‹ De la pluralite des races humainesChapitre 23 sur 50 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

l'ordre des bimanes.

« L'homme, a dit Charles Bonaparte, peut être « considéré comme constituant à un point de vue « une simple famille; à un autre, un règne tout en- « tier. » Mais il ajoute avec raison que dans ce second cas « les caractères ne seraient pas en harft monie avec le reste du système, » c'est-à-dire que cette seconde hypothèse est à rejeter, — l'harmonie étant la condition nécessaire de tout système. On ne peut pas arbitrairement donner aux mômes caractères une valeur difîérente, et réciproquement des divisions de même ordre doivent nécessairement répondre à des caractères de même valeur.

L'ordre des Bimanes a-t-il sa raison d'être? estil «l'immédiat et nécessaire résultat des rapports « naturels respectivement appréciés dans leur de- « gré? » — « Non, a répondu E. Geoffroy dans d'éloquentes pages, cet ordre est à supprimer » (1).

E. Geoffroy avait vu, dans les bazars du Caire, les artisans se servir de leur gros orteil pour mille usa-

(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. II, p. 581 .

ges de préhension. Savons-nous encore comment ces races grimpantes, que nous avons signalçes, se servent de leurs pieds, et ne sommes-nous pas entraînés à penser qu'ils saisissent de la même manière les branches des arbres où ils passent une partie de leur vie. Un Barabra, un nègre à cheval, prend de préférence la courroie de l'étrier entre les pouces et les autres doigts : ainsi monte toute la cavalerie abyssinienne (1). Si le fait rapporté par Bory des résiniers des landes ne s'est pas trouvé confirmé (2), toujours nous avons vu les Nubiens Barabras monter à la grande vergue des dahabiehs du Nil en saisissant au-dessous d'elle, avec le gros orteil, la corde qui soutient la voile. Le pied, quand son action n'est pas paralysée par l'habitude d'une chaussure, est éminemment apte à la préhension.

Et si certaines races d'hommes semblent trèspropres au mode de vie que mènent les quadrumanes, semblent bien constituées pour vivre dans les arbres , il n'y a rien là qui doive étonner, rien que de très-naturel et très-conséquent. On a dit l'homme frugivore ; s'il l'est au même titre que les singes, de par son système dentaire, l'homme devait avoir tout son organisme plus ou moins modifié en raison de cette finalité ; il devait posséder des moyens de locomotion tels qu'il fût capable de se procurer

(\) Yoy.Sketches of central Africa.

(2) Cf. Is. Geofiroy, Histoire naturelle générale, t. II, p. 200.

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