‹ De la pluralite des races humainesChapitre 20 sur 50 · CHAPITRE n. PSYCHOLOGIE COMPARÉE. fil · texte numérisé non relu

CHAPITRE n. PSYCHOLOGIE COMPARÉE. fil

son origine première en eux-mêmes ou dans leurs rapports mutuels les uns avec les autres, sans que l'éducation y fût pour rien (1).

Enfin, il est dans l'histoire du langage desbctes un fait capital et qui mérite qu'on en étudie toutes les circonstances, c'est la perte de l'aboiement chez le chien revenu à l'état sauvage (2); ce qui semble prouver que l'aboiement n'est qu'une manifestation factice, un signe artificiel dont nous avons appris ou imposé au chien l'usage, mais dont il n'a pas compris l'application dans les rapports d'individu à individu, dont il n'a pas su faire partager ou transmettre l'usage à ses semblables, et que lui-même a oublié quand les circonstances l'ont ravi à l'influence civihsatrice (?) d'un être supérieur.

Le langage des bêtes est encore une question

(1) On peut citer les faits suivants :

Dans les fermes de basse Normandie on voit toujours (?) les dindons répondre par un gloussement à certaine articulation particulière et complexe que peut produire le premier venu.

Les Orientaux savent de même exciter Tâne à la saillie.

Pour faire agenouiller un chameau, le Bédouin emploie une sorte de râlement guttural qui n'est d'aucune langue et qui doit avoir la même propriété, je crois, sur les chameaux non dressés.

(2) Voy.Flourens, Histoire des travaux de Buffon. Paris, 1844.

— Prichard, Hist. naturelle de l'homme. Paris, 1843, t. I, p. 48.

— Morel, Des dégénérescences dans l'espèce humaine, p. 21. Paris, 1857. — M. Roulin a remarqué que quelque chose d'analogue avait lieu pour le chat, qui perdait à l'état sauvage ces miaulements importuns que font entendre si souvent, pendant la nuit, nos races d'Europe. Cf. Mémoires du Muséum,\ol. XVII.

d'obscurité, mais féconde peut-être en faits nouveaux. Si Apollonius de Tyane et les anciens philosophes n'ont pas compris aussi bien le langage des bêtes qu'on a bien voulu le croire, au moins n'ontils pas eu tort de diriger leurs recherches de ce côté; et peut-être, étudiant mieux les animaux, arriveraiton à la démonstration scientifique de celte vérité banale, reconnue de tous ceux qui vivent avec certains animaux, à savoir : qu'ils peuvent nous comprendre et qu'ils se font comprendre dans certaines Hmites.

Longtemps on a cru que l'intelligence et la pensée étaient à l'homme seul, réservant l'instinct aux animaux et à l'homme. — Cette opinion tend chaque jour à se modifier , nous croyons l'avoir montré.— Quelque chose de semblable aura nécessairementlieu pour le langage mieux étudié, et là, comme pourl' intelligence, comme pour l'organisme, on arrivera sans doute à démontrer une imité de composition qu'on peut admettre à priori comme nécessaire dans le règne organique, une gradation nouvelle dont chaque terme sera corrélatif à ceux des deux autres. Tout être vivant étant composé d'éléments semblables, toujours agencés de même, mais offrant dans la grande majorité des cas un degré différent de développement, et que nous prenons pour des dissemblances, pour des parties nouvelles, faute d'études approfondies. Comme on croyait autrefois

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