquide complètement purulent, de couleur
laiteuse. Les deux feuillets de la plèvre sont couverts d’une fausse membrane mamelonnée, jaunâtre. Entre les lobes du poumon se voient des amas de fibrine coagulée comparables, pour l'aspect général, à de l'épiploon fortement imprégné de pus.
* Sur le poumon, le feuillet pleural à formé sept ou huit abcès du volume d’une noisette, irrégulièrement disposés sur la face externe du lobe supérieur. Le poumon droit n’a perdu qu’à peu près le tiers de son volume: il est rejeté surle médiastin, mais sa base touche au diaphragme; le tissu pulmonaire est conges tionné ; les bronches sont remplies d’un liquide spumeux, aéré.
. Membre inférieur droit. — Pas de phlébite: abcès diffus dans l'épaisseur des jumeaux, du jambier antérieur et du triceps crural. |
Tous les autres organes sains, excepté une vive congestion de
‘la région des racines et du noyau du pneumogastrique dans le bulbe. Moelle saine, nerfs idem.
-Je supprime le reste de lautopsie qui ne présente aucun intérêt dans le cas actuel.
Cette observation nous semble présenter quelques particularités intéressantes, peut-être bonnes à signaler :
lo La rapidité de la purulence et la mort avec infection purulente en cinq jours, sans presque de reproduction de l’épanchement pleural.
Eneffet, le malade depuis plusiéursjours déjà à l’hôpitalétait à peu près complètement guéri d’un épanchement séreux peu considérable, et qui avait à peine causé une élévation de température de quelques dixièmes de degré. Tout à coup, après une nuit absolument tranquille, sans qu’on puisse avec quelque apparence de raison incriminer la moindre cause, il se fait un épanchement purulent qui, d'emblée, en vingt-quatre heures, arrive à remplir la. cavité pleurale. Ce n’est pas là la marche habituelle de la pleurésie purulente spontanée simple. Chercher les causes de cette particularité serait oiseux et inutile, car on ne peut trouver «qu'un génie épidémique particulier», une constitution médicale régnante et qui s’est traduite par des méningites de même nature.
Mais on peut tirer de cette marche suraiguë d’une affection généralement plus lente un enseignement utile touchant la nature même de la maladie. Appeler un cas semblable «pleurésie purulente » est-ce légitime? Il y avait bien épanchement pleural purulent, mais bien certainement cet épanchement n’était que l'effet d’une intoxication putride, venue je ne sais d’où, je le confesse volontiers, mais réelle,
L’épanchement purulent se produiten vingt-quatre heures, et la mort est imminente par asphyxie le deuxième soir depuis le début du mal. La thoracentèse n'a presque en rien amélioré les symptômes. En faisant disparaître un épanchement considérable elle a fait cesser un état congestif particulier des pneumogastriques dont je parlerai plus tard ; mais.
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la température n'a pas baissé, et le lendemain matin on observait des signes de 1ÿ mphangite profonde dans le membre inférieur droit ; quelques heures plus tard, arrivaient le gonflement, l'ædème dur, et les traînées rouges de la lymphagite. On ne peut que difficilement admettre que l’infection partît de la plèvre ; elle s’était produite d’abord ]à, parce que là elle trouvait une séreuse débilitée par une inflammation récente que c'était un locus minoris resistantie; puis, elle à donné les abcès diffus du membre inférieur droit, et nous avons vu qu'il n’y en avait aucun autre ailleurs dans le siége habituel des abcès métastatiques. Pourquoi dans le . membre inférieur droit, plutôt que dans le foie qui pouvait si facilement être atteint par les puits lymphatiques du diaphragme?
.. Dans les cas d’empyème, on a constaté l’hémiplégie du côté de la lésion et des paralysies vaso-motrices dans les mêmes territoires. Les observations post-pleurétiques sont au moins aussi nombreuses que celles appelées par M. Lépine, à tort ou à raison, pneumoniques. Il n’y a donc rien que de parfaitement physiologique dans la localisation que nous signalons. Au reste, le 13 au matin, recherchant une hémi- . paraplégie possible, nous avons observé un ralentissement marqué de la circulation, une réplétion sanguine considérable qui, quelques heures plus tard, devait donner de l’ædème (paralysie vaso-motrice), et une hyperesthésie marquée. Il y avait, au plus, une impotence fonctionnelle absolue du membre. Nous avons cru à une hémiparaplégie pendant quelques heures; mais, à la contre-visite, déjà les signes d’une inflammation diffuse purulente étaient visibles.
Donc, comme physiologie pathologique, nous voyons : 1° Epanchement purulent dans la plèvre droite encore malade: