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arriver à mettre en équilibre un ellipsoïde sur l'extrémité de son grand axe, un cône sur son sommet, ce sont là aussi des équilibres instables, mais la moindre cause intervenant, la plus petite agitation se manifestant, l'équilibre est détruit pour jamais. Qu'on admette dans le problème de White une naissance qui n'a pas lieu, une union improductive, les résultats sont renversés pour jamais ; une portion des nouvelles générations conservera les types primitifs (1), et cette portion sera bien plus considérable que ne le supposait White.
La race métis n'existera donc qu'à la condition d'être entretenue par les deux types créateurs persistant au milieu d'elle ; et en raison même de la tendance de la Nature à revenir aux types originels, en raison de l'infécondité assez générale de ces métis, cette race bâtarde sera toujours inférieure, peu nombreuse.
Nous ne pouvons donc prouver la valeur de la première loi que par l'absence de faits contraires et par le raisonnement ; pour la seconde , nous allons trouver des faits sans nombre à l'appui.
Quand deux types s'unissent, avons-nous dit, on peut remarquer un double phénomène : ou bien l'un des deux absorbe l'autre, ou bien ils subsistent simultanément l'un près de l'autre.
Le premier cas a dû être le plus fréquent, mais
(1) W. Edwards, Des caractères physiologiques, etc., p. 29.
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c'est le moins appréciable, parce qu'il ne laisse pas de traces sensibles. C'est dans l'histoire qu'il faut aller chercher le souvenir de peuples qui existèrent autrefois et qui disparurent depuis. C'est ainsi que cette colonie de Nubiens (?) transportés sur les bords du Phase par Rhamsès, n'a pas laissé de traces de son séjour, chez les habitants du pays. De même de toutes les colonies grecques des bords de la Méditerranée (1). Qui songe à retrouver les Ioniens de l'Asie Mineure dans les Marseillais de nos jours?
Les Normands n'ont laissé sur les côtes du Labrador que des stèles gravées, leur sang ne s'y est pas maintenu.
La politique autrichienne, dont le principe est de gouverner les uns par les autres, a de tout temps envoyé de nombreuses colonies germaines en Hongrie, et jamais ces colonies n'ont pu s'y maintenir. Au bout de quelques générations il n'en reste plus trace, c'est toujours à refaire, et toujours les nouveaux venus sont envahis, détruits par le sang hongrois qui, doué sans doute d'une vitalité puissante, reste obstinément, sur les bords du Danube et de la Weisse, ce qu'il était au delà de la Caspienne (2).
(1) Latham croit pourtant découvrir des vestiges de race phénicienne encore subsistants en Afrique et en Cornwall. .Knox, The Races of Man. London, 1850.
(2) Ce fait m'a été rapporté par un observateur attentif^, M. Debbcld, qui a longtemps voyagé en Hongrie. Un autre phénomène extrêmement curieux offert par les tribus hongroises, c'est la
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On a attribué à l'introduction des femmes géorgiennes dans les sérails le perfectionnement de la race turque. C'est peut-être là un fait qu'on a trop facilement accepté. En effet, que l'introduction répétée pendant plusieurs générations de femmes géorgiennes et circassiennes dans les harems ait fait perdre aux descendants des conquérants leur caractère originel, il n'y aurait là rien que de très-naturel; seulement, si cela était, les Turcs de nos jours, par ces alliances continues avec une même race, seraient devenus de véritables Géorgiens et Circassiens. Il n'en a pas été ainsi; d'abord parce que les harems se sont recrutés autant en Europe qu'en Asie, puis ce ne serait là qu'un fait applicable à quelques familles haut placées. Ce qui nous paraît plus exact, c'est que le sang turc a à peu près disparu, envahi, remplacé par le vieux sang grec, macédonien ou thrace.
On ignore les lois exactes qui président à cette absorption d'une race dans une autre. Tantôt elle paraît extrêmement rapide, tantôt les deux types
faible proportion de la population par rapport à l'espace occupé. Il semble que le terrain soit resté à ses habitants ce qu'il est en Asie. Voilà encore un peuple qui s'est déplacé, et qui n'a vécu qu'à la condition de retrouver les mêmes circonstances de vie que dans sa patrie. On pourrait presque affirmer que le jour où la Hongrie sera peuplée comme la Saxe, par exemple, c'est qu'il n'y aura plus de Maggyares, qu'ils y auront été remplacés par l'immigration coloniale que l'Autriche cherche à y attirer.
subsistent indéfiniment, sans qu'il nous soit permis de savoir à quoi tient cette résistance plus ou moins grande. Faut-il l'attribuer au pays ou aux races en présence? Pourquoi les Normands disparus en Amérique, en Italie, en Asie, subsistent-ils encore en Normandie, peu nombreux, il est wai, mais toujours semblables à eux-mêmes et parfaitement décrits par la description que Linné donne des Goths de la Péninsule Scandinave : « Golhi corpore pro- « ceriore, capillis albidis rectis, oculorum iridibus « cinereo-cœrulescentibus (1)?»
Enfin , l'exemple le plus remarquable qu'on puisse citer et en même temps le plus facile à observer est celui que nous présente l'Angleterre, où deux races vivent côte à côte, mélangées, sans que l'une ait absorbé l'autre, depuis le temps où écrivaient Strabon, Tacite et Jules César. L'Angleterre, isolée comme elle l'est de l'Europe, doit nécessairement être un champ fertile pourTanthropoiogiste, et ce sera sans doute le premier pays où l'histoire des races historiques et anté-historiques sera le plus tôt faite. Des hommes éminents (2) y travaillent avec ardeur, et la certitude de remonter par l'archéologie et la phrénologie à cette première race envahissante qui ignorait l'usage des métaux, fait
{{) Fauna suecica, p. 1 . Buffoh traduit ainsi : « Ils ont les « cheveux lisses, blond argenté, et l'iris de l'œil bleuâtre. »
(2) MM. J. B. Davis etJ. Thurnam, auteurs des Cranta britannica.
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de ces éludes une des plus intéressantes de l'époque actuelle.
Deux races différentes se partagent donc l'Angleterre, ou du moins, on retrouve en Angleterre les représentants de deux races ; et au milieu du nombre immense d'individualités intermédiaires, l'œil le moins exercé ne tarde pas à démêler deux types fondamentaux aussi distincts que peuvent l'être deux hommes à peau blanche. Une de ces races est composée d'hommes grands, forts, puissants, à peau transparente, yeux bleus, « rutilas comae, magni « artus » (Tacite), l'autre a une complexion plus fauve et des cheveux noirs frisants, « colorati vultus «et torti plerumque crines. » [Id]. (1) Les premiers, désignés autrefois sous le nom de Calédoniens ; les seconds, sous celui de Silures, très-semblables aux Ibériens de la Péninsule espagnole : les uns, d'origine celtique ou méridionale; les autres, d'origine germanique ou occidentale. Personne ne nie aujourd'hui que ces deux races ne soient bien distinctes, et chaque jour on en rencontre en Aur gleterre des spécimens parfaits. On cite même certains cantons où la race Silure, Ibérienne, ou Celte, comme le veut la tradition (2), est dominante : ainsi dans le nord-ouest du Glamorganshire, dans les environs de Merlhyr et le Vale of
(d) Tacite, Agricola^ ïl, § xi.
(2) Idem., ibid.
Neath (1). M. John Philips (2) les retrouve également abondants, avec leurs mêmes caractères, « black eyes and hair, uniform or rather dark com- « plexion, » dans le district de Danelag entre Lcicester, Nottingham et Derby.
Entre les deux races vivent nécessairement un nombre considérable de métis qui, s'alliant à l'une ou à l'autre des deux souches ou entre eux, donnent des produits variés qui relient les deux groupes par une foule de nuances insensibles.
Tel est encore le cas pour la France : M. Edwards (3) l'avait deviné presque d'inspiration, et M. Perier (4) vient de le prouver en examinant plus attentivement les documents laissés par l'antiquité sur les habitants de la Gaule. — Il résulte des travaux ethnographiques de ces deux auteurs, que la France a été à l'origine habitée par une population celtique et brune, qui s'est généralement maintenue au sud de la Loire, et par une autre population d'origine Kymrique qui est arrivée par le nord, a refoulé les premiers occupants, et vit encore de la Loire au Rhin. Races différentes s'il en fut et par
(I) Voy. Lditham, Cellic language, p. 37i. — Crania britannica, p. 53. — Garnet, dans les TransncHons ofthe Philological Society. — R. Cull et Latham, dans Edimbourg New Physical Journal, 1854. — Peviev, Fragments ethnologiques. Paris, 1837.
('i) British association, etc., 18i9.
(3) Cf. W. Edwards, Des caractères physiologiques des races humaines. Paris, 1829.
(4) Cf. Perier, Fragments ethnologiques. Paris, 1857.