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CHAPITRE VI. INFLUENCES. CLIMATS

La question n'est plus même à poser, c'est une dégénérescence assurément, transmissibledes pères aux enfants, qui vivent moins, qui s'éteindraient infailliblement si un sang nouveau venu de la métropole, ne ranimait chaque jour tous ces organismes chancelants. Cette terminaison nous paraît fatale, absolue surtout après les importants travaux du docteur Morel sur les dégénérescences, travaux nécessairement appelés à jeter un grand jour sur l'histoire des races humaines.

C'est parce que chaque climat a réellement une influence vraiment pathologique, produisant une dégénérescence , c'est-à-dire une altération morbide, parallèle de l'intelligence et du corps (1), que nous voyons toujours les mêmes races s'agiter dans les mêmes aires, disparaître quand elles les dépassent (2). Si le sémite parti de l'Yémen est venu paî-

(1) (( On demandera sans doute pourquoi on ne range pas la « goutte^, la phthisie, le cancer, etc. , parmi les dégénérescences, <( aussi bien que l'aliénation mentale, l'intoxication alcoolique, «paludéenne, etc.. La réponse est facile ; c'est que ces niala- « dies, auxquelles, selon moi, l'anatomie pathologique a donné « à tort le nom de dégénérescences, cette goutte, cette phthisie, «ce cancer, etc., quelque mortelles qu'elles soient, n'aliaissent « pas la dignité de l'homme, n'altèrent pas sa nature morale. » M. Bûchez, Annales médico-psychologiques, 1857. Rapport sur le Traité des dégénérescences de M. Morel. — Voy. le portrait tracé par le docteur Y van, des Portugais de Malacca tombés au-dessous des Malais. De France en Chine, p. 225. — Morel, Traité des dégénérescences dans l'espèce humaine, t. I, p. 415.

(2) W. Edwards, Des caractères physiologiques des races humaines, p. 14. — ISiebuhr, Lect. onEthnog^X. I, p. 374. ,

tre ses chameaux jusque sur les bords de l'Océan, en face des îles Fortunées, c'est que lui et sa monture trouvèrent dans le Saharali les mêmes conditions de vie que par delà le Nil etl'islhme de Suez. Quoi qu'on ait dit des Juifs et de quelques autres races, aucune ne paraît être réellement cosmopolite, dans l'acception vraie du mot. L'acclimatation pour l'homme comme pour les animaux n'a lieu qu'autant qu'ils retrouvent des conditioiis d'existence absolument identiques à celles pour lesquelles iJs ont été créés. Hors de là, la Nature les punit d'avoir franchi les limites qu'elle leur avait assignées.

La statistique médicale, en s'occupant des différentes races d'hommes, est venue démontrer que ce déplacement n'est pas sans danger même dans une région isothermique. Il résulte de recherches faites avec soin dans les différentes colonies anglaises des Antilles, depuis quarante ans environ, que la population noire va toujours en diminuant , le nombre des décès étant à celui des naissances : : 28 : 24.

Le résultat suivant que donne M. Boudin (1) vient encore mieux confirmer ce fait qu'il n'est plus permis de mettre en doute, à savoir, qu'en général la mortahté dans les populations transportées est en raison directe du plus grand déplacement opéré. —

(1) Boudin, Traité de géographie médicale. Paris, 1837, t. 1, Introd., p. xu.

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