‹ De La Pleurésie InfectieuseChapitre 7 sur 16 · LIGNES · texte numérisé non relu

LIGNES

avons observés, l'angoisse respiratoire était toujours considérable et indépendante de la quantité de liquide purulent épanché. Mais nous avons observé dans un cas (Observation Ï) un phénomène que nous n'avons trouvé noté nulle part.

Lorsque le malade qui fait le sujet de l'observation voulait boire, il se produisait un spasme œsophagien incoercible et un hoquet irrésistible qui rejettait violemment le liquide par le nez et la bouche. A l’autopsie, nous avons trouvé une congestion évidente du noyau d'origine du pneumogastrique, et cependant le réflexe dont nous parlons a cessé dès que l’épanchement pleural a été évacué. Le malade avait conservé toute son intelligence, toute sa volonté, lorsque le fait s’est produit; il faisait tous ses efforts pour boire, mais le spasme était incoërcible. La voix était un peu éteinte mais non étouffée et le malade pouvait parler. Comme nous le disons dans les réflexions dont nous faisons suivre cette observation, ce réflexe doit être rapporté à l’irritation des fibres pleurales centripètes du pneumogastrique.

D'un autre côté, 1l faut admettre que la compression mécanique, par l’épanchement, mettait ces fibres nerveuses dans une situation particulière, puisque, après l'évacuation de l’'épanchement, les mouvements de déglutition sont redevenus possibles. Mais faisons remarquer aussi que le pneumogastrique et son noyau bulbaire étaient congestionnés. Hors que l’examen histologique a montré une prolifération notable des noyaux du périnèvre le plancher du quatrième ventricule, dans la région correspondante au noyau du preumogastrique, présentait un état criblé incontestable et était coloré en rouge. On ne pouvait incriminer la stase sanguine posé mortem, Car on avait eu soin de faire coucher le cadavre sur la face.

Parmi les réflexes pathologiques, nous avons pu aussi en observer un autre sur lequel nous allons nous arrêter. Je

veux dire l’hémiplégie du côté où s'était produit l’épanche-

ment. |

Le lendemain de la ponction thoracique, qui avait été pratiquée à onze heures du soir, le malade, dont l’état est légèrement amélioré, se plaint de douleurs déchirantes intenses siégeant dans le membre inférieur droit. Le membre supérieur du même côté est douloureux spontanément, mais beaucoup moins que le membre inférieur. À ce moment-là, on observe des paresthésies et du retard dans les sensations:

tout contact produit, au bout de quelques secondes, de la

. douleur mais sans perception nette de la sensation. Le froid et le chaud font la même impression. Le membre supérieur droit présente les mêmes troubles de sensibilité et de motri-

cité, mais il n’est pas froid et légèrement cyanosé comme le

devient l’inférieur du même côté quelques heures après. La cyanose pourtant n’a jamais été considérable, mais il est venu s’y adjoindre un degré d'æœdème assez notable. Puis des rougeurs diffuses ont apparu et enfin, le lendemain, le membre était en abductivn et demi-flexion comme dans les cas de phlegmatia alba dolens. De plus, à ce moment-là, il était facile de constater le début d’un petit abcès périlymphatique au-dessus et en dedans du genou. Dans le membre supérieur, il n’y a qu'une légère stase veineuse, mais pas d’abcès.

A l’autopsie, on trouve du pus dans l'épaisseur des jumeaux mais pas d’abcès circonscrit : le pus était infiltré entre les faisceaux musculaires et on le faisait sourdre en très petite quantité par une forte pression. Pas de phlébite, pas de thrombose dans les veines superficielles ou profondes. La moelle a été examinée au microscope, soit durète dans l'acide chromique, soit fraîche et traitée par l’acide osmique; il ne

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