CHAPITRE 111. — l'ordre DES BIMANES
antliroponiorphes sont un véritable terme moyen entre l'homme et les autres familles de singes.
On a proposé d'étendre la signification du mot main; même en la restreignant, avecLinné, de Blainville et Cuvier, à une extrémité formée de doigts mobiles et d'un pouce opposable, on voit que l'homme a, en réalité, quatre mains, ce nom s'appliquant fort bien au pied, où le pouce, dans l'état de nature, est très-écarté des autres orteils, ainsi que E. Geoffroy Saint-Hilaire en a déjà fait la remarque (d).
L'homme pouvait donc, et devait, lui aussi, être considéré comme quadrumane. Alors, ce n'est plus dans la présence des mains ou d'organes de préhension en tel ou tel nombre, qu'il faut aller chercher les caractères distinclifs de la division spéciale qui comprendra le genre Homme et ses différentes espèces; c'est dans un caractère remarquable par sa constance jusque dans les races les plus dégradées, les plus animales, et qui les distingue tout d'abord du groupe qui suit immédiatement l'homme dans la série zoologique. Ce caractère sur lequel a insisté, après les deux Cuvier, mais avec une force toute nouvelle, M. R. Owen en divers endroits (2), est la contiguïté et la continuité des dents, dont aucune ne dépasse jamais le niveau des autres.
(1) Comptes rendus de l'Académie des sciences, vol. II.
(2) Odontographxj . London, 1840, p. 452. — Catalogue de la collection huntérienne, Ostéologie, t. Il, p, 800.
Ainsi pour l'homme, comme pour le restant des mammifères, c'est le système dentaire qui nous donnera la meilleure caractéristique. Nouvelle preuve que l'étude de l'homme et celle des animaux doivent procéder par les mêmes méthodes; preuve encore, que ces deux études sont les deux branches parallèles, intimement unies, d'une seule et même science.