‹ De la ploutocratieChapitre 64 sur 72 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

Du milliard politique, cl pourquoi il est à la disposition

du revenu net.

Puisque ces cinq classes payent, au minimum, 897 millions d’impôts, tandis que les deux autres classes n’en payent, au maximum,

(1ï Voyez dans la Première Partie, ch. vi, le tab’eaq des rôles fonciers Les huit mit I ons de petites cotes ù 5 fr. 95 c. en moyenne et le* antre* entes au-dessous de 100 fr. pavent ensemble la moitié de l’impôt foncier. Les 190,000 grands et moyens propriétaires payent l'autre moitié, parcequ’ils possèdent ù eux seuls la moitié du sol et des maisons.

que 233 millions, il semble que ces inq

classes devraient avoir part à l'administration

du milliard qu'elles payent presque à elles seules.

11 n’en est pourtant point ainsi. Ce sont les deux classes qui ne payent, au maximum, que 233 millions, qui ont seules l’administralion du trésor national.

Voilà, certes, un fait bien étrange! Quoi!

nous sommes trente-quatre millions, et" vous n êtes qu un million ; ni outre, nous payons pour former l’Etat, S97 millions, et vous riVn payez que 233 : et pourtant c’est vous qui êtes l’Etat, 4 et nous, nous sommes hors de l’Etat ; vous êtes dan> la cite, et nous à la porte!

Le fait peut paraître prodigieux ; mais il est cet tain : voyez la loi électorale. Cent quatrevingt mille électeurs pour près de trente-cinq milbous de Français. La loi électorale n’en donne pas davantage. Donc le fait est certain Les contribuables pour 897 millions au milliard de 1 Etat sont exclus intégralement de l Etat; et ce n’est pas assez que les 196,000 ciefs de famille du revenu net jouissent de la disposition économique de leurs trois milliards mut cents millions, ils disposent encore exclusivement du milliard politique prélevé sur les salaires. Etonnez-vous, mais reconnaissez oue Je fait est certain.

, * 1,1,1 c i' 1 t<l ' iJ H 1 *! es C il n’en est pas moins étrange. D’où l’Etat , je | c demande , tire-t-il

fia naissance? De ce milliard que fournit Fini-

pot. Otez ce milliard , l’Etat peut-il exister ? qui voudra être roi, ce milliard ôté? qui voudra être ministre, je dirai même député, bien que les fonctions de député soient, comme chacun sait, gratuites, et ne rapportent rien? qui voudra être ambassadeur ou préfet? qui voudra commander l’armée, qui voudra juger, qui voudra faire la police? Le milliard politique est le pivot de l’Etat, puisqu’il est le pivot des fonctionnaires. Eh bien , peuvent dire les classes populaires, c’est nous qui le payons, ce précieux milliard, moyennant lequel la France a des ministres, des juges, des guerriers, des professeurs et un roi. C’est nous qui le payons ; mais ce n’est pas nous qui l’administrons:

pourquoi cette injustice!

A cela qu’ont à répondre les hommes du revenu net?

Leur réponse est plus facile qu’on ne rima* gine.

Non, peuvent-ils dire au peuple, ce n’est pas vous qui payez ce milliard fondamental sur lequel s’élève l’édifice politique. 11 est bieu vrai que ce milliard est perçu presqu’en totalité sur vos salaires; mais si l’impôt n’enlevait pas sur ces salaires les 897 millions par lesquels vous paraissez contribuer aux charges de l’Etat, nous diminuerions vos salaires „dc ces 897 millions, en vertu de la loi de la concurrence que vous vous faites les uns aux aux autres; et par conséquent vous en seriez précisément au point où vous en êtes. Votre

sort serait identiquement le même. La loi économique est invariable et forte comme le Destin.

Voilà, dis-je, ce que peuvent répondre les privilégiés du revenu net, et cette réponse est solide. Oui, avec la loi économique actuelle, le revenu net a droit à tout, est maître de tout, il ne laisse au peuple que ce qu’il veut bien lui aisser; tout le reste est à lui, parce que tout est à lui. Si donc il ne laissait pas au peuple ces 897 millions que l’Etat pressure à titre d’impôt, et qu’il laisse dans le but que ces 897 millions serviront à payer cet impôt, le peuple verrait inévitablement ses salaires diminuer d autant. Donc le peuple ne paye le milliard politique que nominalement , et par une sorte de iction. En réalité, c’est le revenu net qui le paye; seulement le revenu net aime mieux que l’impôt soit perçu de cette façon.

Mais, à leur tour, les classes populaires, qui contribuent, au moins nominalement, pour 89/ millions au milliard politique, auraient une réponse catégorique à faire aux hommes du revenu net. Cette réponse la voici ;

\otre loi économique, qui donne tout au revenu net et rien à riiumanité, est contraire à la volonté divine , au bon sens, à l’équité ; nous

demandons qu’elle soit changée*

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