CHAPITRE VI. INFLUENCES. CLIMATS
« plexion humaine , mais il est loin d'en être l'ori- « gine (1). »
Le plus ordinairement, l'influence des climats chauds ne se borne pas là. Dans nos colonies, par exemple, les organisations du Nord sont fortement ébranlées, la vie change d'aspect, le cours en est plus rapide. Le système glandulaire domine (2), l'homme devient « plus sensible au plaisir et moins disposé au mouvement (3);» son esprit perd sa vivaT cité. Ces nobles facultés qui ont fait de l'homme blanc le roi de la création, s'affaibhssent, et cela au point que, dans certaines colonies, la métropole est obligée de confier à des Européens presque tous les emplois (4).
{[) Illustrated System, etc., p. 156. Albinus avait déjà dit: « Sole colorai'i homines, non diibium : eousque autem ut « nigrescant, non constat. » Le même auteur dit, en parlant de la couleur des nègres, qu'ils sont. colorés «quodsuum parentes <( colorem in liberos propagant ,• aethiops fœmina si cum mare « œthiope rem babuit, œthiopem, ni quid forte natura ludat, (( gignit, alba, si cura albo, album. » Ceci paraît presque une naïveté, ce n'est qu'une grande vérité, — la permanence du type proclamée.
(2) La précocité de l'ovulation, ou sécrétion ovarique, est en relation directe avec ce fait général.
(3) W. Edwards, Caractères physiologiques, etc., p. 14. — : « The tropics alone produce the combination of infantine «grâce, with tlie full development of female maturity. » H. Smith, Natural Histonj, etc., p. 190.. — Voy. encore Cabanis, Rapports du physique et du moral, t. II; et Davy, Account of Ceylan. Ces deux auteui s ont parfaitement apprécié toutes ces modifications. — Morel, Dégénérescences, etc., p. 31.
(4) Voy. Bo\idii\,Géographiemédicale. Paris, 1857, t. IJ, p. 150.
Nos régions tempérées sont au nègre ce qu'est à l'Européen le climat de la zone tropicale. A Gibraltar, des contingents nègres employés dans l'armée anglaise payent à la mort un tribut extraordinaire. — Le moral n'est pas moins affecté que le physique, el il résulte de documents recueillis par M. Nott, qu'à mesure qu'on s'avance vers le nord, dans les États-Unis, la folie chez les nègres devient plus fréquente. Elle atteindrait même dans le Massachusetts et le Maine la proportion effrayante d'un aliéné sur vingt-huit individus (1).
Nous ne voyons pas que ces tendances à modifier l'organisme visent en rien à le rapprocher des conditions les plus favorables pour vivre et prospérer dans ces climats, pour lesquels il n'a pas été fait; débilité de corps, mollesse de l'esprit, voilà le partage ordinaire de notre race transplantée sous un ciel moins ingrat que le nôtre. A côté, nous retrouvons les indigènes, les autochtones, plus ou moins différents de nous, mais qui sont toujours et nécessairement en rapport avec le climat qu'ils habitent; et ce sont eux qui ne prospèrent plus à leur tour quand on les transporte chez nous.
Que devons-nous voir dans de semblables altérations, un perfectionnement ou une dégénérescence?
(1) Nott, Two lectures on the Natural Histonj ofthe Caucasian and Negro races. Mobile, 1844. — Voy. Boudin, Géographie médicale, t. 11, p. 144.