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Les symptômes locaux sont, en tel si l'on ne tient compte que d’eux seuls, d’une acuité peu notable, mais d’ une clarté extrême. Cependant, dans un cas (J..., Obs. IV),
la matité faisait complètement défaut ; mais cela tenait à ‘une disposition anatomique spéciale : au lieu d’être épanché dans la cavité pleurale, le pus formait deux abcès entre les lobes du poumon, de façon que, au lieu d’être en contact
avec la paroi, il mettait, au contraire, en relation intime
- avec elle le poumon resté perméable et fortement engorgé.
C'était une pleurésie purulente interlobaire enkystée par accolement de la plèvre à elle-même sur lé bord tranchant des lobes. S
En règle générale, tous les symptômes classiques sont réunis; cependant, ce qui est remarquable, outre la rapidité de formation de l’épanchement, c’est l’état du poumon. Il est comprimé par l’épanchement et s accole au médiastin, mais il reste perméable, et, dès que la thoracenthèse est pratiquée, il reprend immédiatement son volume normal, conditions inverses de celles que l’on observe dans les pleurésies purulentes banales, dans lesquelles, même après évacuation de l’'épanchement, le poumon reste bridé par de fausses
membranes..lci, rien de cela, et pourtant l’état du malade
est presque aussi désespéré après qu'avant la ponction, preuve nouvelle que ce n’est pas la pleurésie seule qui en est cause, et que l'inflammation de la séreuse avec la soustraction brusque de tout un poumon ne cause pas seule la perturbation profonde des fonctions. On peut rendre le
poumon aussi actif que le sain; les organes thoraciques,
s'ils étaient déplacés, peuvent reprendre leur place, et, malgré ces changements, l'état d’ ps lente du malade se maintient ets agerave.
L'œdème de la paroi n’a p2s manqué dans les cas que nous
avons observés, mais il a été limité. — Les phénomènes sthétoscopiques ne présentent rien de particulier; mais on trouvera notée, à la suite d’une observation, la pectoriloquie aphone, immédiatement avant une opération de thoracentèse, qui a donné 3 litres 600 de pus crémeux, un peu sanglant.
Les battements du cœur sont précipités, un peu sourds; la
tension artérielle est considérablement augmentée; le pouls est petit; l’artère donne la sensation d’un fil de fer. Il est de toute évidence que la tension artérielle est considérablement
augmentée; mais ce changement dans la circulation est.
l'effet, pour une certaine partie du moins, de la diminution de la sécrétion urinaire qui est notable et, à son tour, elle produit l’albuminurie que l’on trouve notée dans toutes les observations. Notons en passant que nous aurons à noter, comme troubles de lurination, non seulement de la rétention
d'urine mais encore de l’anurie plus ou moins complète.
Cette tension augmentée du système artériel entraîne, par reflux, une incomplète déplétion du système veineux; cette stase veineuse est surtout notable à la face où la cyanose apparaît rapidement avec un certain degré d’æœdème diffus, ce qui donne au malade un facies qui se rapproche un peu de celui des cardiaques au début d’une asystolie.
Nous n’avons observé ni phlébites, ni thromboses; dans un cas, le membre inférieur du côté de la lésion pleurale a présenté un œdème douloureux considérable, avec un peu de lymphangite profonde, mais il n'y avait point de lésion des gros vaisseaux. Nous n'avons pas cru devoir faire un chapitre d'anatomie pathologique, les lésions observées n'étant pas différentes de celles de la pleurésie purulente; faisons remarquer qu’on trouve à l’autopsie les maïllesde la pie-mère remplies par un liquide citrin et que, dans un cas, nous avons
trouvé des congestions marquées dans le plancher du qua-
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trième ventricule, dans la partie eorrespondant à l’origine ‘du pneumogastrique. Ce sont toutes les lésions circulatoires
constatées dans les centres nerveux examinés cependant avec le plus grand soin. Point de couleur hortensia, malgré lhyperthermie constante dont nous allons maintenant parler. |
Le tracé thermique a été, dansles deux cas les plus graves (la mort étant arrivée avant le sixième jour), excessivement
simple. De la normale, dans vingt-quatre heures, la tempé-
rature est arrivée au delà de 40° et s’y est maintenue depuis jusqu’à la terminaison fatale, sans rémission matinale. Dans deux autres cas, on a observé de grandes oscillations irréœulières, sans qu'il soit possible de rapprocher les tracés ainsi obtenus d'aucun de ceux que l’on décrit comme propres à certaines affections; cependant, l'élévation de la température a été incomparablement supérieure à ce qu’elle est dans les cas de pleurésie purulente.
- Dans un cas, nous avons pris la température locale du côté droit, qui était le siége de la phlegmasie ; elle a toujours été un peu plus élevée que celle du côté sain (quelques dixièmes de degré). (Obs. I.) /
Du côté de l'appareil digestif, une anorexie complète et une soif ardente ont tourmenté les malades dès le début de
- la maladie. La langue était sèche et rouge, avec un piqueté
plus coloré, visible surtout vers les bords. Pas de vomissements, pas de diarrhée. Dans un cas, notamment, il a été impossible de purger le malade.
En cela nos observations diffèrent de celles que nous avons pu lire et dans lesquelles on trouve toujours notée.
une diarrhée plus ou moins intense.
Le ventre était légèrement ballonné, distendu par des gaz. Le foie n’a jamis été trouvé par nous augmenté de vo-
ques
lume, ni la rate non plus. M. Quinquaud note l’absence de ces deux symptômes, et Frantzel, au contraire, en signale
l'existence. L’épanchement est trop peu considérable en gé-
néral pour abaisser le foie ou déplacer le cœur ; siégeant à gauche, il diminue à peine la zone de Traube. :
Nous n'avons pas non plus observé de teinte subictérique de la peau ni des conjonctives. Traitée par le réactif de Gmelin et celui de Petenkoffer successivement, la sérosité louche de l’épanchement ne donne pas les réactions caractéristiques de la présence des sels biliaires, ni de la bilirubine. Les troubles de sécrétion biliaire n’ont pas été assez prononcés pour amener la résorption de la bile; nous ne pouvons donc pas incriminer ces éléments dans la production des phénomènes comateux qui ont terminé la maladie. La vésicule du fiel était vide, le foie gras, sans abcès dans le parenchyme, sans accumulation de bile dans les canalicules biliaires. |
Les désordres de la sécrétion urinaire ont toujours été notables ; dans toutes les observations, l’urine a toujours été rare, riche en urates et a toujours contenu des quantités relativement considérables d’albumine. La quantité normale qui serait par vingt-quatre heures de 1,267 cent. cubes, d’après Becquerel (1), a toujours été au-dessus de 1,300 cent. cubes par vingt-quatre heures. Ce fait semblerait en contradiction avec les faits habituels d’hypersécrétion urinaire dans les cas d'augmentation de pression du système aortique (Rosenstein), mais il faut tenir compte de l'influence contraire exercée par la fièvre. De même, la densité de l’urine était augmentée. Cependant l’excrétion de tous les matériaux de dénutrition accumulés dans le sang par une tem-
(1) Becquerel, Séméiotique des urines, 1841.
pérature excessive a été insuffisante. Aussi ne faudrait-il pas conclure de l'augmentation de densité de l'urine et de l'augmentation absolue de l’urée et de l'acide urique à la non accumulation de ces principes dans le sang. Leur proportion est considérablement augmentée par l’état fébrile, aussi peutil y avoir rétention même avec une augmentation notable des principes excrémentiels de l'urine. Donc, en résumé, il y avait urinémie, c’est-à-dire rétention de tous les éléments de l'urine soit liquides soit solides. Il serait curieux de comparer à ce que Treitz (1) et Jacksch (2) ont donné comme symptômes de l’ammoniémie, les symptômes que nous avons observés vers la fin de la vie de nos malades. Les accès épileptiformes qui interrompent si souvent le coma urémique, les troubles visuels et les hydropisies font complètement défaut dans l’ammoniémie. On remarque une sécheresse remarquable des muqueuses, une toux sèche, de la dyspnée et une adynamie profonde (Ro- senstein). Comme on le voit, il serait assez difficile de faire la part de chaque trouble de fonction dans un état morbide aussi complexe. Nous ne pouvons que faire remarquer l’action du poison infectieux sur la sécrétion de l'urine et dire qu'une partie des phénomènes comateux que nous avons, observés peuvent raisonnablement être rattachés à l’empoisonnement du sang par des matériaux que les reins eussent dû excréter. | . Nous venons de dire plus haut que cet état particulier du sang décrit sous le nom d’ammoniémie produisait une dyspnée intense. Dans les cas de pleurésie infectieuse que nous
(1) Treitz, Prager Viertel Jahrschrift, 1859. (2) Jacksch, Idem, Kœnig, Einige Krankheiten der Nieren.
Kusmaul, Bcitrage zur pathelogie der Harn-Organe.