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CHAPITRE XX

Preuve?»

Toutefois, avant de passer aux cotes de la contribution foncière , arrêtons-nous encore un instant sur ces quatre millions sans propriété, et \ riant de salaires, que nous venons de supputer. On nous accuserait sur ce point

de raisonner à la légère, si nous n’ajoutions pas quelques preuves.

On vient de voir que nous composons ainsi ccs quatre millions de salariés :

.Un million et demi d’ouvriers delà population dite manufacturière, vivant assez régïi-

bêlement de salaires pour ne pas tomber dans I indjgence ;

In demi million de marchands ou employés du commerce intérieur et extérieur jouissant de la même condition ;

Un demi million d’aides de l’agriculture n appai tenant pas aux familles agricoles qui figurent sur les registres de l’impôt foncier, £ vivant de même assez régulièrement de sa-

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laircs pour ne pas tomber dans Ja mendicité* Enfin , un million et demi fourni par les professions dites libérales, la classe des fonctionnaires publics, le clergé, l’armée, la marine , la domesticité dans les villes.

Pour mieux démontrer l’existence ou le

nombre de cette dernière catégorie de salariés, rangeons la population urbaine, ou plutôt la population non agricole, en différents groupes, laissant de côté la classe ouvrière proprement dite et les gens qui vivent de leur revenu.

jK vr.: S ■ 9 • >' V - ‘b — ‘A

Premier groupe. — L'année, que i on peut considérer comme une masse séparée d’une* façon permanente des familles où elle se recrute, donne. 300,000' individus,

; La marine militaire. . 50,000 -v Le clergé. ...... 36,000

Les douaniers et autres agents de la perception des impôts ....... 50,000

Total 436,000 individus?

Deuxième groupe . — M. Dutens, dans un ouvrage où il a consigné le résultat de laborieuses recherches (l u fait monter le nombre des domestiques employés au service de la po-

( !) Essai comparatif sur la formation et la distribution du revenu de la France en 481 5 et 1S35, par J. Dulcns, niera- Jbre de 1'/ adénite des sciences morales et politiques de Plu* stitut, anc en inspecteur général des ponts-et-cbaussccs*

puîation industrielle ou (‘es familles riches qui

habitent les villes, à. . . 600,000 individus.

Troisième groupe. — Le même auteur estime la marine marchande et la grande et petite peenes, compris femmes et enfants à ’

environ. 300,000 iÈdi |^

il calcule que le nombre des employés aux transports et aux débarquements pour le commerce intérieur, ou ex-

térieur , s’élève, compris femmes et enfants, à. .

Total.

580,000 individus.'

Quatrième groupe. — M. Dutens porte le nombre des entrepreneurs de travail, y compris femmes et enfants,

à 170,000 individus.]

Et le nombre des armateurs, familles également comprises, à. . , 64,000

Total “234,000 individus.'

Cinquième groupe, — Il calcule le nombre des vendeurs ou marchands, avec leurs commis et fleurs familles, à. . . G2Æ, 000 individus.

Et le nombre des employés au service du commerce extérieur, à titre

de commis, de vériüca-

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leurs , d’assureurs, etc., toujours avec leurs familles, à * « 64,000

Total.

688,000 individus, j

Sixième groupe . — Quant aux professions dites libérales, savants, hommes de lettres, architectes, médecins, avocats, peintres, musiciens, hommes d'affaires, hommes de lois, etc., il estime qu’elles donnent 45,000 familles de quatre .personnes, ou 180,000 individus.

Enfiles 30,000 fonc- ‘ - J

tionnairès publics supé , rieurs des divers minis^

lères de l’Etat représen« | tent, à quatre personnes ; également par famille. .

Total.

300,000 individus. i

Que l’on examine attentivement ces diverses catégoiies, et Ion verra qu’elles embrassent sans exception tous les genres de professions et de métiers qui se remarquent dans la population urbaine ou industrielle, abstraction faite des ouvriers proprement dits, des indigents, des voleurs, des filles publiques, des malades dans les hôpitaux et hospices, et des bourgeois vivant de leur revenu.

«.. Ce , Ue remar< l ue faite > voyons ce que les diflül l llls ^ ,j upes que nous avons distingués nous

Le premier groupe, composé des soldats, des marins, des douaniers, et de la milice dur

cierge, peut etre considéré en masse comme

étant dans cette condition.

Le second groupe, celui des domestiques, est clans le même cas. * 5

Le troisième groupe se compose des familles appartenant à la marine marchande , à la grande et petite pêches, et des familles de voituriers, de caboteurs, de forts des ports, etc. Il est évident qu’une certaine proportion de ce® tannl les doit figurer sur les registres de l’impôt foncier à titre de propriétaires de maisons. Un grand nombre des pêcheurs du litto— t al , par exemple, possèdent leur cabane.

Néanmoins nous porterons la totalité de groupe au chiffre des salariés.

id.n . par compensation nous supposerons que le quatrième groupe tout entier ne doit pas entrer dans ce chiffre. Il se comnose des entrepreneurs de travail et des armateurs.

Presque tous ces chefs de l’industrie doivent st* retrouver pour nous } lus tard sur les registres de l’impôt foncier.

Quant au cinquième groupe , celui des marchands en détail et employés du commerce intérieur et extérieur, nous ne devons pas le fait! entrer ici dans notre calcul; mais nous ferons remarquer que le chiffre donné par M. Dutens, qui élève cette classe à 688,000 individus, confirme la supposition que nous

avons faite d’un demi-million de salariés donnés p a r celle classe seule.

Enfin, pour le sixième groupe, celui aes professions libérales et des hauts dignitaires de l'Etat , nous supposerons que les salariés sans propriété foncière y sont en même nombre que les propriétaires fonciers.

Cela posé, voici ce que les six groupes nous donnent de salariés :

•Premier groupe .

Deuxième groupe.

Troisième groupe.

■Quatrième groupe Cinquième groupe Smème groupe .

* ri t

Total.

Cr ri'Siili.it confirme ampleoient ce <j u:e nous

a ions supposé. Car si à ce nombre de 1, 766, 00t : mous ajoutons un million et demi d’ouvriers " 131,1 régulièrement de salaires sans tomber ««ans I indigence, plus le demi-million de débitais et vendeurs de tous genres, plus enfin un denu-m. bon d'aides de l’agriculture vivant t’galninent de salaires réguliers sans tomber

dj " s la mendicité, nous aurons plutôt cino Oidlions que quatre. . ^

de nmntT" • e " e , ffet qu ’ en flellors des cotes

te croyons qug 11. de Rnmbute ,u et les stt tisticiens qui ont calculé comme lui £e trotn-

pent, lorsque, des dix millions de cotes de l'impôt foncier, ils concluent vingt-deux à vingt-cinq millions de participants à cette propriété foncière. Ou ils ne comptent pas assez de cotes par propriétaire, ou ils évaluent la famille dans ces classes à un chiffre trop élevé. Mais comme nous ne voulons rien changer à leurs bases sous ce rapport, nous supposerons que les prolétaires non inscrits sur les registres de la propriété foncière ne s’élèvent qu’à douze millions.

Il est temps maintenant de prendre la grande charte de la propriété, c’est-à-dire les registres sacro-saints de l’impôt foncier

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