CHAPITRE VI. — INFLUENCES. CLIMATS. 12S
A Cochin, au Malabar, est une tribu juive clablie là depuis longtemps, sans faire cependant remonter comme elle son origine à la captivité ; elle est restée intacte (1), aussi semblable aux habitants du quartier juif au Caire, qu'aux juifs de la Cène de Léonard
•let des tableaux de l'école flamande.
Les habitants du mont Aurès, en Barbarie, diffèrent en tout de leurs voisins, avant des cheveux
f'blonds, un teint clair et ne parlant pas l'arabe. Ce sont assurément des étrangers, des Vandales peutêtre, qui sont restés là, conservant en Afrique les
- mêmes traits, les mêmes coutumes, le même esprit; on les tient pour tièdes observateurs du Koran, comme si l'esprit sémitique leur faisait défaut (2).
Enfin chez nous, en Europe, les Irlandais n'ontils pas conservé sous leur ciel brumeux et glacial cette nature du Midi, qui se décèle dans leur goût pour certains arts, leur petite taille, leurs cheveux noirs, la vivacité des femmes et l'indolence des hommes?
ir Ainsi donc, on ne peut alléguer aucun exemple prouvant qu'une race peut se transformer en une autre ; tout ce qu'on a écrit dans ce sens a été suggéré par le désir de trouver une justification à une
?:théorie appuyée sur autre chose que l'expérimenta-
(1) White, Account, of the regular Gradation of man, p. 104.
(2) Voy. Comptes rendus, 184b, 2« semestre, p. 1388. — • Edinburgh New PhilosophicaiJournal,t. XL,p. 39o. — Ethno-
logical Journal, p. 45. — D^Shsm, 'Travels in Barbary, p. 120.
tion ou la raison dégagée de toute entrave et agissant librement (1 ).
On trouve, d'autre part, mille faits qui viennent corroborer l'opinion contraire; s'ils ne sont pas concluants, quoiqu'ils remontent presque aussi loin que le souvenir des hommes, ils ne le seront jamais; car on pourra toujours prétendre que le temps a manqué à l'expérience, — jusqu'au jour où la paléontologie viendra tracer l'histoire des origines de l'humanité, et la paléontologie elle-même est par malheur une science où l'on peut toujours soutenir ignorés les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des connaissances possibles.
Si, dans les sciences d'observation, il est permis d'employer la synthèse, de recourir aux idées générales, c'est assurément dans ce cas; c'est à la philosophie qu'il faut demander la solution du problème, et cette solution sera la même que pour les autres animaux. Elle touche à une question longuement débattue, toujours approfondie, et toujours plus profonde, celle de l'origine des espèces, celle de la naissance, de la vie et de la mort d'une espèce, problèmes dont il faut attendre la solution de l'avenir, peut-être de la géologie plus éclairée, peut-être de l'expérimentation ! Le génie de l'homme n'a pas de bornes. Qui peut dire où il arrivera? Qui sait si,
(1) Comp. Serres, Unité de V espèce humaine, dans Edinburgh New Philosophical Journal,