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CHAPITRE PREMIER

Historique

Le sujet, que nous abordons, n’a été étudié, d’une façon sérieuse, que depuis une vingtaine d'années, c’est-à-dire du jour où l’emploi du thermomètre dans les cliniques à permis de suivre, d’une manière très précise, la marche et l’évolution des maladies.

Les premiers auteurs, qui parlent de cette forme particulière de la pneumonie, ne font guère que la signaler en passant, sans la commenter et sans chercher à l'expliquer.

En 1840, Andral (1) décrivait déjà des pleuro-pneumonies, qui se seraient arrêtées à la période de congestion, et au sujet des différentes terminaisons de la pneumonie, il cite trois cas qui auraient duré moins de cinq jours.

Quelques années après, Marotte (2) qui avait déjà entrevu la nature infectieuse de la pneumonie, et allait même jusqu’à

1. ANDRAL. — Clinique médicale, t. III; Maladies de poitrine, t. Ier, p. 255. Paris, 1840.

2. MAROTTE. — Fièvre synoque péripneumonique (Archives générales «le

médecine, 1855, t. I).

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nier catégoriquement l'influence du froid, rapporte trois observations de pneumonie écourtées. Ces observations nous ont paru dignes d'attention, et comme elles sont les premières en date, nous avons cru bien faire d’en citer deux pour montrer les idées qu’on se faisait à cette époque de l’affection qui nous occupe.

C’est seulement en 1865 que M. Charcot (1) propose pour la première fois à la société médicale des hôpitaux, l’expression de pneumonie abortive, expression qui fut adoptée depuis dans le langage de la science.

À ce propos, nous croyons qu’il est intéressant de rapporter ici les propres paroles de ce grand maître: « La dénomination d’abortive, dit-il, donnée par moi à une certaine forme de pneumonie des vieillards, s'applique à ces affections thoraciques, qui se développent à l’époque où les pneumonies deviennent communes, se manifestent d’abord avec tous les caractères propres à la phlegmasie pulmonaire, point de côté, frisson, signes stéthoscopiques, etc., puis cessent brusquement au deuxième ou troisième jour. »

Vers le même moment, Grisolle (2) et M. Gallard citent quelques cas rares de pneumonie où la défervescence s’est faite avant le cinquième jour.

L'année suivante, en 1866, un des élèves de M. Charcot, le docteur Bergeron (3), dans sa thèse inaugurale, rapporte encore un cas de pneumonie abortive survenue chez un vieillard, mais toujours sans aucun commentaire.

Il faut arriver jusqu’en 1878, pour voir M. Bernheim (4)

1. CHARCOT. — Bulletin de la Société médicale des hôpitaux de Paris, 1865, Deso0;

?. GRISOLLE. — Trailé de la pneumonie, 2e édition, 186%.

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