‹ De la ploutocratieChapitre 47 sur 72 · FL · texte numérisé non relu

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» grand nombre , la permettent avec autorisa- » tion, et même la tolèrent sans condition.

» Quant à toutes nos communes rurales, Paul » torité laisse circuler librement, de porte en » porte, le pauvre qui mendie, etc., etc.» Mais l'administration a enfin jeté quelque jour sur ce coté de la plaie sociale.

Le 2/i février 1840, une circulaire partit du ministère de l'intérieur, adressée à tous les préfets. « Il a semblé à l'administration , disait » cette circulaire, que Je temps est venu de » s’occuper de ce grave sujet, la mendicité, et » de préparer les éléments d’une législation » nouvelle. » Une vaste enquêta était donc ordonnée, à l’elfe t de dresser une statistique générale et aussi détaillée que possible de tous les pauvres et mendiants de chaque département.

L’enquête a eu lieu ; dc-s commissions communales, cantonnâtes, et d’arrondissements, ont transmis à une commission centrale , établie dans chaque préfecture, leurs réponses à toutes les questions contenues dans six vastes tableaux, préparés avec soin parles statisticiens ministériels. L’enquête a eu lieu, dis-je ; e;!

a duré deux ans, elle est terminée. Or quel en est le résultat ?

Une note qu’on a tout lieu de croire officielle, insérée, il y a trois mois, dans les jo u r-

nailx ministeriels et autres, en rappelant cette

enquête et en annonçant la préparation d’un projet de loi bien nécessaire sur la mendicité, poi te la statistique des mendiants à quatre mil*

lions. Ce nombre est effrayant sans doute, et toutefois ne paraît nullement exagéré. Car si la population urbaine, montant à 10 ou j 2 millions, donne quatre millions d’indigents, peuton s’étonner que le reste de la population , montant à 23 ou 25 millions, donne quatre millions de mendiants ?

2° Après ces huit millions, qui forment ce que les statisticiens appellent les classes infimes de la société, il faut distinguer environ quatre millions de salariés sans aucune propriété foncière. Ce nombre est un minimum certain , et on peut dire incontesté. Car les supputations même exagérées que l’on déduit des cotes de

l’impôt foncier n’élèvent le nombre des participants à la propriété foncière qu’à vingt-deux millions. Or, la population générale étant de trente quatre millions et demi, il reste douze millions et demi de Français en dehors de cette propriété foncière. Donc, les classes infimes étant calculées à huit millions , il se trouve en-

core un excédant de quatre millions et demi [de salariés sans aucun titre de propriété foncière* Ne voulant néanmoins rien changer aux bases de calcul employées par M. de Rambutçau, dans son Rapport de 1833 (1), et par quelques statisticiens à sa suite, nous n’avons porté ce

(\) a Le sol de la France est possédé par p 5 ns de cinq mil* * lions de propriétaires chefs de famille , représentant emîroiï » vingt-deux à vingt-cinq millions de la population. » ( llaji*

port à la Chambre des Députés, Avril 1833.)

i Qh DE LA PLOUTOCRATIE. „

nombre qu’à quatre millions, que nous avons répartis, d'après des données probables, de la manière suivante :

Un million et demi de la population dite manufacturière, vivant assez régulièrement de salaires pour ne pas tomber dans l'indigence;

Un demi-million de marchands eu employés de commerce intérieur ou extérieur jouissant de la même condition;

Un demi-million d'aides de l'agriculture

n’appartenant pas aux familles agricoles qui figurent sur les registres de l’impôt foncier, et vivant de même assez régulièrement de salaires pour ne pas tomber dans la mendicité;

Enfin . un million et demi fourni par les professions dites libérales, la classe des fonctionnaires publics.. Je clergé , l’armée, la marine, la domesticité dans les villes.

3° Nous avons suivi, pour le surplus de la population, les indications positives fournies par les registres de l’impôt foncier.

A 2 ‘cotes 1/5 pour un propriétaire, ce qu est l’estimation que font les statisticiens un peu

moins téméraires que M. de Rambuteau, et à

cinq personnes par famille, les huit millions de cotes de 5 francs 05 centimes en moyenne donnent dix-huit millions d’individus ayant un revenu de dix-huit francs.

D’après la même estimation, les deux millions cent soixante mille cotes de Cl francs en moyenne donnent quatre millions cent cinquante raille individus ayant un revenu do 128

francs, et sept cent cinquante mille ayant un revenu de Zs91 francs.

Enfin, les cent mille cotes dont la moyenne est 656 francs donnent quarante-six mille propriétaires chefs de famille, représentant deux cent trente mille personnes jouissant d’un revenu foncier officiel de deux mille francs.

Ce calcul des cotes de la contribution foncière, dans lequel, nous le répétons, nous avons tenu à suivre les bases adoptées par nos adversaires, nous a conduit à une évaluation

supérieure au chiffre de la population véritable. Mais nous avons montré que l’objection que l’on nous ferait sur ce point tournerait à notre avantage. Le nombre des propriétaires ne peut que diminuer à cette objection , tandis que celui des prolétaires ne peut qu’augmenter.

L’erreur, en un mot, ne porte pas sur les trois premières classes, celle des mendiants, clés indigents, des salariés sans propriété foncière; elle porte sur les familles participant à la propriété foncière, qui ne doivent pas être calculées si haut.

Dans ce qui va suivre , nous ne prendrons pas la peine de rectifier cette erreur. L’intérêt de la vérité ne l’exige nullement. Il est trop évident qu’il ne s’agit pas pour nous d’une statistique exacte de la population numérique , ni d’une appréciation parfaitement rigoureuse de la part du salaire et de la part du revenu net, mais uniquement des rapports généraux des différentes classes , et d’une appréciation

fr

approximative des salaires et du revenu net.

En résumé donc, voici ie classement général et par grandes masses que nous avons obtenu

1" classe. ♦ 6,000,000 mendiants.

2* CLASSE. . 6,000,000 indigents.

! ' salariés sans aucun

titre de propriété / * ^

, foncière.

ne possédant pas l’instrument de travail nécessaire à leur subsistance, mais n’ayant que le logement ou un morceau de terre d’un revenu équivalent à ce logement.

( jouissant officiel [c- 5 e classe. • A, 150,000 \ ment d’un revenu

( foncier de 128 fr.

- ( jouissant officic'Ic-

C classe, « 750,000 \ ment d’un revenu

f *H ' foncier de 691 fr.

( jouissant officiellement de deux mille

livres de rente en

propriété foncière.

fr classe. . 18,000,000

total , 35,130,000

Ou, en renversant ce tableau, pour présenter la pyramide sociale dans le sens où l’on est habitué à la considérer, et en réduisant ces nombres à ceux des chefs de famille :

Familles propriétaiveaj

66,000 grands propriétaires.

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