CHAPITRE VI. INFLUENCES. — CLIMATS. H
mené au même type que les habitants du lieu.
Cabanis seul de nos jours a osé aller aussi loin (1).
Laissant ces exagérations évidentes, arrivons à l'examen de théories, sinon plus exactes, au moins qui ont pu revêtir quelque temps les apparences de la vraisemblance.
La couleur de la peau, le teint noir des nègres qui préoccupa si vivement le monde savant au siècle dernier, fut généralement regardée comme résultant de l'action du ciel et du calorique (2), Personne ne pensait guère à s'élever contre une opinion généralement admise, et que tout semblait justifier. Ce ne fut que quand on connut mieux les conditions climatologiques de notre planète, qu'on se prit à douter.
Lorsqu'on jette les yeux sur une sphère et qu'on cherche à se rendre compte des aires des différentes races, eu égard à la couleur, elles apparaissent par taches et non par bandes parallèles. On aperçoit, fait curieux, la race blanche et la race
(1) Rapports duphysique et du moral, an XIII, t. H, p. 294. Paris.
(2) Il y eut quelques exceptions :Kant attribuait cette même couleur au fer précipité parla transpiration de l'acide phosphorique ! — Voy. sur la même question : Mémorial de Trévoux, t. LXXIV, p. 1153. — Blumenbach (De generis humani varietate nativa, p. 63) donne la liste de tous ceux qui avaient écrit alors sur ce sujet. Citons seulement ici J. Hunter, Lecat, Camper, Newton lui-même (proposition VII) ! Cf. Mitchell, Philosophical Transactions, t. XLIII, p. 126. An essay vpon the causes ofthe différent colours ofpeople in différent climates.
noire, les deux extrêmes, se touchant, serrées l'une contre l'autre, rejetées vers les limites occidentales du continent et entourées au nord, à l'orient et au midi, par un vaste cordon de populations ayant une teiiite intermédiaire : les Lapons au Nord, les Malais et les Australiens à l'Est, les Australiens et les Boshisman au Sud. Les Américains pourraient former, à la rigueur, le quatrième côté de cette sorte d'encadrement qui enveloppe les blancs et les nègres, allant ainsi d'un pôle à l'autre et nous faisant douter que le climat ait la moindre influence sur cette coloration que nous retrouvons la même dans les glaces du pôle, et, à l'équateur, sur le continent australien.
Mais le fait le plus saillant (1) est cette homogénéité bien connue, bien constatée de la race Américaine, homogénéité bien curieuse et qui s'étend comme pour porter le défi à ces prétendues influences climalériques, sur une ligne justement per- Dendiculaire à la direction des lignes isothermes.
L'équateur thermal lui-même ne coïncide pas
(l)Pour les faits sans nombre de coloration différente dans de$ conditions identiques ou de coloration identique sous des influences diverses, cf. Morton, Crania amencano, introduciion. — G. W. Earl, Papuans. — Bérard, Cours de physiologie, t. I, p. 457. Crawfurd, Hisl. of the Indian Archipelago. — Encyclopœdia Britannica. — Knox, The Races of man, p. 88. — Desmoulins, Hist. naturelle des races humaines, p. 168. — Lawrence, Lectures. — H. Smith, Nalural Hist. of the humanspecies, p. 203. -- White, Regular Gradation of man, p. 113, etc.