‹ De La Pleurésie InfectieuseChapitre 9 sur 16 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

si le malade était observé par le médecin alors seulement que la maladie est arrivée à la dernière période et que le sujet est incapable de rendre compte des sensations qu’il éprouve, le diagnostic pourrait être difficile à établir. Mais, hors des cas qui doivent être forcément exceptionnels, c’est chose facile que de diagnostiquer une pleurésie au début, même infectieuse. Cependant est-il toujours facile de dire que la pieurésie dont on observe le début sera ou non un cas de cette maladie à pronostic presque fatal en face de laquelle le médecin est presque toujours impuissant?

La termométrie peut rendre de grands services. Jamais

& dans une pleurésie fibrincuse, si aiguë qu’on puisse la sup

poser, la température n’atteint 40°, surtout dans l’espace de quelques heures. En même temps s'établit, comme nous l'avons dit en parlant des symptômes, une adynamie profonde et insolite, une dyspnée considérable et une sécheresse

toute particulière de la bouche et du pharynx. L'angoisse

respiratoire atteint rapidement le degré compatible avec la vie. Aucun de ces symptômes généraux n'apparaît au début d’une pleurésie simple. Le pneumo-thorax par perforation du poumon chez un tuberculeux a des symptômes trop clairs pour permettre la confusion; la pleurésie tuberculeuse a-une marche plus insidieuse (tandis que la pleurésie infectieuse éclate, en général, en pleine santé). En résumé, hyperthermie brusque (40°), adynamie profonde et rapide,

Re: + AY AR:

— 20 — | dyspnée et angoise respiratoire considérables, sécheresse notable des muqueuses des premières voies, tels sont les symptômes pathognomoniques du début d’une pleurésie

infectieuse.

Il est inutile de parler des symptômes locaux de toute pleurésie que l’on trouvera à peu près toujours si on les recherche. Pourtant il ne faut pas s'attendre à trouver les symptômes classiques dans toute leur netteté. Le poumon en effet, dans la maladie dont nous parlons, est peu diminué de volume en même temps qu’il est notablement congestionné; aussi se produit-il (et c’est surtout quand on ausculte au dos qu’on constate ces faits) de gros ronchus vibrants qui peuvent jusqu'à un certain point faire croire que le poumon engoué touche la paroi costale. La matité elle-même peut manquer, et dans ces cas, nous n’hésitons pas à l'avouer, si le cas est isolé le diagnostic est impossible et le plus plausible sera bronchite capillaire. En général, cependant, la matité est proportionnelle à l’épanchement et perceptible. Il ne pourra donc y avoir d’hésitation qu'entre une pleurésie et une pneumonie.

Mais la pneumonie du sommet seule peut donner un spectacle si mouvementé, et si la matité est linéaire et siége à la base comme c’est le cas ordinaire dans la pleurésie infectieuse, le diagnostic est tôt fait. Je ne parle pas du râle crépitant; queique pathognomique qu'il soit, il peut être voilé par des râles plus sonores, ou manquer. Grisolle (1) n’hésite pas à admettre que le râle sous-crépitant, localisé à unespace restreint, peut être lesymptôme d'une pneumonie. Larapidité de l'accroissement de la matité dans certaines pleurésies

(1) Grisolle, Traité de la pneumonie, 2e édition.

rhumatismales rivalise seule avec celle de la pleurésie infectieuse et les symptômes généraux sont bien différents.

La fièvre typhoïde, d’après quelques-uns, pourrait être confondue avec la pleurésie infectieuse. Cette confusion n’est possible que dans les cas où les symptômes locaux feraient défaut, et jamais dans aucune observation on n’a noté l’absence de la dyspnée et de l’angoisse respiratoire. Le ventre peut n'être pas ballonné et, si l’on peut avoir des renseignements, on distinguera facilement l'invasion subite de la

pleurésie de la longue période &e la fièvre typhoïde. |

= Les symptômes ultimes de la pleurésie infectieuse se rapprochent tellement de ceux de l’ammoniémie qu’ils'en véalisent l’aspect clinique; tandis que dans les pleurésies purulentes,les complications les plus habituelles que l’on observe vers la fin des malades sont de l’æœdème et parfois de l’anasarque:en somme, des hydropisies séreuses; dans la pleurésie infectieuse, au contraire, pas d’hydropisie, de même que dans l’äammoniémie, et un certain nombre de symptômes communs avec cette dernière maladie.

Page 1