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LA PHILOSOPHIE ET L ETHIQUE. — MORALE SOCIALE

Donc, l'univers phénoménal contient et éternellement développe sa Finalité. C'est-à-dire : la Matière, unité-total, mais total qui n'a pas conscience de soi et la désire, à travers le divers phénomène de son évolution va à cette conscience... Analytique, elle se développe pour se connaître, et aux divers degrés du processus vital se sent, s'éprouve et se pense, et tend à sa Synthèse où se recréer consciente d'elle-même.

Or, lorsqu'en méditant le plus des rapports existants entre lui et l'univers et en en prenant savoir et conscience, l'Homme tâche à son unité, il recrée par là même l'unité du Monde qui avec allégresse se pense et se connaît en lui !...

Philosophiquement, l'homme sera donc dans le sens universel en assumant le plus de science, d'où le plus de conscience de lui-même et de l'univers. Venir à savoir, c'est venir à être, c'est-à-dire tendre à recréer en soi l'unité devenant l'Unité-consciente... L'homme a donc pour loi morale, d'accord avec l'univers, la loi du Plus-d'effort...

Nous sommes au monde pour tendre à notre unité pen santé et morale.

Ce temps, il est vrai, temps qui a assez toutes les impudeurs, ose souvent couvrir son impuissance ou ses lâchetés,

et son arrivisme, d'une soi-disant loi scientifique : la loi du moindre-effort.

Pensée misérable. Car, si, dans le phénomène universel, dans le processus vital, nous constatons que tout organisme tende, par adaptation, à accomplir avec le moins de résistance possible, son acte, — veut-on en même temps concevoir quel long, quel patient, quel tenace et total effort, cette adaptation a demandé ? Mais veut-on aussi ne pas prendre pour la loi le résultat ainsi acquis momentanément, l'impossible moment d'arrêt et d'équilibre qu'est ce résultat, tandis que tout évolue autour de l'organisme que nous considérons, qui, immédiatement, devra, en nouvelle instabilité, évoluer lui aussi, — sous peine de diminution et de mort, — et retendre son effort, son plus-d'effort. . .

La loi du monde, la loi de la pensée, est la loi évolutive du Plus-d'effort... Et en morale, et en sociologie, comme en art, il sied de le répéter de toute notre intelligence et de toute notre âme : car cette théorie amorale du moindreeffort, si elle venait vénéneusement à vivre, ce serait la perte ricanante de l'individu, et la ruine putride des sociétés !

Nous mesurons ainsi la valeur humaine individuelle : La Matière, la Vie, tendent à se conserver (Instinct de conservation1 . C'est l'instinct primordial et nécessaire, retrouvé aux phénomènes les plus complexes.

— Cette loi de la Vie l'incite à tenter de se connaître davantage et sans cesse (Evolution), pour se perpétuer au Mieux.

— En concordance avec le Tout, tout homme doit donc s'évertuer en le plus-d'effort, à connaître l'univers et lui-

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même, et tendre à sa Synthèse, — c'est-à-dire re-créer en lui consciemment un peu de l'Unité devenu ainsi conscient.

— Donc, son plus de science (d'où, son plus de conscience) crée son plus de valeur intellectuelle et morale.

— D'où, notre principe : « Devenir à Savoir, c'est devenir à Etre (i) ».

Sociologiquement, le plus de science acquise, c'est-à-dire de conscience, donne le plus de Droit. Mais en immédiate correction, il entraîne la notion et l'assentie nécessité du Devoir, envers le passé et envers l'avenir.

Comme toute connaissance individuelle dépend aussi des connaissances ataviques, l'homme doit gratitude et amour au Passé qui le domine, le pénètre, le hante. Nous avons vu que la nécessité de l'effort tient éternellement à la première Fatalité de « non-conscience ».

Et, il se doit à l'Avenir. — Donc, il doit tendre, si sa valeur morale est plusgrande, à entraîner les autres hommes au partage de sa Connaissance. De par un vrai dogme « altruiste» ici nécessité scientifiquement, — qui n'est plus ni une impulsion de sentiment, ni un devoir de charité, car charité implique sacrifice.

Cet Altruisme, nous ne le séparons pas de l'Egoïsme, qui n'est qu'un mode de l'instinct de conservation, avons-nous dit, naturel et nécessaire. Mais nous réduisons encore l'antinomie : et, couvert par une loi d'ordre naturel, ce n'est que lorsque l'Individu a pour lui-même acquis la sûreté de vie organique et morale, qu'il se doit à autrui et à son effort...

(i) En Méthode a l'Œuvre.

J'arrive, en Politique, à un pouvoir intellectuel sous la loi scientifique, impersonnelle et évoluante. Pouvoir providentiel sur et dans la volonté au mieux des peuples consciemment et nécessairement assentants.

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