CHAPITRE VI. INFLUENCES. CLIMATS
mènes du même ordre, l'épatcment du nez, l'état crépu des cheveux, le pigment noir qu'on retrouve jusque sur la voûte du palais des nègres, etc.
Nous devons encore à Camper une autre réflexion extrêmement juste : « La couleur noire, dit-il, « qu'affectent les parties naturelles chez les deux « sexes, et même chez les individus les plus blancs, « prouve clairement que notre membrane réticu- « laire ne tient sa couleur que du sang (i). » Il y a longtemps que ce seul fait aurait dû donner une impulsion plus rationnelle aux recherches sur ce sujet.
Que si l'on veut étudier, sans idées préconçues, expérimentalement, la question des influences extérieures, on arrive à cette conclusion :
1° Les faits observés ne la justifient pas;
2° Si on ne peut alléguer aucune preuve absolument positive contre elle, on peut du moins trouver de fortes présomptions pour la rejeter.
Quel peuple a été transformé? nous ne pouvons répondre : nous n'en connaissons pas. La théorie monogénique n'a jamais été expérimentale, partant jamais positive.
Les polygénistes peuvent-ils trouver à l'appui de leurs idées des faits concluants? Non plus, car on peut toujours leur objecter que les exemples qu'ils citent ne remontent qu'à cinq ou six siècles; que
(1) Dissertation physique sur les différences des traits du vi~ tage, p. 17.
c'est là un laps de temps insuffisant pour produire aucun effet sensible, et que peut-être 50 ou 60000 ans de séjour, sous des influences nouvelles, ont • pu transformer une population.
Une seule chose succombe irrémédiablement dans le débat, c'est la chronologie de Port-Royal qui . assigne 4000 ans comme la durée écoulée depuis l'apparition de l'homme sur la terre jusqu'à la naissance de Jésus de Nazareth. Or , nous avons des monuments de 3000 ans qui prouvent péremptoirement que les transformations les plus tranchées étaient accomplies à cette époque ; restent \ 000 ans, et nous sommes nous-mêmes en état de prouver qu'au bout de la moitié de ce temps une race transplantée se reproduit encore semblable à elle-même.
On pourrait alléguer bon nombre d'exemples, nous n'en citerons que quelques-uns :
Les faniilles espagnoles et portugaises établies au Brésil, et qui ont évité avec soin les mélanges, n'ont rien perdu de leurs caractères originels (1).
Les Islandais ne sont pas devenus Lapons dans leur île, et voici 800 ans qu'ils y sont établis, ils sont aussi blonds, aussi Germains qu'au premier jour (2).
(1) White, Regular Gradation of man, p. 112. — Mortoii, Crama americana, introd. — l 'rince de Wied, Voyage au Brésil t. Il, p. 310. — Bory Saint-Vincent, Essai zoologique sur le genre humain, t. II, p. 20.
(2) Indigenous races of the Earth, p. 585. — Desmoulins, Histoire naturelle des races humaines, p. 162.