‹ De la ploutocratieChapitre 14 sur 72 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

QuaUc millions d’indigents en France, outre les quatre

millions de mendiants.

On est pris d’abord d’un grand étonnement en voyant celte révélation de la statistique officielle ; on a peine à en croire ses yeux. Mais

un autre fait, voisin de celui-ci , vient en démontrer toute la certitude. C’est e nombre des indigents inscrits sur les contrôles des bureaux de charité dans les villes. Il y a tel arrondissement de Pans qui , sur une population de quatre-vingt mille habitants, com[> e annuellement quinze, vingt et l ust l“* 8 quatre mille indigents inscrits sur ses con-

trôles 11 v a telle ville de France, He mis, par exemple, qui, sur une population de trente-six mille aines , compte vingt-deux nu le ®Uvper8

non patentés, dont dix à douze mille déclares

111 « les indigents des villes ne doivent pas être confondus avec les quatre millions de mendiants de la statistique officielle. Ils peuvent bien en fournir un certain nombre ; niais la mendicité étant interdite dans les grandes villes, il reste, outre les quatre millions de mendiants, donnés en majeure partie par la population des campagnes, une masse considérable d’indigents qui ne sortent pas des villes, et ne mendient pas. Ajoutez à cette masse d’indigents officiellement secourus par les bureaux de Bienfaisance ceux qui, réduits au même état de misère, reculent devant la charité publique; joignez-y le nombre constant des malades dans les hôpitaux, ta population des hospices consacrés à ia vieillesse, à l’aliénation mentale, aux maladies incurables, es enfants trouvés, et enfin les délinquants dans les prisons et dans les bagnes , en ne comptant

même que pour mémoire les geôliers et les -espions, dont le salaire, par cela qu’il est ignoble, n’est, au fond qu’indigence, comme celui des prostituées ; et vous trouverez que porter cette classe au même nombre que celle des mendiants, c’est probablement rester audessous de la vérité.

S’il fallait prendre Paris pour le type de la condition des habitants des villes, ce nombre d’indigents devrait être estimé beaucoup plus Çrand. Car il y a telle année où, à Paris, le «ombre des décès dans les hôpitaux, dans les prisons, et à la Morgue, s’est trouvé de quarante-quatre et demi sur cent, comparé au ©ombre total des morts.

Il n’v a donc aucune exagération h supposer qu’outre les quatre millions de mendiants, la France renferme quatre millions d’indigents dont la condition n’est pas beaucoup meilleure.

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