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CHAPITRE VI. INFLUENCES. CLIMATS

avec le centre des populations rnclaniennes; ainsi, li par exemple, en Afrique et en Arabie, il passe par p des pays habités depuis les temps historiques par la / même race sémitique. Or, si la peau des Arabes s'est fortement tannée à rester exposée à toutes lesp intempéries, voyons-nous que leur grand et beau nez b aquilin qui « tombe royalement sur leurslèvres (1), »\q. ait la moindre tendance à devenir épaté comme ce- o lui des nègres? et cependant, ils sont dans les plus brûlantes régions de la terre, plus chaudes certai-n neraent que celte Afrique centrale avec ses marais, ^ ses pluies périodiques el ses immenses forêts qui, en fournissant à une évaporation considérable, doivent abaisser sensiblement la moyenne thermale. Ce n'est pas à dire, cependant, que la chaleur y soit p plus supportable ; on sait que la chaleur sèche du ) désert altère bien moins l'économie que l'atmosphère chargée de vapeurs. Constatons seulement? e qu'on ne connaît pas bien encore les conditions ri météorologiques des pays occupés par la race nè-al gre. La comparaison des climats de certaines (t régions de l'Afrique centrale et de l'Amérique, les m chaleurs moyennes et extrêmes, l'hygrométrie 'j comparée de ces deux régions pourront donner^

{{) 11 faut avoir vu le Bédoiiin fièrement drapé dans ses haillons, et marchant d'un air de roi au milieu des citadins qu'il méprise, pour sentir combien on peut lui appliquer avec justesse cette expression qu'emploie M. Michelet en parlant du chef-d'œuvre de Jean Goujon. \» )

lieu à des rapprochements remarquables. C'est ainsi qu'en Cafrcrie il est si loin de faire chaud, que souvent les gelées nuisent aux moissons (1).

Ces aptitudes morales, si tranchées, si profondes qu'elles sont accessibles à la classification, nous devrons donc les mettre aussi sur le compte des impressions reçues ; nous admettrons qu'un peu plus ou moins de froid, ou de chaud, modifiera aussi sensiblement les sentiments, les pensées, tout le monde moral de tels ou tels hommes (2) ; et pourquoi pas leur langage?

Disons de suite que ce n'est pas seulement de nos jours qu'on a commencé à douter de telles merveilles. Bacon, l'expérimentateur, avait remarqué que la chaleur ne noircit pas les \itriers (3) ; Hunter, que les divisions de coloration ne répondent pas aux divisions climatériques. Camper, qui admettait aussi que toutes les variétés ne résultent que des influences extérieures, reconnaissait avec bonne foi qu'elles ne suffisaient pas à expliquer pleine— ment (4) , et la proéminence du maxillaire, chez le nègre, et celle des os malaires chez le Kalmouk, et l'obliquité des yeux des Chinois et des Malais, etc. On peut en dire autant de tous les autres phéno-

(1) Cf. White, Accountof the regular Gradation of inan, p. 103.

(2) Cf. Scheffer, Hislory of Lapland,et Smith, Sketches, p. 27.

(3) Cf. Milchell dans Philosophical Transactions, t. XLllI.

(4) White {Ibid., p. 55) traduit : « cannotbe fuUy explained. »

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