CHAPITRE V
Symptomatologie.
I Forme rapide. — On Fobserve chez des sujets a avant des antécédents tuberculeux et Fhabitus I'. phthisique, soit chez des individus qui n’ont jusdqu’ alors rien présenté d’anormal du côté de la I» poitrine, mais qui se trouvent dans des conditions particulières, par exemple chez de jeunes femmes i|’, épuisées par une grossesse ou par la lactation, etc. Tantôt l’affection débute sans cause occasionnelle appréciable, tantôt à la suite d’un refroidissement bien évident, quelquefois elle s’annonce par une tiémoptysie venant brusquement surprendre un ndividu qui se trouvait jusque-là dans des condi- ;ions de santé passables. Les partisans de la doc- 5|*i;rine de Niemeyer admettent alors que l’affection aulmonaire reconnaît pour cause l’irritation proluite par le sang épanché dans les alvéoles. Nous lous sommes précédemment expliqué sur ce point, î dans notre opinion, l’hémoptysie est non cause,
mais symptôme initial de la congestion phlegrnasique ; parfois elle ne survient, comme les crachats rouilles de la pneumonie, que plusieurs heures après un début bien net et bien accentué.
Cette forme de début est d’ailleurs la plus rare : habituellement, il n’y a ni frisson ni point de côté ; mais il survient une toux qui peut être quinteuse, fatigante, « accompagnée d’une sensation de déchirement dans la poitrine » (Hérard et Gornil). Chez les individus très-alfaiblis, elle peut faire absolument défaut; il en est de même quelquefois chez un sujet en apparence vigoureux.
Quand il n’y a pas une hémoptysie, l’expectoration est souvent au début nulle, ou bien elle se compose de crachats blanchâtres ou verdâtres. Mais bientôt elle devient abondante, spumeuse, purulente ou muco-purulente, et renferme plus ou moins de stases sanguinolentes.
La respiration est fréquente, et chez l’adulte arrive quelquefois au chilîre de 60, 70 par minute.
La fièvre est souvent assez intense. La température atteint le chiffre de 40 degrés et même plus; mais, quand l’affection se prolonge, elle s’abaisse, surtout le matin.
Les courbes thermométriques que nous avons consultées ne présentent d’ailleurs rien de caractéristique. On y voit des oscillations irrégulières, de temps à autre un écart, une ascension, mais on y lit aussi en regard une complication qui peut être, soit une pleurésie, soit une péricardite.
j Les symptômes locaux de la maladie sont plus I tranchés, et c’est à eux en grande partie, ainsi I qu'à l’état général, qu’on doit de pouvoir, dans I , certains cas, diagnostiquer la maladie : à la percussion, le point ou les points affectés dénotent , au début une perte d’élasticité et très-souvent de ; la submatité. Plus tard, la matité devient coin- ; plète.
D’après M. Traube, les lésions sont surtout unilatérales et siègent de préférence au sommet et en avant; mais souvent elles occupent la partie inféî rieure ; dans ces deux cas, il y a sous la clavicule I une exagération de la sonorité et même du tymjijpanisme.
A l’auscultation, on peut entendre des râles M crépitants, mais surtout des râles sous-crépitants, fi lins ou à bulles moyennes. Le caractère des râles
Ipeut servir à distinguer cette affection de la pneuiiuonie aiguë ordinaire. Les râles sous-crépitants lins s’entendent pendant longtemps à la même place et sans changer de caractère. Il va sans dire que dans les parties avoisinantes on constate de la iMidesse de la respiration, ou une simple diminudion du murmure vésiculaire.
t Aux râles que nous venons de mentionner, suc- 'Cède le souffle bronchique; d’après M. Traube, il 1 réapparaît que tardivement, au plus tôt le quinzième i jour. C’est aussi ce que nous avons trouvé dans • les observations que nous avons sous les yeux.
Lu dernier lieu, peut survenir un souffle caver-