‹ De la ploutocratieChapitre 49 sur 72 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Suite. — Classe des indigents.

La seconde classe , que nous avons nommée des indigents , et qui compte également quatre millions d’âmes, doit être évaluée un peu plus haut, quant à la subsistance.

Ce n’est pas qu’il y ait une grande différence entre la condition de la majorité de cette seconde classe et celle de la majorité de la première ; mais les indigents vivent dans les villes, !; ù tout est plus cher. Nous avons fait figurer dans cette classe les malades des hôpitaux et les prisonniers, dont l’entretien, en général, excède de beaucoup 25 centimes. A Paris, on n a pas pu réduire à moins de 80 centimes par jour la dépense des individus renfermés dans les grands hospices de Bicêtre et de la Salpêtrière. 11 est vrai que dans certains hôpitaux des départements, on est parvenu, avec 49 centimes pour chaque malade, à suffire aux frais de nourriture, de vêtements, de chauffage, d’éclairage, de pharmacie, de solde d’employés et même d’entretien des bâtiments. Le gouvernement alloue aux départements 40 centimes par tête pour les détenus. Mais il faut considérer, d’un autre côté, que la majorité de celle classe indigente vit beaucoup plus mi-

sérableroent que les prisonniers. D’ailleurs , elle compte un grand nombre de vieillards et d’enfants (J). À cinq sous par tête, une famille composée de cinq membres réunirait 25 sous en argent ou en nature. On ne peut pas supputer que la moyenne excède ce taux. Il ne faut pas oublier que cette classe est tellement soufirante, que la mortalité y est deux fois aussi considérable que chez les riches, et que c’est elle qui alimente continuellement les hôpitaux et les prisons. Nous admettrons donc pour elle ] évaluation des statisticiens , le taux moyen de 25 centimes .par jour, ou de 91 fr. 25 c. par année pour chaque individu; ce qui fait pour

les quatre millions d'indigents un total annuel de 365 millions.

Comment cette classe se procure-t-elle cette

somme? En partie par le travail, sans doute.

Cette classe est, comme nous l’avons déjà dit, une sorte de cap ut morluum que l’industrie^ et surtout l’industrie manufacturière, prend à son service quand elle a besoin de bras, et abandonne sans pitié quand elle n’en a plus J)esom. Pour le surplus, les fonds des hospices et des prisons, et les secours des bureaux de cnariie-, viennent s’ajouter à ce que rapporte une multitude de poils métiers dans les tilles

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cuie en constance est soigneusement mentionnée.

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